Critiques
Radio Radio – Belmundo Regal (Bonsound)
28/05/10
Sans généraliser ni tomber dans la critique facile, le rap québécois tend souvent à tourner en rond. Les mêmes sujets qui reviennent, les mêmes rengaines, encore et encore. Difficile de faire différemment parce qu’à prime abord il semble plus facile de reproduire ce qu’on connaît.
En revanche, dans cette marée homogène, certaines exceptions sorties de nulle part arrivent à s’immiscer, causant un véritable vent de fraîcheur.
À bord du Belmundo Regal depuis quelques mois déjà, j’ai pu contempler de nouveaux horizons et un paysage hors du commun. La sensation d’entendre quelque chose d’original au regard neuf, complètement enraciné dans un autre cadre de référence, m’a transporté à des kilomètres de ma routine québécoise. En route vers une culture acadienne
qui emprunte à gauche, à droite, créant au passage un langage hybride et rude témoignant d’une immense richesse.
Mais Belmundo Regal, c’est surtout une visite guidée par trois capitaines ayant réussi à créer un tout musical presque parfait, mariant habilement cuivres et rythmes électroniques sur une production minimaliste mais bétonnée qui frappe fort sans jamais se perdre en cours de route. Une concision unique, bien calibrée, qui rend compte d’un processus de réaffirmation musicale, question de prendre les distances qu’il faut face au premier voyage.
Bien sûr, les trois capitaines ne sont toujours pas passés maîtres du micro; le flow et les thèmes laissant quelques fois à désirer. Mais au moins, le trio essaie, tente et finit bel et bien par innover.
Ça parle de valises, de chaises, de Kenny G, de couchers de soleil, d’escapades… Ça donne envie de partir, l’esprit libre. Ou plutôt de galavanter dans un vacation day avec une paire de Penny Loafers – ou de deck shoes – en écoutant de l’easy listening jazz.
- Riff Tabaracci
Ben L’Oncle Soul
21/05/10
Rares sont les nouveaux venus sur la scène Hip Hop à pouvoir honorer le titre de véritable révélation. Et, dans un certain dépit, je pensais que ce schéma se reproduisait dans la Soul.
Heureusement, le bien nommé Ben l’Oncle Soul est venu me sortir de cette appréhension. Découvert grâce à sa éblouissante reprise du tube Seven Nation Army, le tourangeau à su apporter sa touche cuivré et donner un fumet Motown aux hits de la pop music.
Après son premier EP « Soul Wash », uniquement composé de reprises, Ben l’Oncle Soul revient en 2010 avec son album confectionné de ses propres compositions au titre éponyme.
Tandis que les sonorités distillées un an plus tôt trottent encore dans nos têtes, le jeune soulman nous montre à quel point il est habile pour manier les résonances issues du fin fond du Michigan. Ses compostions, en français pour la plupart, se marient parfaitement avec l’ambiance chaude des années 60. Toutes ces interventions au microphone se jonchent avec sensualité et harmonie sur les mélodies ciselées à coup de basse et de caisse claire. Se balladant dans l’univers Soul de manière déconcertante, des rythmes effrenés de « Ain’t off to the back » à la non chalance de « Mon Amour », Ben l’Oncle Soul nous fait sourire, chanter, danser, et nous rappelle à quel point la soul symbolise la musique à l’état pur. A l’état pur, il y en a du talent dans cet album, même si certains diront que la structure est un peu similaire, l’essentiel est là : nous livrer un album soul agréable et authentique. Il est alors peu surprenant de savoir que le jeune homme a débuté par le gospel tant l’amour pour la musique noire transpire réellement de cet opus.
Les qualités du jeune homme sont indéniablement immenses, ses capacités à manier cette essence brute nous déconcerte au fil des morceaux sans pour autant rendre le tout étouffant ou caricatural.
Bien au contraire, l’album est délicieusement frais et dense, sa justesse nous fait parvenir ces effluves jazzy avec lequelles on a envie de s’enivrer.
- Bahi
Samian – Face à la musique
19/05/10
Il n’y a pas à dire. Samian est un vrai de vrai combattant. Un gars qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. Un rappeur qui prend la parole au lieu d’attendre éternellement qu’on la lui donne.
