Critiques d'albums internationaux
Ben L’Oncle Soul
21/05/10
Rares sont les nouveaux venus sur la scène Hip Hop à pouvoir honorer le titre de véritable révélation. Et, dans un certain dépit, je pensais que ce schéma se reproduisait dans la Soul.
Heureusement, le bien nommé Ben l’Oncle Soul est venu me sortir de cette appréhension. Découvert grâce à sa éblouissante reprise du tube Seven Nation Army, le tourangeau à su apporter sa touche cuivré et donner un fumet Motown aux hits de la pop music.
Après son premier EP « Soul Wash », uniquement composé de reprises, Ben l’Oncle Soul revient en 2010 avec son album confectionné de ses propres compositions au titre éponyme.
Tandis que les sonorités distillées un an plus tôt trottent encore dans nos têtes, le jeune soulman nous montre à quel point il est habile pour manier les résonances issues du fin fond du Michigan. Ses compostions, en français pour la plupart, se marient parfaitement avec l’ambiance chaude des années 60. Toutes ces interventions au microphone se jonchent avec sensualité et harmonie sur les mélodies ciselées à coup de basse et de caisse claire. Se balladant dans l’univers Soul de manière déconcertante, des rythmes effrenés de « Ain’t off to the back » à la non chalance de « Mon Amour », Ben l’Oncle Soul nous fait sourire, chanter, danser, et nous rappelle à quel point la soul symbolise la musique à l’état pur. A l’état pur, il y en a du talent dans cet album, même si certains diront que la structure est un peu similaire, l’essentiel est là : nous livrer un album soul agréable et authentique. Il est alors peu surprenant de savoir que le jeune homme a débuté par le gospel tant l’amour pour la musique noire transpire réellement de cet opus.
Les qualités du jeune homme sont indéniablement immenses, ses capacités à manier cette essence brute nous déconcerte au fil des morceaux sans pour autant rendre le tout étouffant ou caricatural.
Bien au contraire, l’album est délicieusement frais et dense, sa justesse nous fait parvenir ces effluves jazzy avec lequelles on a envie de s’enivrer.
- Bahi
Hocus Pocus – 16 pièces
13/05/10
Hocus Pocus n’en est pas à son premier album. Pour faire une histoire courte, c’est son opus « 73 touches » qui l’a fait connaître en 2005, il a enchaîné par la suite avec «Place 54» qui lui a bénéficié d’une médiatisation plus importante en France. La singularité du groupe réside dans sa composition car il compte un batteur, un guitariste, un bassiste, un dj, un pianiste, un « emcee» et compositeur, qui est « 20syl ».
L’album «16 pièces» suit la même recette : des samples de jazz et de hip hop, un son très acoustique et des textes simples et efficaces. Il faut préciser que 20syl n’est pas un rappeur qui va privilégier la technique, les ego trips ou traiter des sujets habituels. Ses textes sont justes et bien écrits, parfois teintés d’humour et d’ironie mais qui respectent toujours une thématique précise. Dès l’intro, on ressent cet atmosphère très hip hop et musicale, le tout est très agréable avec le refrain de la chanteuse Alice Russel. La deuxième piste «25/06» a attiré mon attention avec la boucle de piano un peu mélancolique et le texte très bien travaillé fait le parallèle entre la médiatisation exagérée du décès de Michael Jackson et des guerres dans le monde. Plusieurs thèmes sont traités dans l’album comme celui de la paternité sur « Papa » ou l’envie de rébellion sur « le majeur qui me dérange » mais les pièces ont malheureusement tendance à trop se ressembler dans ce qu’elles dégagent.
Pour les collaborations, on retrouve les deux membres du groupe américain The percussion (Stro the 89th Key et Mr J), avec qui ils avaient déjà collaboré auparavant, qui livrent une bonne performance nous rappelant un peu les rappeurs New-Yorkais des années 90, surtout sur «Signes des temps». On retrouve Akhenaton sur la piste 3 qui livre un bon couplet mais on ne sent pas de cohésion entre lui et 20syl, la pièce «Équilibre» est un peu plus réussie avec Oxmo Puccino qui transpose son univers avec facilité. Il y a quelques interludes instrumentales sur l’album mais elles n’ajoutent malheureusement rien à l’œuvre d’un point de vue global. Le disque se termine sur « 100 grammes de peur » qui parle de l’instrumentalisation des médias et décrit un phénomène assez réaliste.
