Le soul qui débute le premier album de Karma Atchykah est envahissant. Simple, on le sent venir s’incruster dans nos oreilles puis dans notre tête, découlant naturellement d’un groove inspirant spontané mais bien calculé.

Par la suite, cet univers singulier et rafraîchissant éclate en diverses formes – pas toujours très concluantes – pour laisser place à des collaborations qui ne savent rendre justice au réel talent musical de Karma. On sent que son œuvre lui échappe à quelque part sans qu’il ne réussisse à la rattraper.

Oui, les collaborations avec James Di Salvio, Jérôme Minière et aRTIST oF tHE yEAR paraissent bien sur une pochette, mais quand la fusion n’opère pas et que la qualité n’est tout simplement pas au rendez-vous, elles deviennent problématiques. Comme si, à travers elles, Karma perdait son identité musicale. Comme si son propos déjà pas toujours facile à cerner allait jusqu’à se noyer à travers la facilité.

Que ce soit sur Deep, Universel, F.L.Q. ou Bande de jeunes, Atchykah se cherche désespérément un sujet, un thème, une raison d’écrire. Peut-être que ses mixtapes précédentes ont complètement épuisé son inspiration, qui sait ?

Le tout s’améliore de quelque peu sur la deuxième face de l’album avec l’intégration de son groupe The Consequences. Même si la chimie reste au final à retravailler, la signature musicale est plus concise, unie et homogène. Disons que ça ressemble beaucoup plus à un vrai album qu’à une série de chansons sans ligne directrice interpolées les unes aux autres.

À l’avenir, Karma gagnera à se faire confiance dans un rap qui – on l’espère – sera plus personnel et généreux dans l’ensemble de son propos. Le talent est là, certes, mais la zone de confort, elle, n’a toujours pas été franchie.

Une vingtaine de chansons plus tard, on finit d’écouter l’album double d’un artiste qui semblait avoir quelque chose à nous raconter, mais le mystère total persiste… Qui est donc Karma Atchykah ?

- Riff Tabaracci