eackone
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Article par eackone
Le tueur masqué, interview avec Killa Ef
25/02/10
Nous parlons maintenant à Ef one alias Killa Ef. Graffiteur puriste de la scène montréalaise. Ef nous offre une combinaison de styles qui « tuent ». Muni à la fois du wild style américain plutôt agressif et d’énormes block letters, Killa Ef se démarque dans notre scène autant par son aspect vandale que par ses fresques. Mais assez parlé, voyons ce que Ef a à nous dire…
Comment te présenterais-tu ?
What up! Big Killa-Ef aka Efeckt-One! What’s poppin ?
Selon moi, Killa Ef est un nom particulier du blaze à 3-5 lettres qu’on voit si communément dans le graff. Et pour toi, qu’est-ce que ce nom représente ?
Mon nom c’est EF, Ef pour Efeckts mais le monde dans le hood m’appelle EF… So, c’est resté avec les années, quoi que j’ai toujours trouvé ça court et pas assez officiel. J`ai ajouté KILLA pour donner un peu de flavour car, selon moi, un nom d`artiste c’est tellement important que ça soit officiel. J’ai choisi KILLA parce que mon style y kill en « crisse »! Y’a trop de peeps dans le graff game avec des noms pourris, des vieux noms à 4 lettres sans aucun meaning. Tu dois rock ton nom tout le long de ta carrière, donc tu dois t’assurer que ton blaze est chaud.
Tu crois que c’est essentiel d’avoir un blaze qui te représente mais il faut que ça soit quelque chose de plus que 5 lettres ?
La sélection d’un nom d’artiste est une forme d’art en soi. Que ça soit pour un nom de writer, de DJ, de rappeur ou même de pornstar, ça revient tout au même. Le blaze doit te représenter en tant que consommateur averti. Je ne crois pas que le nombre de lettres a une importance, quoi que j’ai toujours feel les longs noms composés.
En tant que graffiteur, tu te dis d’abord vandale ou artiste?
Oublie que je graff pour quelques secondes… Je suis un artiste juste par la façon que je vis ma vie. Le vandalisme est une forme d’art pis je rock des wildstyles en même temps, so je suis artiste à temps plein.
Comment vit un graffiteur à Montréal ?
Je suis un artiste dès que j’me lève le matin, que je consomme, que je pop des trois et demi de mush en camping, que je traverse les jungles tropicales tout seul. Quand je cours tout nu dans le McDonalds, que je fais de l’art, que je suis un chef d`orchestre, que je suis un bijoutier…
Selon toi, y a-t-il des limites au vandalisme, est-ce possible pour un vandale de « pousser trop loin » ?
Ça l’existe des limites ? Je ne savais pas…
Tes amis sur Facebook savent que tu es un grand adepte de graffiti et de bière. Si Hiphopfranco t’offrait une Montana noire et une quille de Colt 45, que prendrais-tu en premier ?
Colt 45, all day !
Dans le graffiti, quels couleurs, outils et lettres préfères-tu ?
Je feel le purple (NDLR : mauve) ces temps-ci’tte. Mon outil favori c’est les mops, pas les stencils! Mes lettres préférées sont le K et le E.
Pourtant, on voit de plus en plus d’artistes graffiteurs utiliser les stencils, tout comme les posters et les stickers. Ont-ils leur place dans le graffiti ou c’est vraiment deux mondes à part ?
Pas de place pour les « Art-Fags » icitte! Le graffiti et le street-art, c’est pas la même chose. Pas pentoute!
Étant donné que tu ne mélanges pas le street-art et le graffiti. Crois-tu qu’un jour le graffiti devrait avoir sa place dans les musées à côté d’une œuvre de Shepard Fairey?
Non. Le graffiti ça se passe dans les streets et sur les trains.
Si tu avais à décrire ton style, quels mots emploierais-tu ?
Mon style est straight murder. Je fuck avec du lettrage épicé et raffiné. Wildstyle mais en même temps simple et efficace. Y’a rien de soft avec mes shits. 100% pure graffiti.
