Récemment, j’ai reçu un communiqué de presse qui confirmait la présence de NOFX au prochain Rockfest de Montebello. Pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe-là (je prends aucune chance étant donné que j’écris d’un blogue hip-hop), c’est une formation punk (punk rock/skate punk pour être plus précis) active depuis environ 25 ans. Elle a sorti près d’une vingtaine de projets donnant des chiffres de ventes dans les 6 chiffres. Même une télé-réalité porte son nom. Bref, un groupe avec un gros curriculum vitae qui n’a oh plus besoin de présentation. Et le communiqué dont je vous parlais présentait le groupe comme étant underground. On s’entend-tu pour dire que même si ta matante n’a jamais entendu parler de ce band-là, c’est impossible d’utiliser le terme underground pour décrire NOFX.

Aujourd’hui, j’ai vu la compagnie de disque Indica (Vulgaires Machins, Xavier Caféine, Les Trois Accords pour ne nommer que les plus connus) parler de sa présence au Salon du disque et d’art underground qui aura lieu en fin de semaine. Je me suis tout de suite posé la question suivante : Est-ce que Indica se considère réellement underground ou bien elle profite simplement de la tenue d’un événement pour aller vendre des records?

Ce qui m’amène à poser la question suivante : Qu’est-ce que l’underground et où s’arrête-t-il?


Toé, Wikipedia, qu’est-ce que tu en penses?

Underground est un mot anglais signifiant littéralement « sous-terre ». Il peut en particulier désigner :

Culture underground, culture alternative, en marge de la société, tenue à l’écart des médias de masse

Donc, Indica Records n’est pas underground pis NOFX non plus. Désolé les boys. À moins que vous vous opposez à cette définition.

Je baigne dans cette culture-là et entendre des trucs du genre : Indica sera au Salon du disque et d’art underground me fait encore plus chier qu’un puriste hip-hop qui entend parler de Omnikrom comme étant un groupe qui fait dans le rap (gros inside, les concernés vont comprendre). À ce moment là, j’aimerais qu’on se pose les vraies questions, qu’on se réapproprie le terme ou du moins qu’on lui donne un sens.

Personnellement, quand j’utilise le terme, je pense à des artistes comme Casse-Croute qui descendent dans la rue pour vendre leurs propres disques ou comme Monk-e qui refuse d’être vendu chez Archambault. Même chose avec Jeunesse Apatride qui eux poussent même jusqu’à refuser leur participation à des concerts où les billets se vendent plus de 10 dollars, qui ne veulent pas non plus de vidéo-clip en rotation. Mais qui ont un crowd fidèle à chaque concert, des tournées derrière la cravate et des albums distribués un peu partout sur la planète. Je pense à des artistes qui concilient difficilement travail et musique, qui voient cela comme un passe-temps plutôt qu’une carrière, qui ne sont ni membres de l’Union des artistes, ni reliés à SOCAN d’aucune façon, qui ne préparent ni communiqué de presse, ni single officiel lorsqu’ils lancent un album. Des artistes qui ne vont pas voir Musicaction lorsqu’ils manquent de fonds, qui comptent que sur leurs concerts pour remplir leur bas de laine et qui ne refusent en aucun cas un booking même s’ils ne sont payés qu’avec de la bière. Parce que jouer les tient en vie. Certains rêvent d’en vivre mais la plupart rêve simplement d’elle [la musique]. Et là je parle seulement des plus radicaux, de ceux qui sont bien dans cette culture-là, qui y sont par choix, de ceux qui jamais ne vivront de leur musique.

Maintenant, si je vous pose la question : où est-ce que s’arrête l’underground? Qu’allez-vous répondre?