«16 pièces» est un bon album, fidèle au son d’Hocus Pocus mais reste moins intéressant que leur dernier «Place 54», surtout au niveau musical, qui fait preuve de moins de variétés dans les sonorités. Au final, le disque ne décevra peut-être ceux qui connaissent et apprécient déjà le groupe sans pour autant plaire aux fans de rap actuels.
- Emzed
Puisqu’il faut écouter! (Soprano – Puisqu’il faut vivre)
20/02/08

Soprano est l'un de ces artistes qui se font repérer par les majors depuis leurs débuts. Ses débuts, c'est avec les Psy 4 de la rime que ça se passe et finalement, on a droit à son album solo « Puisqu'il faut vivre ».
Un album attendu depuis longtemps et qui en a déçu plus d'un… j'ai même entendu certains dirent que Soprano avait dérapé! Il est vrai que Soprano n'a plus cette énergie qu'il avait avant, cette énergie que nous avait tous séduit, cette énergie qui nous avait tous renversé… je pense surtout au premier son que j'ai écouté des Psy 4 de la rime (« La fierté au sang »). Ce que Soprano fait maintenant est plus reposé, plus réfléchis qu'on dirait… et certains ajouteront : « Une chance qu'il y a Mino! ». Sachez que Mino est le protégé de Soprano, Street Skillz et ceux qui le savent ne s'empêcheront pas de dire : « Espérons que Mino ne se laissera pas influencer par Soprano! ».
Cet album est très personnel, je pourrais même dire intimiste car sur cet album on voit que Soprano demeure un homme avant tout, avant même d'être rappeur. Par exemple sur le morceau « Bombe humaine », il parle de lui, qu'il est comme n'importe qui d'autres et que lui aussi est capable de péter les plombs… mais qu'il faut vivre avec ça et puisqu'il le faut, autant essayer d'avancer aussi positivement que c'est possible et d'écrire de façon à réfléchir les gens qui écouteront. On comprend donc mieux pourquoi, il délaisse cette rage qu'il avait à ses débuts!
Parfois, on dirait que Soprano a manqué d'inspiration au moment de faire cet album… était-ce voulu? Mais il est clair que d'ajouter « Moi, j'ai pas » à l'album alors que ce morceau a fait le tour de la planète, c'est quand même une preuve de faiblesse et cela sans parler du remix de « Tant que Dieu » alors que tout ce qu'il y a de nouveau sur ce morceau est Mino qui remplace les deux artistes du morceau original! Je comprends que Soprano veut mettre Mino de l'avant par tous les moyens mais quand même pas au péril de sa propre carrière, non?
Je ne serais pas prêt à dire que Soprano a baissé de niveau comme certains, simplement que les choix qu'il fait n'aident pas vraiment sa carrière. Oui, c'est un album « À la bien » comme il le dit si bien mais le thème abordé dans l'album est principalement la mélancolie et donc cet album, on ne l'écoute pas lorsqu'on déprime car sinon on ne s'en sortira jamais!
Un album a écouté avant d'acheter, certains sites offrent des extraits de l'album gratuit avant d'acheter. Un album qui saura plaire aux vrais fans mais qui aura beaucoup de mal à aller chercher un auditoire qui le connaîtrait mal. Pas vraiment une déception… mais pas loin!