Pourrais-tu raconter à nos lecteurs ta meilleure histoire ou anecdote de graff?
Il n’y a pas d`histoire ou d’anecdote particulière. J’ai tellement vécu de moments inoubliables. Le lifestyle au complet est malade! Le monde fucked up que tu recontres, les streets, la drogue, les chases stories, les freestyle cyphers, etc.
Si tu avais un message à passer aux futures générations de graffiteurs, ça serait quoi?
De keep it real. Sketchez vos trucs avec un crayon à mine, pas avec un stylo. Structurez et raffinez vos lettrages à fond, maitrisez votre style et soyez à l`aise avec avant de hit le strip, Nam saying? No doubt! Know your history!
Mots de la fin? Shout outs?
Shout outs à toute la galerie, Gsm Crew for life! StompDown Killaz, Montréal, tout le Québec et le Canada. Mes criminels à travers le monde. You know who you are! What Up!
Voici quelques de ses graffitis :
Graffiti & mode de vie, interview avec Wozer
16/01/10
Nous accueillons maintenant Wozer, un artiste important de la scène internationale. Membre fondateur de l’AOA (Artist on attack), Wozer s’est démarqué par ses productions purement européennes, d’un style surtout allemand, et ces « fils » explosifs. À ce jour, il a peinturé dans de multiples coins du monde et avec plusieurs légendes du graffiti. Voyons ce qu’il a à nous dire…
Bonjour! Comment te présenterais-tu?
Wozer, AOA BMK IZM crew, je suis d’Etaples dans le Nord de la France, j’ai 24 ans et je peins depuis que j’ai 12.
Qu’est ce qui t’as amené au graffiti?
Mon frére Awax taguait en 1998 et j’ai voulu essayer. J’ai commencé avec des markers Posca et il me frappait quand il voyait mes tags sur des camions, des murs … Pourtant, je n’ai jamais lâché l’affaire. Ensuite, des graffiteurs sont venus peindre une maison de quartier et je suis resté toute la journée à les regarder faire. Là, je savais que le graffiti allait occuper toutes mes journées jusqu’à la fin de mes jours. J’ai bougé à Paris, Lille, Dunkerque, Allemagne, Londres, etc, pour voir comment ça se passait et pour rencontrer des graffiteurs.
Qu’est-ce que Wozer signifie pour toi ?
Wozer, ça ne se traduit pas, c’est juste des lettres que j’aime et que j’ai assemblées pour donner mon pseudo en 2002. Après, ça me rappelle la moitié de mon existence (qui n’a été consacrée qu’au graffiti), des rencontres, un style de vie qui me suivra jusqu’à la fin. Je l’ai tatoué sur mon bras, c’est vraiment mon identité, mon histoire, ma façon de vivre.
Le graffiti, est-ce de l’art ou du vandalisme ?
Cette question est compliquée. On s’embête trop avec ce genre de question… Pour moi, il y a de l’art et il y a du vandalisme, certaines choses sont vraiment travaillées pendants des heures, d’autres non. Des vandales bien placés en pleine rue, pour moi ça c’est de l’art, mais mal vu par la population.
Quand je graff, je ne me pose pas la question de savoir ce que les gens en penseront. Je fais ça pour mon plaisir avant tout, c’est le plus important. Je crois que si le graffiti était venu d’un milieu bourgeois, tout le monde le sentirait comme de l’art, mais ça vient de la rue, alors c’est beaucoup plus difficile de l’accepter.
Est-ce que tu peux nous parler de la culture du graffiti en France?
J’aimerais avoir un regard extérieur pour vraiment pouvoir juger, mais je fais partie de ce graff. Donc ça ne m’empêche pas de vous dire ma vision. Il y a du talent, des anciens qui sont toujours présent avec des graffitis toujours aussi dingues et des jeunes qui arrivent avec des styles frais. Par contre, maintenant quand j’ouvre un magazine de graffiti, je vois des styles sortis des écoles d’art, donc une vision hors culture graffiti, et qui détruit les lettres en faisant des formes bizarres, ça ressemble à des créatures…
On va certainement me critiquer mais je dis ce que je ressens. Sinon, il y a aussi des gars qui arrivent et qui toyent sans raison, juste parce que ça fait bien de faire ça devant des copains.