Avec Face à la musique, Samuel reprend la rage et la fougue qui l’habitait sur Face à soi-même, son premier effort. Sur des beats solides signés majoritairement JT Cloutier et Horg Music, l’Algonquin d’origine se vide le cœur et les tripes, se purifie avec le verbe et livre une bataille sans merci à la mémoire ravagée de son peuple.
Si l’exercice semble s’avérer une véritable délivrance pour le principal intéressé, on ne peut point passer sous silence le manque de consistance du message en général. C’est que plus les chansons défilent, plus la répétition des mêmes thèmes génériques devient lassante, au point où l’on éprouve de la difficulté à garder intérêt tout au long des quatorze pièces.
Au fond, on aurait eu envie que Samian nous emmène plus loin. À un niveau plus personnel finalement. On aurait pris plus de pièces au regard neuf et percutant (Regarde ailleurs, Tshinanu, Délivrez les jeunes), et moins d’autres au message noyé sous une tonne de clichés et de passages convenus (Mes idéaux, Mes réserves, Les mots, etc.).
Mais au-delà de ça, le rappeur natif d’Abitibi livre ici un album important. Comme il le rappelle à maintes reprises, ce n’est pas du rap d’égotrip mais du rap collectif, pour la survie des siens. Une cause noble qu’on se doit de mettre au-devant de l’actualité au lieu de la «réserver» aux oubliettes.
À ce niveau, Samian est très certainement un exemple à suivre, ou du moins une voie à considérer dans le paysage musical québécois
- Riff
Hocus Pocus – 16 pièces
13/05/10
Hocus Pocus n’en est pas à son premier album. Pour faire une histoire courte, c’est son opus « 73 touches » qui l’a fait connaître en 2005, il a enchaîné par la suite avec «Place 54» qui lui a bénéficié d’une médiatisation plus importante en France. La singularité du groupe réside dans sa composition car il compte un batteur, un guitariste, un bassiste, un dj, un pianiste, un « emcee» et compositeur, qui est « 20syl ».
L’album «16 pièces» suit la même recette : des samples de jazz et de hip hop, un son très acoustique et des textes simples et efficaces. Il faut préciser que 20syl n’est pas un rappeur qui va privilégier la technique, les ego trips ou traiter des sujets habituels. Ses textes sont justes et bien écrits, parfois teintés d’humour et d’ironie mais qui respectent toujours une thématique précise. Dès l’intro, on ressent cet atmosphère très hip hop et musicale, le tout est très agréable avec le refrain de la chanteuse Alice Russel. La deuxième piste «25/06» a attiré mon attention avec la boucle de piano un peu mélancolique et le texte très bien travaillé fait le parallèle entre la médiatisation exagérée du décès de Michael Jackson et des guerres dans le monde. Plusieurs thèmes sont traités dans l’album comme celui de la paternité sur « Papa » ou l’envie de rébellion sur « le majeur qui me dérange » mais les pièces ont malheureusement tendance à trop se ressembler dans ce qu’elles dégagent.
Pour les collaborations, on retrouve les deux membres du groupe américain The percussion (Stro the 89th Key et Mr J), avec qui ils avaient déjà collaboré auparavant, qui livrent une bonne performance nous rappelant un peu les rappeurs New-Yorkais des années 90, surtout sur «Signes des temps». On retrouve Akhenaton sur la piste 3 qui livre un bon couplet mais on ne sent pas de cohésion entre lui et 20syl, la pièce «Équilibre» est un peu plus réussie avec Oxmo Puccino qui transpose son univers avec facilité. Il y a quelques interludes instrumentales sur l’album mais elles n’ajoutent malheureusement rien à l’œuvre d’un point de vue global. Le disque se termine sur « 100 grammes de peur » qui parle de l’instrumentalisation des médias et décrit un phénomène assez réaliste.
«16 pièces» est un bon album, fidèle au son d’Hocus Pocus mais reste moins intéressant que leur dernier «Place 54», surtout au niveau musical, qui fait preuve de moins de variétés dans les sonorités. Au final, le disque ne décevra peut-être ceux qui connaissent et apprécient déjà le groupe sans pour autant plaire aux fans de rap actuels.
