Archives pour novembre, 2009

Samy Elmousif – Nom véritable, aucun personnage

Samy Elmousif Samy elmousif n’est pas nouveau dans le paysage du rap underground québécois, il est présent depuis un bon nombre d’années et, dernièrement, a fait une apparition plus que remarquée au Word Up Battles.

« Nom véritable aucun personnage » est donc l’occasion de nous remontrer ce qu’il peut faire sous un plus long format. L’ensemble des morceaux est cohérents et plusieurs thèmes sont abordés, comme les démons et souvenirs du passé, les difficultés des jeunes dans la société mais aussi des sujets un peu plus légers.

Côté production, le tout reste une ambiance très East-Coast et hip-hop. On retrouve aussi des beats Dirty South comme sur « Par chez nous » qui est allie assez bien la forme et le fond, « Supafly remix » et « Citoyen pas muet » ont le même genre de beat et sont tout de même bien réussis. On remarque que Samy écrit de façon soignée et préconise des rimes riches et des mots bien choisis. Sa manière de livrer ses textes reste simple mais efficace, le flow se prête bien à ses paroles et son message.

Les collaborations choisies sont également issues de l’underground. Il s’agit entre autre d’emcees comme Grymo, L’enigme et OTT qui apportent chacun leur touche. Le point négatif serait sûrement la redondance des thèmes et des ambiances qui fait que certaines pistes se ressemblent un peu trop. On a l’impression que plus de créativité et de diversité auraient été bénéfique au projet, bien qu’il ne s’agisse pas d’un vrai album. On aurait également peut-être apprécié plus de tracks solo de Samy pour en apprendre plus sur la personne derrière le nom. Par contre, parfois il faut savoir apprécier la qualité plutôt que la quantité.

Finalement dans l’ensemble le tape mérite que l’on y prête l’oreille, le mixage est bien fait, et c’est disponible gratuitement.

- Emzed

Voici un extrait:



Vous pouvez télécharger ce nettape à l’adresse suivante :

http://www.samyelmousif.com/mixtape

Dostie – De gauche à droite

Dostie

Dostie est la console du studio Exceler. Père de « Ça pas d’crisse de classe » et « Updated », le nom du studio, basé à St-Hubert, représente également le groupe de Dostie, Kosto et Gympi. Derrière plusieurs autres projets, le technicien enregistre une pelletée de tracks en parallèle. C’est donc pour ne pas les laisser « pourrir dans son ordi » qu’il décide de produire « De gauche à droite », une compilation des feat enregistrés depuis les deux dernières années avec ses clients, copains et partenaires de rap : Kosto, Gympi, SB, Skilz, St-Saoul, The Hend, Mailhot, Max, Prophecy et plusieurs autres…

Dostie nous offre une multitude de flow, tous différents les uns des autres, tantôt rapides et tantôt plus lents, mais toujours aussi rythmés. Son point fort reste son habilité à composer des refrains accrocheurs, sans tomber dans le rap bonbon… Ce mixtape de pure hip-hop vous réserve une parodie de rap commercial appelée « C’est de la merde de club » et une tonne de son qui rammenera le rap à sa base.

Les textes de « De Gauche à droite » tournent autour du rap, de la consommation d’alcool et de drogue. Même si ces sujets peuvent vite paraître redondants, les rappeurs ont l’habilité de les exploiter de manière assez différente. Les paroles deviennent, à certains moments, très sombres comme par exemple dans « L’heure est grave » où il est question de suicide. Bref, rien de trop bon pour se remonter le moral… Il serait par contre faux de dire que personne ne se reconnaîtra facilement dans ce discours. Et puis, l’art n’existe-il pas pour refléter ce que l’on ressent ?

En somme, l’ensemble des pistes méritent une bonne écoute, à l’exception de quelques verses des membres de la relève, peut-être sortis trop tôt sur un CD. Ce projet est donc un bon pont entre la relève et les artistes plus établis. Regroupant la presque majorité des rappeurs de la Rive-sud de Montréal, « De gauche à droite » est une bonne découverte pour ceux qui sont intéressés à savoir ce qui se passe de ce côté-là.

- Samuel « krlep0ser » Daigle-Garneau

Voici un extrait:

Les Sozi – Parksville

Les Sozi À première vue, on pourrait croire que Les Sozi ont passé la dernière année à regarder Boyz ‘n the Hood. Le visuel de l’album : Cadillac avec suspensions hydrauliques, jantes chromées, souliers Converse All-Star, bandanas… le premier single disponible sur le net : « Cadillac 88 ». Malgré les premières apparences, les beatmakers, Claude (Accrophone), Tom (les 2 Tom), Koudjo et Boogat, n’ont pas exagéré dans la sonorité du rap West Coast. Les adeptes de la première heure reconnaitront sans problème ceux qu’ils ont connu il y a 5 ans avec « Classic Beef », leur premier album, auquel on pourrait très bien comparer Parksville.

Pour ceux qui vont découvrir les jumeaux avec cet album, il faut s’attendre à deux emcees qui s’expriment (comme plusieurs autres membres du collectif Limoilou Starz) avec des expressions qui proviennent principalement du joual québécois, mais aussi du slang américain et de l’argot français (momes, clebs, biftons…). Deux emcees quasi-indifférenciables, car en plus de leur physique, ils partagent aussi une voix et un flow semblable. Un flow déterminé et menaçant, comme le grognement d’un Roth’ ou d’un Pitt’ devant un bout de steak. Mais c’est le cash qui fait saliver Les Sozi. Dans presque chaque chanson, on peut ressentir l’appétit qu’ils ont pour l’argent. Globalement, leurs écrits racontent leur vie de thugs, de gangsters, d’hommes d’affaire évoluant dans les rues de Parksville (Limoilou). Leurs récits sont notamment backés par Soulja et Shoddy sur quelques pistes.

