Sans généraliser ni tomber dans la critique facile, le rap québécois tend souvent à tourner en rond. Les mêmes sujets qui reviennent, les mêmes rengaines, encore et encore. Difficile de faire différemment parce qu’à prime abord il semble plus facile de reproduire ce qu’on connaît.

En revanche, dans cette marée homogène, certaines exceptions sorties de nulle part arrivent à s’immiscer, causant un véritable vent de fraîcheur.

À bord du Belmundo Regal depuis quelques mois déjà, j’ai pu contempler de nouveaux horizons et un paysage hors du commun. La sensation d’entendre quelque chose d’original au regard neuf, complètement enraciné dans un autre cadre de référence, m’a transporté à des kilomètres de ma routine québécoise. En route vers une culture acadienne

qui emprunte à gauche, à droite, créant au passage un langage hybride et rude témoignant d’une immense richesse.

Mais Belmundo Regal, c’est surtout une visite guidée par trois capitaines ayant réussi à créer un tout musical presque parfait, mariant habilement cuivres et rythmes électroniques sur une production minimaliste mais bétonnée qui frappe fort sans jamais se perdre en cours de route. Une concision unique, bien calibrée, qui rend compte d’un processus de réaffirmation musicale, question de prendre les distances qu’il faut face au premier voyage.

Bien sûr, les trois capitaines ne sont toujours pas passés maîtres du micro; le flow et les thèmes laissant quelques fois à désirer. Mais au moins, le trio essaie, tente et finit bel et bien par innover.

Ça parle de valises, de chaises, de Kenny G, de couchers de soleil, d’escapades… Ça donne envie de partir, l’esprit libre. Ou plutôt de galavanter dans un vacation day avec une paire de Penny Loafers – ou de deck shoes – en écoutant de l’easy listening jazz.

- Riff Tabaracci