- Emzed
BMC – C’que t’as dans le ventre
28/04/10
Pour moi, BMC n’était pas ces trois lettres qui en disent long. C’était plutôt le groupe qui me faisait quitter les salles de concerts lorsqu’il embarquait sur scène. Alors, lorsqu’on m’a approché pour une critique de son nouveau projet, j’étais sceptique. Je n’ai pas accepté tout de suite. Parce que, quoi qu’on en pense, ce n’est pas toujours plaisant de critiquer (et surtout d’écouter) quelque chose que l’on n’aime pas. On préfère passer son tour.
Mais à l’écoute du projet, j’ai eu la même surprise que quand j’ai écouté le premier single de l’album. J’ai trouvé que le groupe était bon. Enfin, BMC semble avoir trouvé son style. Et oui, je crois que même après autant d’années, un groupe peut encore développer des habiletés, évoluer et s’améliorer.
Un rap différent
Le groupe est différent de ce qu’il était mais surtout différent de tout ce qui se fait dans le hip-hop à l’heure actuelle. Les feats avec Oscar (Anonymus) et The Saintes-Catherines n’y sont pas pour rien. BMC est un groupe très rentre-dedans et l’album démontre très bien ce qu’ils ont dans le ventre. Il a de la geule. En fait, les gars ont de la gueule. Ils rappent presque toujours en gueulant et gardent cette agressivité tout le long de l’album, même lorsqu’ils parlent avec le coeur.
Et à ce niveau, je peux encore reprocher à BMC d’avoir des textes trop simples, des rimes avec très peu de techniques mais maintenant, ça ne me dérange plus. Parce que peu importe comment on m’parle, si on le fait avec le coeur, ça fonctionne. Les gars réussissent donc à me faire réagir, et même presque à me faire pleurer (seulement pendant un track), avec des mots d’encouragement, de persévérance, d’authenticité, d’amour et de rage. Ils réussissent surtout à me faire aimer un groupe que je n’appréciais pas au départ. C’est ça le plus impressionnant.
Maintenant, je ne dis pas que tous ceux qui n’embarquaient pas avec BMC vont devenir des fans inconditionnels. Cependant, je peux vous assurer qu’il est meilleur qu’il était. À conseiller à tous ceux qui veulent entendre autre chose que du rap traditionnel, à tous bons amateurs de rapcore, peu importe leur état d’esprit.
- Samuel « krlep0ser » Daigle-Garneau
Karma Atchykah – Diasporama
22/03/10
Le soul qui débute le premier album de Karma Atchykah est envahissant. Simple, on le sent venir s’incruster dans nos oreilles puis dans notre tête, découlant naturellement d’un groove inspirant spontané mais bien calculé.
Par la suite, cet univers singulier et rafraîchissant éclate en diverses formes – pas toujours très concluantes – pour laisser place à des collaborations qui ne savent rendre justice au réel talent musical de Karma. On sent que son œuvre lui échappe à quelque part sans qu’il ne réussisse à la rattraper.
Oui, les collaborations avec James Di Salvio, Jérôme Minière et aRTIST oF tHE yEAR paraissent bien sur une pochette, mais quand la fusion n’opère pas et que la qualité n’est tout simplement pas au rendez-vous, elles deviennent problématiques. Comme si, à travers elles, Karma perdait son identité musicale. Comme si son propos déjà pas toujours facile à cerner allait jusqu’à se noyer à travers la facilité.
Que ce soit sur Deep, Universel, F.L.Q. ou Bande de jeunes, Atchykah se cherche désespérément un sujet, un thème, une raison d’écrire. Peut-être que ses mixtapes précédentes ont complètement épuisé son inspiration, qui sait ?
Le tout s’améliore de quelque peu sur la deuxième face de l’album avec l’intégration de son groupe The Consequences. Même si la chimie reste au final à retravailler, la signature musicale est plus concise, unie et homogène. Disons que ça ressemble beaucoup plus à un vrai album qu’à une série de chansons sans ligne directrice interpolées les unes aux autres.
À l’avenir, Karma gagnera à se faire confiance dans un rap qui – on l’espère – sera plus personnel et généreux dans l’ensemble de son propos. Le talent est là, certes, mais la zone de confort, elle, n’a toujours pas été franchie.
Une vingtaine de chansons plus tard, on finit d’écouter l’album double d’un artiste qui semblait avoir quelque chose à nous raconter, mais le mystère total persiste… Qui est donc Karma Atchykah ?