Une autre vision du monde est élaborée dans « L’enfant terrible », morceau solo de El Nino qui se permet une remise en question et un regard vers l’avenir. Il se remémore son enfance, puis la venue au monde de son propre enfant et finalement lui vient l’idée d’une vie tranquille, rangée, en banlieue, éloignée de tout ce qui est dépeint dans cet album. Il y a aussi « L’Été à L Land », qui fait référence à « L’atterrissage » de Yvon Krevé, version vieille capitale. L’action débute dans un BBQ puis se transpose sur Grande Allée ainsi que sur les plaines… Ce track fait du bien, nous fait oublier nos soucis et vient même un peu prolonger l’été…

- ViRulent

Voici un extrait:

de Bouche à Oreille vol.8

Vous pouvez désormais télécharger le mixtape de Bouche à Oreille vol.8 de Iro Productions!

de Bouche à Oreille vol.8

Dramatik – La boîte noire

Dramatik En psychologie, les béhavioristes prétendent depuis plus d’un siècle que les états intérieurs sont des mécanismes conditionnés qui ne peuvent être étudiés ou même atteints. On peut étudier les entrées, les sorties, mais tout ce qu’il y a entre les deux, à l’intérieur de la peau, n’est pas visible, un peu comme une boîte noire.

Avec ce premier album solo, Dramatik essaie justement d’éclaircir sa boîte noire dans une véritable thérapie poétique qui reprend tout depuis le début. À l’essence même de son enfance, parsemée de courbes sinueuses, laissant ressortir avec les années plus de tristesse que de joies. Parce qu’aussi lointaines qu’elles soient, ces racines fondatrices sont incrustées au fond de chaque être pour la vie. Elles persistent et blessent jusqu’à ce qu’on apprenne à vivre avec, peu importe la portée affective qui s’y rattache.

Et il faut dire que cette thérapie n’a rien de trop facile pour Drama dont le passé n’a rien de trop enviable. Abandonné par son père, Bruno a couru les centres d’accueil, vu beaucoup de ses amis mourir subitement, jusqu’à être persuadé pendant un certain moment que la vie n’avait rien de bon à lui offrir. Mais, maintenant, il en parle. Avec recul et finesse. Sans passer par quatre chemins – parce qu’il n’en connaît qu’un peut-être –, il nous amène avec lui dans son passé, sans gêne et sans pudeur.

Loin de tomber dans le mélodrame facile pour nous mettre la larme à l’œil, il mélange à son rap des sonorités pleines de vie empruntant tantôt au soul (Au nom des pères) et au reggae (L’oubli), tantôt au jazz (Ghetto Génétik), au gospel (40 Barz) et au funk (L’amère et Ken). Comme quoi, malgré tout, l’espoir ne meurt jamais vraiment.

Si l’album est une thérapie, ce n’est pas toutes les rencontres qui s’avèrent fructueuses. Quelques faux pas brisent momentanément le rythme très organique de l’album. Des pièces comme « Au volant de la rage » et « R.I.P. » se ramassent en fin d’album comme si on avait voulu les cacher.

Mais ces petits faux-pas, en plus de quelques refrains formatés ici et là, ne viennent pas entraver la démarche thérapeutique d’un rappeur sans égal, tant au point de vue du flow que des paroles. Après quelques écoutes, on apprend à vivre avec cette boîte noire, à l’apprivoiser comme elle est, dans sa totalité. Un peu comme Drama finalement.

- Riff Tabaracci

Voici un extrait:

Murph – Je montre le ton… J’affiche mes couleurs

MurphAprès le « numéro 2 » et « L’école des loosers », Murph nous revient maintenant avec son premier solo « Je montre le ton… J’affiche mes couleurs ». C’est donc avec un projet présenté comme étant « conscient, réfléchi et subtil » que le looser de l’école est de retour.

L’écoute du maxi nous présente un artiste qui sait monter le ton, mais qui n’affiche pas pour autant ses couleurs. En effet, avec les problèmes abordés au court du projet, on ne voit ni prise de position, ni solutions aux problèmes. De plus, les thèmes de « Je montre le ton… J’affiche mes couleurs » restent très génériques. Ils tournent autour de la soi-disant démocratie qu’offrent nos gouvernements, de leurs mensonges, de leurs intérêts financiers, de leurs façons d’envahir les pays étrangers, du néo-colonialisme et du pouvoir des compagnies pharmaceutiques. Bref avec ces sujets trop simplistes, le rappeur n’arrive tout simplement pas à nous faire réfléchir. Murph colle beaucoup plus au ton sarcastique et au style plus humoristique qu’on s’était habitué avec « Baby’s on crack » ou encore avec « L’école des loosers». Par chance, les bonus tracks du maxi nous ramèneront ce bon vieux Murph.

Le point fort de l’artiste reste donc sa capacité à rapper et à nous offrir un flow qui nous fait automatiquement bouger la tête. Par contre, les instrumentals sur lesquels ce rap est présenté demeurent parfois plus forts que les vocals, étouffant trop souvent la voix du rappeur. De plus, le ramassis de sons de clavier qui forme ces beats donne parfois un ensemble cacophonique.

En somme, on retrouve un rappeur qui maîtrise bien son art, mais qui est loin de nous impressionner. Murph reste tout de même un rappeur très énergique avec une excellente prestance sur scène. Ceux qui se sont présentés à son lancement le confirmeront.

Vous pouvez télécharger le maxi à l’adresse suivante:

http://medias.hiphopfranco.com/MurpH-Jmontre_le_ton_jaffiche_mes_couleurs.rar

Voici un extrait tiré de son maxi:

- krlep0ser

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