Et quand on invite un graffiteur qu’on apprécie, on te traite de suceur sur les forums… Alors que c’est dans la culture graffiti de partager, de se mesurer à des gens dont on adore le style depuis des années. J’ai toujours fais ça et je le ferais toujours. Welcome to Etaples city ! (rires)
On a des vandales actifs, des crews qui tuent en terrain, des graffs que l’on voit sans en connaître l’auteur et parfois ils sont très forts. Je pense qu’on a du potentiel, mais beaucoup d’incohérence aussi.
Je pense que c’est pareil dans chaque pays. Le graffiti a encore de beaux jours devant lui. Big up à Diksa, Pro, Frez, Jay, Fast… Pour leurs styles magnifiques!
Pourriez-vous nommer quelques-unes de vos influences et nous en expliquer la raison ?
Dans le graffiti, mes influences sont Diksa qui m’a pris en main en 2004 et qui m’a apporté énormément dans le graffiti mais aussi humainement, gros respect pour lui. Ensuite, Pro qui m’a donné de bons conseils et qui m’a apris beaucoup aussi. Func88, Jay, Eight, Frez, Bando, O’clock, Trane, Dexa, Rézo, Seb, Fast, Skew, T-kid, Kakao77, Jack, Jeroo, Dead, Dems, Scien, Dondi, Kase2, Seen, Jaba… Bref, il y a beaucoup de graffiteurs dont j’aime le travail et qui m’influencent plus ou moins. J’adore les style allemands et old school de New-York. Et aussi les tags fous de Earsnot et les flops de Sacer(RIP).
La musique m’influence beaucoup aussi, le hip-hop avec ma petite collection de Mf doom, Madlib, Stones throw, Peanut butter wolf, Mobb deep, Eric b-Rakim, Wu tang clan, Nas, Dipset, Onyx, Epmd, Snoop…
J’aime aussi voyager, voir d’autres univers qui peuvent aussi m’influencer dans mes peintures et étudier aussi les Sociétées Secrétes « Illuminati ».
Nous retrouvons de plus en plus le graffiti dans les galeries, même dans les musées. Qu’est ce que tu en penses ?
Il y a des writerz qui méritent d’avoir leurs oeuvres dans des galeries ou musées mais d’autres qui n’ont rien à y faire. Je connais des artistes qui ont créés, inventés des styles, des flows, des univers et qui méritent d’être au premier rang , mais certains passent avant eux en faisant du « pseudo » graffiti. Sinon, le graffiti à autant sa place en galerie que l’art en général. Profitons des portes qui s’ouvrent, mais tout en respectant notre culture.
Tu es fondateur du AOA. Qu’est ce que ce crew représente pour toi? Quel est votre but dans le graff, qu’est ce qui vous différencie des autres crew francais?
Pour moi, ça représente beaucoup, des souvenirs, des sessions vandales vraiment risqués, des graffs nuls, des graffs réussis, une famille, surtout une sorte de réussite. Comme si j’accomplissais une petite mission pour le graffiti, amener ça le plus haut possible, ARTIST ON ATTACK, le fait de le représenter dans le monde entier, France, Belgique, Allemagne, Canada, USA, Australie, Angleterre, une identité secondaire. Notre but, continuer à prendre du plaisir en peignant, passer du bon temps, faire des graffs plus fous encore, innover et nous mesurer à d’autres crews dans un bon esprit. Je ne peux pas dire ce qui nous différencie des autres, à part nos jeux débiles quand on graff qui sont vraiment propre à nous, et l’envie d’aller vraiment loin.