- Riff
Goodfellaz – Flight Club
12/03/10
Goodfellaz est la formation de B-Dub et Donald Drumz (anciennement Mista Tee ou encore T-U). Actif sur la scène depuis 2004 sous le nom de S.M.E., le groupe est arrivé avec « Candy Flavoured Gangsta Music », son premier album, sous l’étiquette BBT Wreck-Hurdz en 2007. En décembre dernier, ils étaient de retour avec leur deuxième nommé « Flight Club », cette fois-ci distribué numériquement par le major Universal.
Ce qui attire notre attention lors de notre première écoute, ce sont les beats, tous produits par Donald Drumz, à l’exception du dernier qui est assuré par Hotbox. Des productions très fresh qui nous plongent dans le vibe électro-pop des années 80. Chacune de ces tracks nous fait inévitablement bouger la tête sauf encore là, pour la dernière. Et c’est aussi Drumz qui se démarque pour ses refrains qui nous restent trop longtemps en tête. Étonnement, je me suis surpris à plusieurs reprises à fredonner « girl got me on a picture, pictuuuure ».
La liste des collaborateurs est assez chargée et elle est très bien choisie. On passe par Ale Dee, B-U, L’Authentik Payzan, Milli Millz, Swift kid, Sly Boogy, Trey-C, Nessa, Prinz Ali et finalement, Bishop Brigante, un des artistes de l’heure de la scène canadienne. Le premier vidéoclip de l’album est justement avec Brigante. Malheureusement, l’excellent court-métrage de la chanson « Do It », produit par Last Run, a été refusé par Musique Plus (Moins)… Avec cette pièce, c’était évidemment la chance pour le groupe de rejoindre le grand public. Vaut-il vraiment la peine en 2010 d’investir des milliers de dollars pour quelques views sur Youtube ?
Le négatif de l’album se limite aux deux dernières tracks. En effet, le remix de « Move » est très loin d’être aussi bon que l’originale paru sur le premier album et le verse de L’Autenthik Payzan est tout simplement irritant. Ensuite, la pièce « Don’t want you back », en collaboration avec Hotbox, bien qu’elle ne soit pas mauvaise, ne fit pas vraiment avec le vibe de l’album.
Mais autrement, « Flight Club » est nickel et je le conseille fortement à tous ceux qui recherchent du « gros » beat à écouter dans leur char ou encore pour faire décoller leur party. Ma note : 9 sur 10.
- Freaky Friday
Un (léger) retour aux sources pour L’Assemblée
7/03/10

L’Assemblée n’a plus besoin de présentation. C’est un groupe qui a vite fait ses preuves à ses débuts, avec les divers concours (Une vie sans fausse note, Stop à la violence, Hip-Hop 4 ever, etc.) et qui, plus tard, a conquis les radios commerciales avec le succès « Turn your head around ». Ce nouveau disque, Persona Non Grata, est, pour les gars de L’Assemblée, un retour aux sources. Pour moi, c’est peut-être une occasion de revoir le groupe que j’ai connu, il y a 10 ans…
Ce titre signifie « Personne Indésirable ». Un terme évidemment dédié à leurs détracteurs, les haters ou peut-être simplement d’anciens fans déçus du nouveau son commercial du groupe. L’album est d’une part un message (ou une réponse) à ces personnes : ils ne vous écoutaient pas. Ils s’en sont câlissé. Ils ont continué de faire ce qu’ils aiment, peu importe ce que vous en pensiez….
Mais aujourd’hui, ils reviennent avec un projet hybride, un retour aux sources. Quelque chose de plus hip-hop avec des scratchs à la tonne. Il y a certainement des questions qui me viennent en tête à l’écoute de cet album. Est-ce le nouveau son de L’Assemblée ou simplement le style du groupe le temps d’un projet ?