7/10
Pistes à écouter:
- Halla halla
- Juste fais-le (ft. Le rat Luciano)
- Welcome (ft. Psy 4 de la rime)
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C’est du Mino… enfin! (Mino – Rétro-perspective & Il était une fois…)
20/02/08

- C du Mino
- Bretzel
- L’enfer du devoir (ft. Stone Balck & Soprano)
- Péplum (ft. Mojo, RPZ & MHS)
- De mes nuages
- Stalag 13 (ft. Soprano & La swija)
- Entre dans le 13 (ft. Psy 4 de la rime, Sat, Le rat Luciano, …)
- Solide et coriace (ft. La swija)
- Mars (ft. Soprano)
- Libertad (ft. Soprano)
- On naît, on vit, on meurt (ft. Psy 4 de la rime, L’algérino & Stone Black)
- Cri de colère (ft. Césarë)
- Fervent soldat (ft. Césarë)
- C’est du Mino
- Petite histoire
- Street skillz anthem (ft.L’algérino, Segnor Alonzo, Césarë, Don Vicenzo & Soprano)
- Le talent au bout des lèvres (ft. Sat & Soprano)
Rétro-perspective (mixtape) : CD2
- Évasion
- J’rap
- J’reste au front (ft. Soprano & Mystik)
- De l’opéra à la plaine (ft. Keny Arkana, Kao Domb’s, Louiza, Rap’as, Sista Micky, …)
- Vivre libre (ft. Syndikat)
- Le prix à payer
- Sale de sale
- Mino and Sat (ft. Sat)
- Des voies se posent dans ma ville
- Freestyle Mars All-Star (ft. Faf Larage, Le 3e oeil, …)
- L’enfant du vieux port (ft. Segnor Alonzo)
- Freestyle radio
- État des lieux (ft. Sat & Don Choa)
- Tétards de Mars (ft. Soprano & Don Diego)
- Freestyle 132 All-Star
- Freestyle radio
Il était une fois…
- Le monde me suffit pas
- Il était une fois Mino…
- On lâche rien!
- Deviens ce que tu es (ft. Soprano)
- Alone in the street
- Le fruit de mon époque
- Un homme blessé (ft. Don Diego)
- Cdumino 2007
- Ma traversée du désert
- L’enfant du vieux port (ft. Segnor Alonzo)
- Personne est innocent (ft. Médine)
- Mariah (ft. Léa)
- Quand le coeur en vient aux mains
J'attendais ce projet depuis si longtemps que je ne saurais expliquer en quelques lignes la joie de l'avoir finalement entre les mains! Je profiterais donc de ce texte pour vous faire une critique brève de la mixtape de Mino parue en 2005 (« Rétro-perspective ») et j'enchaînerai avec la critique du street-album tant attendu!
Si vous avez été comme moi, à suivre Mino sur les divers sites dédiés au Hiphop en France, sur les diverses émissions radios dédiées au rap où il allait faire quelques freestyles… dont un mémorable, justement réunissant un site de rap français et une radio française, où il nous prouve qu'il a de bons poumons et nous surprend non seulement par son improvisation mais aussi par son jeu de mains! (vidéo) Donc si vous étiez comme moi, vous deviez attendre le street-album depuis aussi longtemps que moi et vous vous êtes sans doute procuré la mixtape (aussi bien que mal) réunissant ses meilleurs morceaux et trois freestyles dont un avec Faf Larage, Le 3e œil et plusieurs autres artistes!
Oui, cette mixtape est bourrée de featurings! Il est clair que le but premier de cette mixtape est de mettre en évidence le talent de Mino et si ses collaborations passées (Fonky Family, Psy 4 de la rime, Keny Arkana, etc.) peuvent aider autant les intégrer dans le projet! Nous pourrons donc écouter Mino depuis ses débuts (en featuring avec Sat de la Fonky Family, par exemple) jusqu'à ses plus récents sons.
Mais quelle joie de ré-entendre « Bretzel » ou « L'Enfer du devoir » en featuring avec Soprano et Stone Black! Je croyais connaître la plupart des chansons de Mino et en voyant cette mixtape de 33 tracks, je réalise que j'étais bien loin du compte, plusieurs belles surprises (« Vivre libre », « Fervent soldat », etc.) mais après quelques écoutes de cette fameuse mixtape, on ne déplore qu'une chose : Mino pose rarement seul!
Chose qu'il corrigera sur le street-album! Et quel régal! C'est du Mino, tel qu'on en voulait… ou presque. Ou presque? Oui, car j'avais écouter le premier single du street-album (« On lâche rien »), j'ai vu le clip… que du lourd! On y voit Mino avec cette énergie dont il nous a habitué depuis ses débuts, il n'a rien perdu car tout au long du street-album il nous offre ses lyrics sensés, son flow demeure impeccable… rien à dire à part de : C'est du Mino! Mais sur la grande majorité du street-album il a moins d'énergie, en gros ce street-album ressemble beaucoup au premier album solo de Soprano… ce qui n'est pas mauvais, mais quand même décevant alors qu'on s'attendait sans doute à quelque chose de plus énervé, plus enragé, plus dynamique.