Tu es down avec un des crews vandales les plus féroces et agressifs en France, les TPK, que nous pouvons entre autre retrouver dans le fameux film « Pirates ». Selon toi, le graffiti vandale a t-il des limites ou faut-il toujours pousser et faire n’importe quoi pour atteindre ce qu’on veut ?
Bien sur qu’il y a des limites, dépouiller des graffiteurs ça a toujours existé. Après, il y a des jeux vraiment plus dangereux et qui vont vraiment loin, mais quand tu entres dans le graffiti, tu entres dans un mode et un style de vie. Il ne faut pas croire que tout est beau et que tous les graffiteurs sont gentils. J’ai des amis qui passent leur temps à dépouiller, taper, raquéter et je ne les juge pas. C’est des amis pour qui j’ai du respect et ça va dans les 2 sens, les histoires entres crews ne me regarde pas, à partir du moment où ça ne me touche pas, je ne m’en mêle pas. Tout ça, ça met du piment dans le graffiti.
Les TPK n’ont pas à prouver quoi que ce soit, ils ont marqué l’histoire du graffiti en France et dans le monde et aussi le vandale. Trane a mis tout le monde d’accord, Frez a fais mal à plusieurs métros…
Maintenant, il y a Dexa, Flask, les KO qui arrivent de partout, les KSF aussi sont là et je peux en citer d’autres. Donc, le graffiti c’est comme ça, il n’y a pas de lois, juste du respect à avoir et c’est tout.
Quelles sont tes couleurs, outils et/ou lettres favoris ?
Je n’ai pas vraiment de couleurs favorites; j’aime le noir qui, pour moi est la couleur indispensable dans chaque graffiti, en grosse ou moyenne quantitée.
Mais j’aime travailler avec plusieurs couleurs, faire un artifice cohérent.
Mon outil favori, la Montana 94, valve souple, belles couleurs, pression vraiment parfaite, je prends vraiment du plaisir à travailler avec cette bombe.
Pour finir ma lettre favorite, le W que je travaille depuis des années, lettre difficile mais belle quand on trouve les formes et le flow qu’il faut.
Après, il y a des lettres que j’aime aussi travailler, comme le S, le R, le B… Ce sont des lettres qui donnent une grosse puissance aux graffitis.
Pourrais-tu raconter à nos lecteurs ta meilleure histoire ou anecdote de graff?
C’est difficile, il y en a tellement (des stress, des mauvais plans…). Des petites choses. Un soir, avant de partir peindre un train à Dieppe, on a croisé un barrage de gendarmes. On s’est fais contrôler, tout était dans le coffre de voiture. Nous étions dans le pétrin si ils ouvraient le coffre car il y avait des sketchs, etc… Et mes amis venaient souvent faire des whole car ici ! Et au moment où il nous demandent d’ouvrir le coffre, une voiture passe à coté et fait un demi-tour devant les gendarmes, alors ils nous ont dis « Allez-y, bonne soirée ». Et ils sont partis pour suivre l’autre voiture. Je voudrais dire merci à cet homme qui a fait demi-tour, il a du avoir une belle contravention mais il nous a fait éviter la garde à vue!
Ou un soir, on va sur la voie ferrée avec mon ami Leshar, on passe dans des grandes herbes, je passe devant et je lui dis « suis moi ». On ne voyait rien, puis rapidement je me suis sentie tomber dans le vide et je me retrouve dans un marais, je me protège la tête mais je me cogne sur un tronc d’arbre. Je stress car je n’y voyais rien, je savais ce qu’il se passait. Je sors de l’eau, trempé ! Il faisait zero degrés, (trop froid)! Mais nous avions fais de la route alors nous avons continués et nous avons fais nos graffs. Je suis revenu en caleçon tellement javais froid à cause de mes vêtements et mes chaussures humides. Ah quelle soirée !!
En douze ans de graffiti et les missions vandales, je peux raconter des centaines d’histoires, comme chaque graffiteurs!
Décris-nous ton œuvre qui te rend le plus fière à date?