Sérieusement, j’aime bien l’album et le vibe dans lequel il nous transporte. C’est quelque chose de plus intime, de plus personnel qui me permet de découvrir les personnes derrière Ironik et Narkoi. J’apprends à connaître ce qu’ils pensent réellement de leur musique ou bien les concessions qu’ils ont fait pour connaître le succès. Leur passé plus ou moins précaire dans Hochelag jusqu’à leurs histoires d’amours, de pères de famille ou de nouveaux adultes qui ont quitté les bars avec de bons souvenirs…
Donc, tout va pour les sujets de l’album. À part ceux de « Junkies du rap » où ils comparent de manière assez louche leur musique à la drogue et qui s’éloigne beaucoup du thème général de l’album. Sinon, j’me suis fait à l’idée : ce n’est pas réellement un retour aux sources. À cause des flows, de certaines syllabes étirées, des refrains (trop) accrocheurs et au style très semblable de leurs derniers albums. Mais ce projet-là est tout de même très différent de ce qu’on est habitué d’entendre avec L’Assemblée et il plaira aux amateurs qui, comme moi, n’ont pas comme coutume d’apprécier ce groupe. Après quelques écoutes, évidemment.
- Samuel « krlep0ser » Daigle-Garneau
Frank y brag to the basic
12/02/10

J’avais un peu de difficulté à introduire ce projet-là… Simplement parce que Franky Bragg est un nom assez nouveau pour moi. Donc, je l’ai carrément appelé pour en savoir plus à son sujet. « Je rap depuis les débuts des années 2000 et je dois avoir fait une cinquantaine de shows mais Bragg to Basics est mon premier projet alors j’aimerais être introduit comme un newcomer », avance Franky Bragg en toute modestie. En effet, c’est avec ce EP qu’il fait sa vraie entrée dans le game. Entouré depuis le début de Dirt Diggler, partenaire de son groupe 2 Dime, Chukk James, ainsi que de Loud and Lary, le rappeur est également proche du Casse-Croute, l’étiquette indépendante qui nous offre Bragg to Basics, son premier album.
Et comme les gars du Casse, il mise sur la technique ; les rimes et le flow. Des textes qui se rapprochent des clichés hip-hop ; du hustle, de la drogue, des sorties dans les clubs et surtout de la grosse vantardise sale. Mais Franky est un personnage et on le remarque tout au long de notre écoute. Et puis, des tracks comme « Illusions » arrivent à nous faire réfléchir : c’est deux gars qui sont pris dans la galère, dans l’illusion qu’apporte la drogue, deux gars qui se questionnent même si leur « dépendance » ne leur causent pas de problème pour l’instant…
On s’attend souvent à entendre un gros son commercial quand on parle de brag, mais avec Chukk James, qui assure la production complète du projet, c’est totalement le contraire. On nous amène dans un vibe légèrement old school. Loin de la tendance de l’heure. Comme on l’entend dans le projet, Franky est le « backpacker du brag ». En ce sens, « Bragg to basics » est certainement le terme parfait pour décrire l’album. 30 minutes de headbangers qui plairont à n’importe quel amateur de Hip-hop.
Voici un extrait:
-krlep0ser
J-Robin [EP]
10/02/10
Voici un projet qui a autant rapport avec le hip hop québécois qu’un profil de chat sur Facebook, ce qui veut dire pas du tout ou à peu près pas. J-Robin, c’est d’un côté Maître J, mc à temps partiel entre deux cours de philosophie au CEGEP dont le flow rappelle plus Richard Desjardins que Jay-Z, et de l’autre, Maxime Robin, pantenteux de sons étranges qui a certainement beaucoup écouté Endtroducing de Dj Shadow à l’adolescence.
Le résultat qui en découle ne peut donc être que « spécial », voire marginal ou complètement malade (dans le bon sens du terme). À écouter les six courtes chansons en boucle, il est justement possible de devenir fou, à la condition, bien entendue, d’y mettre un peu du sien et, surtout, de mettre le son très fort.
Parce que l’ambiance créée sur le mini-album est un phénomène en soi. On passe du punk-électro acerbe de Double Dip aux violons dramatiques de Sophie pour terminer dans le délire spirituel de Prière. Mais le clou du spectacle est certainement More Meat, hommage saisissant aux animaux morts qu’on mange, livré dans un Anglais assez déconcertant.
J-Robin est donc un projet à qui le EP va à merveille. Pas trop court ou trop long, mais juste assez pour qu’on se pose de sérieuses questions sur sa pertinence, ses conditions de possibilité et sa classification… Et juste le fait qu’on se pose autant de questions est déjà une expérience en soi qui vaut plus que 80 % de tout ce qui se fait musicalement au Québec.
- Riff





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