Word UP!, une relancée pour le battlerap québecois
Les amateurs qui suivent de près ou de loin la scène hiphop au Québec pourront remarquer que le battlerap est en pleine expansion. Autrefois, cette discipline se limitait à des freestyles à la radio mais cette époque est maintenant révolue. En effet, après avoir connu son heure de gloire sur internet, le battlerap québécois s’est propagé à la télévision et sur scène. Aujourd’hui, c’est FiligraNn qui tente de créer une vague autour de cette pratique et pour se faire, il a mit sur pied le Word Up!. Pour la première édition, une équipe – un jury et seize rappeurs –, regroupant des vétérans mais aussi des membres de la relève, saura sans aucun doute nous offrir une tonne de battles (et des jugements) hauts en couleur.
Chaque rappeur a eu droit à trente jours pour préparer trois rounds d’une minute chaque qui seront tous livrer en accappella. Pour FiligraNn, ce format est celui qui laisse le plus de place aux rappeurs de faire valoir leur style et leur originalité. Il y a aussi une logistique derrière ce format ; sans l’instrumental, on oublie également le micro, le speaker, le deejay et puis, la sono. On se retrouve en face «de deux mc’s, un crowd, puis du straight battle rap. La pureté quoi!» exclame l’organisateur du Word Up!. Ensuite, l’idée de donner un mois d’avance aux rappeurs pour se préparer permet simplement à tout le monde de livrer une marchandise qui représente vraiment leur plein potentiel. «Ca fesse plus quand c’est préparé, en impro. ya souvent des trous. […] Et puis même un vétéran peut se faire ramasser en freestyle s’il a passé une mauvaise journée» avance FiligraNn.
C’est donc Obia le Chef, Maybe Watson, Slutw0n, Loudmouth, Koriass, P-Dox, C-Drik, Dirtdiggler, Jeune Chilly Chill, Jean-Jouall, Holymel, PrezOne, Skilz, Suspek-T, FiligraNn et Vulguerre qui nous offriront ce spectacle. De plus, un jury formé de Dramatik, Cerveau, D-Shades, Loe Pesci et Dirty Taz a été mit sur pied pour juger des vainqueurs. On se retrouve devant une impressionnante liste d’artistes qui ont, pour la plupart, tous déjà fait leurs preuves en battle.
Samedi, le 18 juillet nous avons eu droit à la première vidéo dans laquelle s’opposait Maybe Watson et Obia le Chef. À chaque semaine, une nouvelle vidéo sera mise en ligne sur le wordupbattles.blogspot.com. Pendant ce temps, l’organisation de la deuxième édition est en branle. Il faut sans aucun doute accroitre la richesse du battlerap au Québec, puisqu’à l’extérieur elle n’est pas du tout comparable. C’est ce que FiligraNn veut apporter ici. «Nous sommes en train de passer de la période «scribble jam» (battle sur scène avec beat et micro, très souvent improvisé) à la période «street battle» (battle organisé n’importe où, sans micro, accapella, et préparé d’avance)» croit l’organisateur. «Si on compare la culture battle aux USA et au Québec, je crois que personne n’a encore organisé de battle format «street battle» (préparé, acapella, filmé) donc on a une scène qui associe beaucoup le battle au freestyle et ce n’est pas nécessairement le cas» poursuit-il. Évidement, le line-up de la première édition risque d’élargir le cercle d’intérêt en piquant la curiosité des gens qui ne s’intéressent pas vraiment à cette pratique. Avec les tournois en ligne qui gagnent de plus en plus en popularité, les mensuels 11 Chek et, maintenant, le Word Up!, nous sommes décidément en train de vivre une nouvelle ère pour le battle au Québec.