D'accord, je suis conscient que ce street-album a été fait sur un coup de tête au départ afin de montrer ce dont était capable Mino en solo… ce qui manquait gravement à la mixtape parue deux ans avant ce street-album. Ce qui est bien, on en avait besoin et lorsqu'on y pense c'est un 13 titres dont 12 inédits, c'est du beau travail en si peu de temps! Par contre, il reconnaît lui-même que ce street-album manquait peut-être un peu de vitesse et il promet de le corriger pour l'album. (vidéo)
Ça demeure quand même un disque à se procurer, bourré d'inédits et d'excellents featurings (rares mais de qualité), des intrus intéressants et du Mino a son meilleur… ou presque! Donc d'ici l'album « Quand le cœur en vient aux mains » (pas de date encore) vous pouvez vous procurer la mixtape « Rétro-perspective » et visionner « On lâche rien »… et d'ici peu le clip de « Alone in the street » (pas de date non-plus).
8.5/10
Pistes à écouter:
- Bretzel
- Vivre libre (ft. Syndikat)
- On lâche rien !
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Tournée générale! (Segnor Alonzo – L’apéro)
20/02/08

Avant tout faudrait préciser que ce n’est pas l’album de Segnor Alonzo, c’est plutôt la compilation de TSE music. Il ne sera donc pas étonnant de voir les artistes de ce label aussi présents qu’ils le sont sur le disque.
Dès les premières secondes de la compil’, on est embarqués dans une ambiance de bistro avec des potes qui délirent ensemble et une musique de fond qui est loin de ressembler à du rap… « Tournée générale » est ce que les gens présents diront à la fin de l’introduction!
Ensuite? Des paroles d’espoirs, « The world needs you » nous consolera, nous rassurera car apparemment le monde a besoin de nous… et une liste incroyablement longue qui aurait besoin de nous, le tout sur un beat entraînant un hymne contre le suicide presque, contre la déprime et la mélancolie pour sûr!Un disque varié et plaisant à écouter. « Minuit » est un peu le « À 5h du mat’ » de l’Alliance Ethnik du nouveau millénaire! Mais quand même surprenant comme track, tranquille bien posé et tout mais demeure une bombe dans la compilation! Quant à « On vous aime tant » avec presque la totalité du label réunit sur ce morceau, c’est encore une fois des paroles d’espoirs pour tous ceux qui ont souffert de la famille ou des amis ayant perdus la vie. Voilà pour les chansons clipées.
Pour les autres, je dois avouer avoir été agréablement surpris par « Jette ton splif » avec quelle haine on est embarqué dans ce son par Ghost Dog! Je dois dire que cet artiste me surprend de morceau en morceau… j’espère seulement qu’il saura garder cette énergie tout au long de sa carrière contrairement au Psy 4 de la rime, même si Segnor Alonzo en garde un peu en réserve! Mais ce son est l’un des plus dynamique de l’album avec « C’est pas le rap à ton père » qui a une haine incroyable et je dois avouer être extrêmement ravi d’être au Québec car on est les seuls au monde à pouvoir bénéficier d’un remix pour cette chanson! Sans Pression arrive aisément à tirer son épingle du jeu, mais j’aurais tellement voulu l’écouter plus longuement sur le morceau… il a à peine quelque secondes! Vraiment dommage… mais bon il arrive à sortir son épingle, espérons que ce ne soit que le début d’une longue collaboration Québec/France!
Un album à se procurer d’urgence! Non seulement parce que c’est une des meilleures compilation parue depuis quelques temps à Marseille, avec de l’énergie et une variété incroyable… mais aussi, pour le featuring de Sans Pression… achetons l’album ici, au Québec pour montrer à TSE Music qu’on apprécie qu’ils collaborent avec nos artistes et aussi qu’il a su choisit l’artiste!