Je peux pas te dire quel graff me rend fière, chaque graff est une fierté, mais ils ne sont jamais excellents, donc il y a toujours une petite insatisfaction.
Mais je suis content dès que le spray s’étale sur tous mes supports. L’imagination parle et on voit à la fin si le lettrage est réussi ou si il faut revenir le lendemain pour en refaire un autre.
Mais le fait de faire un tag qui coule ou un graff avec de belles couleurs, ça me donne de la satisfaction et c’est le plus important.
Si tu avais un message à passer aux futures générations de graffiteurs, ça serait quoi?
Chacun fait son jeu. Juste dire de peindre pour l’amour de cet art, et non pas de le faire juste pour épater les copains. De prendre son temps sur feuille, de se construire pour devenir à l’aise sur mur avec un style solide et bien à soi. Maintenant les nouveaux veulent faire des wild style directement etc… Mais chaque chose en son temps. Il faut surtout comprendre la culture et tout ce qui l’entoure, comme le Rap, le Break dance… Il ne suffit pas d’avoir une casquette, de tracer et faire le dur, non il faut s’imprégner du mouvement et le representer à sa juste valeur.
Quelles questions aimerais-tu que l’on te pose pendant un interview ?
- J’aimerais que l’on me demande: Quand-est ce que tu repars vivre sur Mars?
Mots de fin? Shout outs?
Merci à: Erase, Hip-Hop Franco, Ma ptite femme que j’aime Bule, Mon AOA, BMK, IZM, Awax, Diksa, Pro, Soda, Jay, Oéno, Fast, Frez, Dexa, Trane, Psy, Creez, Func88, Dead, Jaba, Recto,
Kakao77 universes, Phos4, Marko, Scien et klor, Don, Acre, Aket, Mokobe, Nessbeal, Nasme, Dany Dan, Freeman, Rost, Dr Singe, Break uno, Ces, Atome et Baze, Echo, Rcf1, Druide, Proze, Isham, Hipy, Heat « sade », Supe, O’dog, Dizer, DJ Seb, Àbout portant, le centre social CAF d’Etaples, ma famille.
On organise un festival International graffiti le 21,22 et 23 mai 2010 à Etaples sur mer, avec réalisation d’une fresque et exposition de toiles en galerie d’art, avec Diksa, Pro, Jaba, Oéno, Kakao77 universes, Jay, 5kro, Leshar…
Je souhaite de continuer à trouver la stratégie de mes lettres pour anéantir les ennemis. Les justiciers du futur !!!
- eackone
Interview avec le Crazy Apes crew
30/10/09
Le Crazy Apes (CA) crew renait de ses cendres en 2007. À partir de ce moment, le crew commence son ascension pour rapidement atteindre le sommet de la scène graffiti au Québec. Ce dernier se démarque notamment grâce à ses impressionnantes murales et productions. Aujourd’hui, ce crew se démarque par sa capacité d’agir dans plusieurs disciplines, outre le graffiti. En effet, les membres composant ce regroupement sont des spécialistes en graphisme, en peintures de murales, en art 3D, en typographie et bien évidemment, en graffiti. Ce collectif est aujourd’hui très actif et reconnu par tout le milieu.
Bonjour! Comment vous présenteriez-vous?
Nous sommes le CRAZY APES crew de Montréal. Nous sommes un regroupement d’artistes dont font partie BETA, CREDK, FEZAT, HAVOK, LITH, MISTX et NARC. Nous sommes spécialisés dans la confection de murales. La plupart d’entre nous utilisons la peinture comme medium depuis le début des années 2000 mais FEZAT et CREDK, eux, ont moins d’ancienneté dans le mouvement. Le crew existe maintenant depuis 3 ans mais c’est durant la dernière année que nous avons constaté la plus grande évolution dans notre art.
Qu’est-ce qui vous a attiré dans le graffiti ?
Le graff, ça attire ton attention dès que tu es jeune… Nous, ça nous a accroché plus que d’autres. Nous avions déjà un intérêt pour le dessin et pour les arts…
Le graffiti, est ce de l’art ou du vandalisme ?
