Rares sont les nouveaux venus sur la scène Hip Hop à pouvoir honorer le titre de véritable révélation. Et, dans un certain dépit, je pensais que ce schéma se reproduisait dans la Soul.

Heureusement, le bien nommé Ben l’Oncle Soul est venu me sortir de cette appréhension. Découvert grâce à sa éblouissante reprise du tube Seven Nation Army, le tourangeau à su apporter sa touche cuivré et donner un fumet Motown aux hits de la pop music.

Après son premier EP « Soul Wash », uniquement composé de reprises, Ben l’Oncle Soul revient en 2010 avec son album confectionné de ses propres compositions au titre éponyme.

Tandis que les sonorités distillées un an plus tôt trottent encore dans nos têtes, le jeune soulman nous montre à quel point il est habile pour manier les résonances issues du fin fond du Michigan. Ses compostions, en français pour la plupart, se marient parfaitement avec l’ambiance chaude des années 60. Toutes ces interventions au microphone se jonchent avec sensualité et harmonie sur les mélodies ciselées à coup de basse et de caisse claire. Se balladant dans l’univers Soul de manière déconcertante, des rythmes effrenés de « Ain’t off to the back » à la non chalance de « Mon Amour », Ben l’Oncle Soul nous fait sourire, chanter, danser, et nous rappelle à quel point la soul symbolise la musique à l’état pur. A l’état pur, il y en a du talent dans cet album, même si certains diront que la structure est un peu similaire, l’essentiel est là : nous livrer un album soul agréable et authentique. Il est alors peu surprenant de savoir que le jeune homme a débuté par le gospel tant l’amour pour la musique noire transpire réellement de cet opus.

Les qualités du jeune homme sont indéniablement immenses, ses capacités à manier cette essence brute nous déconcerte au fil des morceaux sans pour autant rendre le tout étouffant ou caricatural.

Bien au contraire, l’album est délicieusement frais et dense, sa justesse nous fait parvenir ces effluves jazzy avec lequelles on a envie de s’enivrer.

- Bahi