9/10
Pistes à écouter:
- Minuit
- Jette ton splif (ft. Jocker & Ghost Dog)
- C’est pas le rap à ton père (ft. Soprano)
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Critique de « Salif – Boulogne boy »
3/07/07

Après un premier album qui passa presque inaperçu (« Tous ensemble, chacun pour soi » – 2001), un échec commercial et pourtant avec nombreux bons morceaux (« Faut que les gens comprennes », « Elle est partie », « Jactez, j'm'en bats les couilles »), Salif revient avec un street-album (« Boulogne boy »)… « L'album avant l'album » comme il dit, lui-même!
Salif, avec son ami d'enfance EXS, forme le groupe « Nysay » depuis 1995. Un peu grâce à Lunatic et leur groupe « C de la balle » et grâce à Zoxea et ses compilations « Beat 2 Boul' », Salif finit par signé avec « IV my people ». Label que quittera l'artiste peu de temps après que « Nysay » aie sorti son deuxième street-CD (« L'asphaltage »), pour « ne pas disputer le match de trop » nous assurera Salif, mais il aura été beaucoup présent encore sur le dernier projet de « IV my people » (« IV my people mission »).
Déjà avant que ce street-album ne voit le jour, ils étaient plusieurs à dire que Salif avait changé depuis « Tous ensemble, chacun pour soi ». Ses textes, son flow, Salif avait changé et on s'attendait au pire pour son prochain projet solo (Boulogne boy). Salif avoue lui-même (« Outro ») qu'il a peut-être changé, qu'il est peut-être devenu un peu froid.
Peu de promo' autour de ce street-album, ce qui est un peu triste. Mais Salif a toujours un flow unique, même s'il y en a pour dire qu'il prit le flow de Booba! Par contre son flow est bien racailleux, une boucherie pour plusieurs. Les lyrics sont toujours recherchés et il garde la barre haute. Pour les thèmes du street-album, il est plutôt personnel mais aussi bien varié: critique (« Yoyo », « Macadam flight »), provocant (« Remballe », « 92 FM ») et touchant par d'autres moments (« Enfance gâchée », « Spéciale dédicace », « Outro »).
Un street-album qui plaira aux fans de Salif mais aussi, à ceux qui aimerait un excellent album varié et de qualité. Ceux qui diront le contraire… et bien, écoutez l'outro de l'album!
Pistes à écouter:
- Macadam flight (ft. Segnor Alonzo)
- Ghetto youth
- Spéciale dédicace
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Critique de « Mac Tyer – Le général »
3/07/07

Non! Mac Tyer n'est pas là pour faire ses preuves, il n'est pas à son premier album. Il fait partie de Tandem avec Mac Kregor et ensemble, ils ont sortit quelques bombes d'albums déjà. Mac Tyer a.k.a. Socrate est à son premier album solo, mais ses preuves ont déjà été fait!
Comme premier projet solo, Mac Tyer nous offre un double-album, 25 titres en tout et si ce n'est pas assez pour nous impressionner: le livret de son album est glacé, mais tellement glacé que je pouvais voir mon reflet en lui. Je doute qu'il ait déboursé davantage pour que son livret nous serve de miroir, mais plutôt car glacé comme il est, scanner le livret devient très difficile. Bien joué, Monsieur Socrate! Sinon… à l'arrière du boîtier, nous le voyons dans une pose qui ne manquera pas de rappeler « Le penseur », sculpture de Rodin. Habillé tout en noir, montre noire et lunettes noires, tout ce qui ressort de ses habits sont les deux logos de Nike… espérons qu'ils ont payés pour ce coup de promo'!
Lorsque Mac Tyer avait annoncé son projet solo, on avait tous d'énormes attentes et on ne lui laissait que peu de place pour l'erreur. Lorsque finalement, le double-album s'est retrouvé dans les bacs, ils étaient plusieurs à le qualifier de « déception ».
Pourtant, ce rappeur préfère déjà plus le style south aux autres styles, il n'est donc pas étonnant de voir que la plupart des tracks sont dans cette veine. Nous remarquerons aussi que ce rappeur est plus à l'aise lorsqu'il parle de la rue et de la vie reliée à la rue. Il parle des manifestations en France, de Sarko', mais aussi nous racontera quelques anecdotes de son cru (« Pacman », « Jeunes parents », « Suicide carcéral »).