Il y a vraiment deux mondes dans le graffiti. L’un ne va pas sans l’autre. Le vrai graffiti, c’est les throw up et les tags sur les coins de rues. Les murales sont venues après. Mais bon, ça fait partis du graffiti quand même. C’est une façon différente de se démarquer.
D’où vient le nom Crazy Apes crew ? Que représente ou signifie le crew pour vous ?
Au début, le CA crew était constitué de Lith, Beta, Havok et Fezat. Nous étions allés dans un house party chez Lith à l’époque où nous avions décidé de former le crew. CA signifiait Crazy Art, un nom que LITH et BETA avaient déjà utilisé au début des années 2000. Après quelques bières, le nom a changé pour Crazy Apes et c’est resté. Ce qui nous représente, c’est que nous avons tous la même mentalité pour ce qui est du graff : se « taper » les meilleurs murs possible.
Pourriez-vous nommer quelques-unes de vos influences et nous en expliquer la raison ?
Avec Internet, on peut suivre pas mal ce qui se fait ailleurs et ici. Les influences viennent donc de partout. On s’influence aussi beaucoup à l’intérieur de notre groupe, les uns entre les autres pour développer notre style. Des fois, une forme dans une lettre ou une connexion peut faire le tour du crew…
Comment décririez-vous votre style d’art ?
Notre style est vraiment un style classique de graffiti. On n’essaye pas de réinventer la formule, on travaille tous les lettrages. Par exemple, Credk et Beta sont plutôt 3D, Narc a un twist euro et Mistx et Havok poussent les lettres à un autre niveau…
Quelles sont vos couleurs, outils et/ou lettres favoris ?
On utilise principalement la Montana espagnol comme peinture. Nous travaillons aussi beaucoup avec le peinture de background, on la dilue, on la splash, ça donne souvent une texture au background.
Pourriez-vous raconter à nos lecteurs votre meilleure histoire ou anecdote de graff?
On était dans l’usine du TA wall en train de faire des blocks bronze. Il y avait du monde qui faisait un shooting, des photographes un peu louche. Ils prenaient des photos de chinois assez jeunes un peu partout dans l’usine. Après avoir terminé de peinturer, nous sommes passés dans un corridor pour sortir de l’usine et un des chinois était nu, suspendu après le cadre de porte avec des straps de cuir. C’était vraiment n’importe quoi.
Quelle est l’œuvre dont vous êtes la plus fière?
Notre œuvre majeure est surement le crew lui-même. Que nous ayons réussis à rassembler tous ces artistes dans une même et une unique famille et d’avoir gardé de surcroît la motivation de semaines en semaines pour compléter au moins 1 mur, c’est vraiment là que nous tenons notre plus grande réussite. Chaque membre a son rôle et amène quelque chose d’unique. On se complète parfaitement.
Si nos lecteurs se projetaient dans 100 ans, comment voudriez-vous que ces derniers se rappellent du CA crew ?
Nous n’en avons aucune idée. Nous voudrions surement que la plupart d’entre-nous marquent le monde par un métier plutôt que par le graffiti. Les jeunes ne connaissent même pas l’histoire du graffiti à Montréal… Nous pensons que dans 100 ans, il n’y aura personne pour se rappeler de la scène d’aujourd’hui.
Quel message voudriez-vous passer aux générations futures de graffiteurs ?
Le respect. Respecter ceux qui étaient là avant vous et vous allez vous faire respecter.
Le CA est maintenant un des crews au sommet de la scène au Québec. Selon vous, qu’est-ce qui vous a permis d’avoir du succès dans une scène aussi compétitive que celle du graffiti ?
Notre succès est sûrement dû à notre motivation constante. Le fait d’être sept membres nous assure de toujours avoir 2 ou 3 gars qui vont peinturer pendant une fin de semaine. Comme ça, on a toujours un nouveau wall. Chaque membre du crew amène un point fort. Nous sommes conscients que nous avons encore des aspects du graffiti à travailler et qu’on se doit de pousser plus. C’est une fois la maîtrise de l’art atteinte que nous pourrons nous considérer comme étant au sommet.
