Critiques de shows

Photos #Francos 2011 : Popstar

Popstar était sur la scène urbaine durant la dernière soirée des Francos 2011. Ça se déroulait à 20h00, en même temps que le show de l’année du site qui ressemble un peu au nôtre. Je l’ai donc pratiquement tout manqué. Il devait rester une vingtaine de minutes quand je suis arrivé. Tout était déjà très réchauffé ; Popstar mais surtout la foule. C’est encore une fois ce que j’ai le plus remarqué. Avec une petite différence : la présence des groupies. J’ai dû me boucher les oreilles plusieurs fois parce que les cris étaient trop pénibles. Y avait tout de même aussi beaucoup de monde qui chantait les tunes, un peu partout dans le crowd. Popstar a des fans, ça y a pas de doute. Mais ce que j’ai remarqué aussi, c’est que le rappeur, comme je l’ai déjà dit, sait très bien ce qu’il fait. Le gars a un gros flow, très on beat. Des fois, quand tu écoutes du rap à la maison, tu t’imagines que l’artiste a peut-être très bien pratiqué ou recommencé souvent en studio… Mais non, Popstar a un talent live et, ça, c’est pas tout le monde qui l’a. À revoir.

Crédit photos : Samuel Daigle-Garneau (Hiphopfranco.com)

Photos #Francos 2011 : Manu Militari

Bon, la semaine d’enfer est finie. Fini l’ostie de Molson M pis le mal de tête à chaque matin. Même pas le temps de récupérer avant de retourner voir d’autre show, en plus. Décidément, je peux dire que j’en ai eu pour mon argent pendant les 8 jours des Francos. Par exemple, j’suis un peu moins fier d’avoir contribué « à la gratuité du festival », ceux qui étaient là vont comprendre. En fait, c’est le même texte que la p’tite madame disait avant chaque ostie de show : acheter de la bière sur le site aide à la gratuité des Francofolies. Come on, si t’as assez d’argents pour  »tager » tes p’tits verres en plastique, me semble que… What ever.

Donc, 18 juin 2011, 23h00, c’était Manu Militari qui clôturait le festival. Je venais juste de le voir au Club Soda et disons que j’avais peur parce qu’il était un peu endormi là-bas. Pis première chose qu’on me dit en arrivant, c’est : tu sais qu’après la troisième chanson tu ne peux plus prendre des photos. Ça commence mal. Surtout quand tu veux prendre le concert en images. Tsé, c’est correcte quand t’es un journaliste… Tu as juste besoin de prendre 2 ou 3 photos pis tu prends la meilleure pour afficher en tête de ton article. Tsé, Moi c’est pas ça que je fais là. Anyways, peu importe.

Mais l’ensemble du show ne pouvait juste pas me décevoir. C’est le meilleur que j’ai vu de Manu Militari. Le crowd était ben trop présent. Gueulait chaque chanson. Manu aurait pu oublier quelques lines et la foule l’aurait remplacé facilement. C’était quelque chose. J’avais tout simplement jamais vu ça. Ça donnait une ambiance assez unique. Et Manu, lui, parlait au crowd, expliquait les tracks. Y a même lancé une petite flèche à Cœur de Pirate, grosse réaction de la foule. On a eu le droit à d’autres a cappella du prochain album. La réponse à Ryan est super. Manu se met dans la peau d’un afghan qui se fit piler sa terre natale. Je suis content qu’une personne relativement connue prenne la parole pour dire des trucs du genre à un public qui ne prend pas nécessairement la peine de s’informer. Qui se fit peut-être aux préjugés qui roulent. C’est rare qu’on entend un discours comme ça. Bref, Manu Militari m’a encore prouvé qu’il est un visage unique dont on a besoin dans le rap québécois. Et pas juste dans le rap, dans la musique québécoise carrément. Vent de fraîcheur. Sur ça, je m’en vais dormir une semaine et je reviens avec d’autres photos des Francos.

Crédit photos : Samuel Daigle-Garneau (Hiphopfranco.com)

Photos : Webster @ #Francos 2011

Mardi soir, c’était le tour de Webster de fouler les planches de la scène urbaine des Francos. C’était un des shows hip-hop que j’attendais le plus. En fait, sûrement un des seuls si on oublie Alaclair Ensemble.

Bon alors, 10 minutes avant que ça commence, j’ai quitté le concert de Gerry Boulet, très déçu, pour me diriger voir ce rappeur de Limoilou. Je suis arrivé juste à temps pour le début. Parfait timing. On nous a flanqués un beat avec de la grosse bass dès le départ, assez pour nous déstabiliser. J’avais l’impression d’être dans un club hip-hop. Mais j’ai été tout de suite rassuré entre deux «Abuzive Musik» et «Webster», gueulés au micro. Après cette intro, Webster a continué le show en gardant une très bonne énergie, tout le long de son set.