Plusieurs seront déçus de cet album, en le comparant aux albums sortit du duo de Tandem, et ces personnes n'auront pas totalement tort. Mac Tyer tombe dans le (un peu trop) commercial, peut-être qu'un double-album était trop pour lui. On comprend qu'il aie peut-être tenté de faire quelque chose de différent que ce qu'il fait avec son groupe… mais ceci est un peu trop différent!
Je serais injuste de passer sous silence la présence de Mac Kregor (l'autre moitié de Tandem), Kery James, Wallen et Booba, pour ne nommer que les plus connus et ils ne manquent de monter le niveau de qualité de l'album. Mac Kregor est présent sur un superbe son, extrêmement entraînant, un son à ne pas manquer… vous pouvez vous rendre sur le site du label de Mac Tyer (Because) et/ou sur VirginMega pour écouter un extrait de ce son ou pour le downloader légalement! Moins connu mais extrêmement étonnant, Toma amène des airs de reggae au flow Hiphop de Mac Tyer ce qui en fait une excellente réussite.
Donc un album peut-être un peu trop commercial… peut-être un peu trop loin de ce que Mac Tyer nous avait offert jusqu'ici avec Tandem, peut-être que ce projet n'est pas pour ceux qui savent! Finalement un double-album qui saura plaire aux plus jeunes d'entre vous, aux fans inconditionnels de Tandem… pour les autres, attendez l'album de Mac Kregor!
Pistes à écouter:
- Petit frère / petite soeur
- Tu vas pleurer (ft. Mac Kregor)
- Rebellion (ft. Toma)
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Critique de « Écoute la rue, Marianne »
28/06/07

« Le RAP devait le dire… la république devait l'entendre »
Lorsque j'ai entendu parlé de ce projet la première fois, je n'y croyais pas trop: une compil' indépendante avec plusieurs gros noms de la scène française et composée entièrement de sons inédits? « Impossible! », me suis-je dit. J'avais du mal à le croire, je me suis dit que le disque serait inondé de freestyles et de morceaux hors-concept. Il faudrait peut-être que je précise que le concept est clair et précis: faire un disque politique pour représenter la rue… pour faire entendre à la France (« Marianne ») les artistes venus de la rue… En fait, pour comprendre extactement le concept du projet il faut lire la première page du livret: une petite lettre pour Marianne où Ange Lonis (concept, réalisation et procution déléguée de « Écoute la rue, Marianne ») explique parfaitement le but de cette compilation, où il lui prit d'écouter la rue, d'écouter les fils de la France, où il prit Marianne d'écouter ses enfants!
Une compilation indépendante, réunissant trente-six artistes de la scène française, trente-six rappeurs et que des sont inédits! Le but fût atteint et bien entendu, il a fallu mettre ça en deux disques… une compilation-double!
Le premier disque commence avec « L'émeute » de Black Jack et ça me pousse à penser que le projet a dû naître dans la tête (et sans doute le coeur aussi) de Ange Lonis lors des émeutes en France l'année dernière. « L'émeute » est un retour à ces évènements et une excellente introduction à cette compilation. Nous serons loin du commercial, loin du gangsta RAP, loin du RAP pour pré-adolescents… nous sommes dans le RAP engagé, dans le RAP hardcore (quelques fois), nous sommes plongé dans le RAP politique d'un façon extrêmement bien réussie que même moi qui a l'habitude de l'éviter, j'ai été formidablement surpris et séduit!
Je tiens absolument à souligner l'excellent morceau de Princess Aniès en duo avec Amara, un track qui tente de nous montrer les deux côtés de la médaille. Ce que « Marianne » pourrait dire à la rue et ce que la rue veut dire à « Marianne ». Un excellent duo, un excellent débat, un excellent concept. À écouter d'urgence, ne serait-ce que ce track-ci!
En fait cette compilation parle des critiques sociales (« Namor – Fier d'être français? »), des bavures policières («Éloquence – Indigènes (ft. Apôtre H) »), des préjugés raciaux (« Al Peco – Tu te trompes »)… une compilation double-album qui est sortit avant les élections présidentielles en France et qui a dû donner des sueurs froides au nouveau président français: M. Sarkozy!