Mots de fin ? Shout outs ?
TA CREW, CD CREW, Egor, Meor, Stela, Korb, K6A, Spyro, Skilz… Aussi un gros shout out à SINO qui nous supporte toujours dans nos projets.
Vous pouvez également visiter leur site-web à l’adresse suivante :
- eackone
Interview avec Bloke One
14/09/09
Au Québec, le graffiti est une culture imprégnée de compétition et la scène qui l’entour n’offre que très peu d’exposure. Décidemment, il est difficile de prendre sa place et de grimper les échelons pour y rester. C’est pourtant ce que Bloke One a fait. Il a développé son talent aux travers de ses fameux graffitis. Aujourd’hui, Bloke est un nom incontesté de l’art urbain québécois. Il est reconnu mondialement pour ses casquettes qui se retrouvent même jusque sur les têtes de certaines stars américaines. Il a fondé la compagnie nommé globetrottoir.com, entièrement dédiée au «street art» qui offre justement des casquettes et puis d’autres articles tels que des chandails ou encore des toiles, tout ça disponible à des prix franchement abordable. J’ai décidé de vous le présenter pour la première d’une série d’articles portant sur le graffiti.
Est-ce que tu pourrais te présenter pour commencer ?
Bloke one
Qu’est-ce que tu rep ?
Globetrottoir.com
Tu manges quoi live?
Pad Thai + Five Alive (Berry citrus)
Qu’as-tu fais dernièrement ?
Travailler sur des artworks pour un film qui sortira prochainement
Ça fait combien de temps que tu run ?
J’courais avant d’maitriser la marche
Qu’est ce qui t’as fais commencer le graff?
Dans le temps, les graffitis des gangs de rue de mon quartier (CPC j’crois)
Décris-nous ton style en quelques mots…
Contemporain et sujet à changement sans préavis
Quelles-sont tes plus grandes influences, autant dans le graff que dans la vie courante?
Y’en a trop, j’écoute et j’observe beaucoup. Pour le graff local, Stare.
Art ou Vandalisme?
Art ou vandalisme avec de l’art
Pourquoi Globetrottoir.com? Qu’est-ce que ça signifie pour toi?
Globetrottoir, rien mais une brève définition de Globetrottoir est : l’art influencé par le trottoir et par ce qui se fait à travers le monde.
Raconte-nous ta meilleure histoire ou anecdote du graff
Duper deux policiers en se glissant sous une voiture.
Si tu aurais un message à passer aux futures générations de graffiteurs, ce serait quoi?
Lâchez la etch svp! (NDLR : etch = tags avec de l’acide)
Quelles sont tes couleurs et tes lettres favorites?
Ne sait pas
Outil favori ?
La pensée
Décris-nous ton œuvre qui te rend le plus fière à date?
Il n’est pas encore réalisé
Dans 100 ans, tu veux que le monde se rappelle de toi comme étant?
L’artiste le plus vieux. Je me rappellerai des plus grands et j’enseignerai aux plus jeunes ce qu’ils auront accompli.
Finalement, qu’est-ce que tu as à dire aux gens qui croient que c’est «sell out» de vendre des graffs?
Trop vieux pour commettre des crimes qui ne payent pas…
Quel question t’as toujours rêver de te faire poser en interview?
La track qui va jouer à mes funérailles.
Bloke, quelle track va jouer à tes funérailles?
En enfer, Street Spirit de Radiohead. Autrement, Tears in heaven de Eric Clapton.
Mot de la fin? Shout outs?
C’est juste un début
Pour ma part, j’aimerais remercier Bloke pour avoir accepté l’interview. Je vous inviterais également à aller faire un petit tour sur le http://www.globetrottoir.com/
Support our scene,
eackone.
















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