On a eu droit à un bon mélange de son répertoire : des tunes de son dernier album, Le vieux de la montagne, de son premier, Sagesse Immobile, quelques chansons de Limoilou Starz qu’il a chanté en solo (ou avec Loki) et une du dernier de Showme, Armes d’instruction massive. Webster avait donc amené ses invités : en plus de Showme et Loki, Karma Atchykah et Karim Ouellet étaient de la partie. Petite déception par contre quand j’ai vu KenLo dans le crowd, tout juste après avoir écouté Des armes ou des vivres et Anti-système, deux morceaux où il figure normalement. Mais la passe où le DJ a scratché les vinyles m’a tout fait oublier. Complètement fou, j’avais pas vu de quoi du genre depuis Dj Nerve. Je me souviens pu si c’était avant ou après l’avoir croisé. C’est flou dans ma tête. Je m’en venais chaud, je tenais la bière d’une main et la caméra de l’autre…

Eh oui, j’ai encore des photos pour vous (et faut toujours cliquer pour agrandir) :

Crédit photos : Samuel Daigle-Garneau (Hiphopfranco.com)

La fin des Francouvertes 2011

Loco Locass, NSD, Arvida Crew et Micros armés sont parmi les rares groupes hip-hop à avoir participé aux Francouvertes. Mardi dernier, c’est Karim Ouellet qui venait honorer le genre en participant à la finale de la 15e édition. Sa pop-soul-reggae-hip-hop allait-elle subjuguer la foule et les juges ? Il fallait que Hiphopfranco se rende aux premières loges de l’événement pour insuffler un bon karma à Karim.

Malgré qu’il soit le seul des trois finalistes à avoir fait paraître un vrai album en magasin, Karim est probablement celui qui avait le moins de public dans un Club Soda bondé de places assises. Un élément à ne pas négliger dans une compétition où le vote du public compte pour 50% du résultat final.

Peu importe, vers 20h15, le rappeur de Québec était fin prêt à monter sur scène pour affronter un public divisé qu’il allait rapidement rendre sien. Son arme ultime : son charisme, puis ses remarques sympathiques, sa voix juste. Il y a également ses compositions éclectiques et contagieuses qui font taper du pied.

Météore commence justement bien le bal. Derrière lui, ses musiciens – dont ses collègues de Movèzerbe, Eman , Claude Bégin et AbidboX – s’exécutent avec finesse, jouent avec précision, tout en laissant toute la place à Karim.

Les autres moments forts sont nombreux. Il y a Le monstre et son éclairage apocalyptique, En couleurs avec son rythme saccadé, mais léger, Catastrophe – la dernière – avec sa mélodie déchaînée zigzaguant entre le rock et l’électro,… Il ne fallait pas s’emballer tout de suite, mais disons que Karim avait de très bonnes chances de s’en tirer avec les honneurs. Surtout à la vue de la prestation de Chloé Lacasse, la 2e finaliste. Sa pop-rock fade, formatée pour les radios commerciales, n’avait sérieusement pas grand-chose à offrir de bien intéressant.

Restait le 3e participant : Canailles, un groupe folk/country improvisé au Parc Lafontaine, dans la lignée du gagnant de l’an dernier, Bernard Adamus. Leur énergie était palpable, certainement, et la foule embarquait, dansait même. On avait un peu peur pour notre favori, on l’avoue.

Mais on a eu encore plus peur quand – avant la nomination des gagnants –, Loco Locass est venu faire semblant d’être encore dans la game, presque sept ans après la parution de leur dernier album. Pour l’occasion, une nouvelle chanson qui parle de bouger son joufflu (??) avec un beat ultra mauvais et démodé qui n’aurait même pas été cool à l’époque de Lady Sovereign.

En bout de ligne – on le sait –, Karim a terminé deuxième, et c’est la chanteuse plate qui a gagné. Avec ce qui venait de se passer le jour d’avant au Canada, laissez-moi vous dire que le deuxième échec en deux jours a été difficile à accepter.

BMC, le groupe de shows

7 juillet 2006 : c'était la date du show de BMC au cabaret chez Clo-Clo, coin Bélanger et St-Hubert, à Montréal. Au même coin de rue, il y avait aussi des festivités pour la soirée de la vente trottoir de la Plaza. Mauvais concours de circonstances qui bloquait de beaucoup la vue de l'enseigne de ce bar, mais qui n'a pas empêché le public du groupe de se déplacer.

Car BMC a un public qui lui est fidèle et qui lui répond particulièrement bien. Longue salle, petite piste de danse entre le stage et une foule de tables de cabaret, l'ambiance BMC est placée, à côté d'une télévision présentant leur vidéoclip.

Quoiqu'on dise sur le fait que BMC soit ou non du « vrai » rap, le show lui a suivi la tradition du hip-hop voulant qu'il ne peut pas commencer à l'heure. Problèmes techniques ou logistiques, bref, j'ai tout de même pu discuter avec deux des membres du groupe, qui avaient pu lire ma critique de l'album (BMC : pas rap?), parue la veille de leur prestation. De toute évidence déçus, nous avons tout de même pu constater que nous n'avions pas les mêmes idéaux musicaux, et que c'est ce qui créait un écart entre leur création et mes attentes. Néanmoins, nous avons pu échanger sur certains aspects musicaux et textuels intéressants, et voir que les divergences seront sans doute toujours présentes.

Alors que le groupe rappaient leurs textes, commençant leur show à coup de : « Si t'aimes pas ça, j'te dis : fuck that yo! », j'ai eu la confirmation que BMC était, comme le disaient les membres du groupe et certaines rumeurs, un « groupe de shows ». Même si mon opinion sur leurs textes et leurs flows n'a pas véritablement changé, j'ai pu constaté que, si ce que je voulais avait été de passer une soirée à délivrer toute l'énergie que je voulais sur une musique apte à le faire, j'aurais été servi.

Évidemment, si vous avez aimé l'album de BMC, achetez les billets de leurs prochains shows. Dans le cas contraire, sachez que le groupe peut vous surprendre énormément par la performance elle-même, sans que celle-ci change quoique ce soit à la musique par contre. Je crois cependant qu'ils ont l'avantage de la scène, et qu'ils savent convaincre les gens de leurs shows qu'ils sont là pour eux.