Approximativement deux heures et demie d'écoute qui dénoncera la déformation de l'information par les médias français et nous permettra aussi de visualiser les différences entre les vies des habitant des quartiers aisés et de ceux des habitants des quartiers moins favorisés. Un compilation qui mettra le doigt là où la droite ne voulait pas. Ces disques sauront plaire non seulement à ceux qui écoutent du RAP politique mais aussi à ceux qui ont suivit les manifestations en France et dernièrement l'élection présidentielle. Non seulement à ceux qui aiment écouter les compil' réunissant plusieurs artistes de renoms, mais aussi à ceux qui aiment découvrir de nouveux talents. Une compilation qui saura plaire à plusieurs, à se procurer d'urgence!
Pistes à écouter:
- Princess Aniès – Pourquoi tu m'entends pas? (ft. Amara)
- Jacky Brown – Le débat (ft. Salif)
- Médine – Marianne a tout pris (ft. Ibrah)
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Critique de « Sefyu – Qui suis-je? »
28/06/07

Cet artiste je l'ai connu sans doute comme plusieurs: sur « Patate de forrain » de Seth Gueko, un son qui en surprit plus d'un (moi y comprit) et un clip qui fit monter le buzz davantage, à un point tel qu'il est presque impossible de n'avoir pas entendu parler de ce son. Ensuite est venu « La vie qui va avec », ce qui nous montrait que Sefyu n'était pas seulement que des bruits de gun sur un beat mais un rapeur entier capable de monter un texte capable de soulever les foules et blesser ceux qui se sentiraient visés!
D'accord, je dois avouer que j'ai eu du mal à bien apprécier cet artiste: un peu trop violent à mon goût. Après plusieurs écoutes et m'être bien penché sur ses textes, j'ai commencé à comprendre sa haine (justifiée) et même à partager son délire. Inutile donc de dire que lorsqu'on m'a proposé son premier album solo (« Qui suis-je? »), j'étais bien intéressé afin de mieux voir ce dont il est capable!
Dès la premier écoute, je n'ai pas été déçu, j'ai été séduit. Des textes bien construits, un flow unique et sans trop de violences gratuites. À la deuxième écoute, j'ai donc beaucoup apprécié à le voir se présenter à sa façon (« Senegalo-Ruskov », « Goulag »), donner des conseils (« L'ennemi », « La vie qui va avec ») ou tout simplement, parler de la vie (« En noir et blanc », « Faits divers »).
Sefyu nous offre un album varié et extrêment réussit, un album qui saura plaire à plusieurs. Pour ceux qui douteraient encore de cet artiste, c'est l'album à se procurer. Pour ceux qui doute encore à se le procurer, ne doutez plus… vous ne regretterez pas cet achat. Ses interludes ne manqueront pas de vous faire rire, ne les skippez pas!
Pas étonnant qu'il soit un phénomène en France, un des artistes les plus en vue, invité à plusieurs plateau de télévision pour discuter de plusieurs sujets et non seulement pour promouvoir son album. Il a su s'entourer pour cet album: de bons beats, de bons featurings… enfin presque tous bons, je ne peux passer sous silence cet énorme point négatif. Sur le premier single de l'abum (« La vie qui va avec »), tout est merveilleux: l'instrumental, le flow de Sefyu, ses lyrics… tout! Sauf que lorsque Kuamen embarque, il vient un peu briser l'énergie que Sefyu avait amené depuis le début du track (ne parlons même pas de l'album). Par contre, il se rattrapera sur « Faits divers » avec deux autres artistes (RR & Baba), un excellent track à écouter absolument.
Un album que je recommande fortement à tout le monde, à ceux qui aiment le RAP réfléchi, comme ceux qui préfère le RAP qui porte à réfléchir, aussi à ceux qui aiment le RAP hardcore ou gangsta, à tout le monde! Attention… c'est du talent brut!
