Il n’y a pas à dire. Samian est un vrai de vrai combattant. Un gars qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. Un rappeur qui prend la parole au lieu d’attendre éternellement qu’on la lui donne.

Avec Face à la musique, Samuel reprend la rage et la fougue qui l’habitait sur Face à soi-même, son premier effort. Sur des beats solides signés majoritairement JT Cloutier et Horg Music, l’Algonquin d’origine se vide le cœur et les tripes, se purifie avec le verbe et livre une bataille sans merci à la mémoire ravagée de son peuple.

Si l’exercice semble s’avérer une véritable délivrance pour le principal intéressé, on ne peut point passer sous silence le manque de consistance du message en général. C’est que plus les chansons défilent, plus la répétition des mêmes thèmes génériques devient lassante, au point où l’on éprouve de la difficulté à garder intérêt tout au long des quatorze pièces.

Au fond, on aurait eu envie que Samian nous emmène plus loin. À un niveau plus personnel finalement. On aurait pris plus de pièces au regard neuf et percutant (Regarde ailleurs, Tshinanu, Délivrez les jeunes), et moins d’autres au message noyé sous une tonne de clichés et de passages convenus (Mes idéaux, Mes réserves, Les mots, etc.).

Mais au-delà de ça, le rappeur natif d’Abitibi livre ici un album important. Comme il le rappelle à maintes reprises, ce n’est pas du rap d’égotrip mais du rap collectif, pour la survie des siens. Une cause noble qu’on se doit de mettre au-devant de l’actualité au lieu de la «réserver» aux oubliettes.

À ce niveau, Samian est très certainement un exemple à suivre, ou du moins une voie à considérer dans le paysage musical québécois

- Riff Tabaracci