Hocus Pocus – 16 pièces
Hocus Pocus n’en est pas à son premier album. Pour faire une histoire courte, c’est son opus « 73 touches » qui l’a fait connaître en 2005, il a enchaîné par la suite avec «Place 54» qui lui a bénéficié d’une médiatisation plus importante en France. La singularité du groupe réside dans sa composition car il compte un batteur, un guitariste, un bassiste, un dj, un pianiste, un « emcee» et compositeur, qui est « 20syl ».
L’album «16 pièces» suit la même recette : des samples de jazz et de hip hop, un son très acoustique et des textes simples et efficaces. Il faut préciser que 20syl n’est pas un rappeur qui va privilégier la technique, les ego trips ou traiter des sujets habituels. Ses textes sont justes et bien écrits, parfois teintés d’humour et d’ironie mais qui respectent toujours une thématique précise. Dès l’intro, on ressent cet atmosphère très hip hop et musicale, le tout est très agréable avec le refrain de la chanteuse Alice Russel. La deuxième piste «25/06» a attiré mon attention avec la boucle de piano un peu mélancolique et le texte très bien travaillé fait le parallèle entre la médiatisation exagérée du décès de Michael Jackson et des guerres dans le monde. Plusieurs thèmes sont traités dans l’album comme celui de la paternité sur « Papa » ou l’envie de rébellion sur « le majeur qui me dérange » mais les pièces ont malheureusement tendance à trop se ressembler dans ce qu’elles dégagent.
Pour les collaborations, on retrouve les deux membres du groupe américain The percussion (Stro the 89th Key et Mr J), avec qui ils avaient déjà collaboré auparavant, qui livrent une bonne performance nous rappelant un peu les rappeurs New-Yorkais des années 90, surtout sur «Signes des temps». On retrouve Akhenaton sur la piste 3 qui livre un bon couplet mais on ne sent pas de cohésion entre lui et 20syl, la pièce «Équilibre» est un peu plus réussie avec Oxmo Puccino qui transpose son univers avec facilité. Il y a quelques interludes instrumentales sur l’album mais elles n’ajoutent malheureusement rien à l’œuvre d’un point de vue global. Le disque se termine sur « 100 grammes de peur » qui parle de l’instrumentalisation des médias et décrit un phénomène assez réaliste.
«16 pièces» est un bon album, fidèle au son d’Hocus Pocus mais reste moins intéressant que leur dernier «Place 54», surtout au niveau musical, qui fait preuve de moins de variétés dans les sonorités. Au final, le disque ne décevra peut-être ceux qui connaissent et apprécient déjà le groupe sans pour autant plaire aux fans de rap actuels.
- Emzed





about 1 year ago
Musicalement l’album est encore meilleur que Place54 selon moi! Je suis un grand fans d’Hocus Pocus depuis leur tout début et je ne peu qu’être totalement comblé par un album comme celui de 16 Pièces! Toujours disponible en vinyles, quoi demander de plus?
Helmé