Pistes à écouter:
- L'ennemi (ft. Sana)
- La vie qui va avec (ft. Kuamen (NCC))
- Faits divers (ft. RR & Baba (NCC))
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Critique de “Chroniques II Mars vol.2”
24/05/07

Le premier volume des « Chroniques de Mars » (1998) avait été produit par le label d'Imhotep (Kif Kif productions) et je me souviens avoir été tout de suite accroché par autant de talents présents sur cette première grosse compilation marseillaise! Particulièrement accroché par le track de Faf Larage et son frère Shurik'n (« La garde meurt mais ne se rend pas ») qui fût sans doute à l'origine de l'album de ces deux même artistes (« La garde » 2000).
On a dû attendre neuf ans avant de pouvoir entendre la suite des « Chroniques de Mars », c'est toujours produit par un marseillais, toujours par un membre du groupe Iam mais sans doute le plus discret du groupe, Kephren, mais Imhotep est très présent dans la suite des « Chroniques de Mars ».
J'avais entendu dire que ce volume deux nous permettrait de découvrir plusieurs artistes de la relève marseillaise et du coup, je m'attendais à voir cette compilation avec plusieurs sons de Mino, RPZ, Médine, Ghost Dog ou Ahamada Smis. Déception, Mino y est présent qu'une seule fois avec Akhénaton en featuring (« Emporté par l'élan ») le son est une merveille mais j'aurais aimé l'entendre sur plus qu'un track… les autres sont complètement absents du projet. Aussi du côté des platines, je m'attendais à voir DJ Khéops, DJ Djel ou Cut Killer (après l'avoir vu aux côtés de DJ Khéops pour la mixtape du groupe Iam « Official mixtape », je crois que le rêve m'était permis)… mais non, les seuls DJs présents sur la compil' sont DJ Faze, Imhotep et Sya Style qui sont excellents mais je crois qu'amener DJ Khéops, DJ Djel ou Cut Killer aurait pu varier les instrumentaux et plaire à plus de personnes encore. Malgré les absents, le tracklist demeure très prometteur.
Bien entendu, amener des artistes qui ont déjà pu faire leurs preuves ne nuira pas au projet (Segnor Alonzo, Freeman, Faf Larage, Don Vicenzo, Don Choa, Sako des Chiens de Paille, Bouga, Sat, Shurik'n, Keny Arkana, L'Algérino, K.Rhyme le roi ou Akhénaton), mais j'avoue ma surprise en voyant que Soprano y est absent du projet alors que les autres Psy 4 de la rime brillent par leurs performances.
Il est drôle aussi de voir Faf Larage qui a joué les procureurs dans la trilogie du groupe Tandem (« Le jugement »), il revient dans la même idéologie dans, il joue le juge séquestré (« Mr. Le juge »), un peu dans le même genre de « Le dilemme » de son premier album (« C'est ma cause » 1998). Bien que son dernier album (« RAP stories ») ait déçu plus d'un, c'est un track à écouter que pour le sujet abordé!
Cette compilation n'a pas de concept précis et abordera donc des sujets variés, sans doute pour laisser les artistes aborder des thèmes où ils sont le plus à l'aise. Nous remarquerons que la plupart des artistes excellent dans leurs chansons. Nous remarquerons entre autres Kx Andolini, Segnor Alonzo et Lil' Saï (« La chronique vient de Mars… ») qui créent une belle harmonie, tout comme La mèche, Freeman et Timon (« On se démerde »).
On ne pourra pas passer sous silence le track de Keny Arkana et de L'Algérino, sans doute les lyrics le plus sensés de toute la compilation. Je suis conscient que L'Algérino n'est pas le favori de tout le monde, par contre sur ce son il mérite qu'on lui prête l'oreille car même Keny Arkana lâche un peu sa rage pour nous offrir un track extrêmement bien réussit. D'un autre côté, Mino se surpasse aux côtés de Akhénaton avec un son tranquille, entraînant et réfléchit.
Finalement, une compilation qui n'atteindra pas les attentes qu'on se faisait avant le visionnement du tracklist, mais qui saura nous surprendre avec autant de talents et qui mettra la barre haute pour les prochaines compilations de Marseille.
Pistes à écouter:
- Aymen – Mr. Le juge (ft. Faf Larage)
- Keny Arkana – Face aux passions (ft. L'Algérino)
- Mino – Emporté par l'élan (ft. Akhénaton)
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