Éditorial

Le Cerveau fonctionne comme avant

Tout le monde connaît Le Cerveau ici. Pionnier de la scène et freestyler de renom, il est apparu dans le décor au début des années 90. Il a grandi avec le hip-hop québécois, a participé à son évolution et à son passage de l’anglais vers le français.

« Tout a commencé au début des années quatre-vingt dix, là où est-ce que le rap des États-Unis faisait rage. Nous, on prenait des tracks US et on les traduisait en français. On faisait aussi des featurings avec des rappeurs anglophones mais en français. Par ailleurs, les shows se faisaient, en majorité en anglais, dans l’ouest de la ville » raconte Cerveau. « On a toujours cru que le rap en français pouvait se faire mais c’est vraiment en 97, 98 que le tournant a commencé. Là où la communauté a réellement pris conscience  que ce rap pouvait exister parce qu’elle avait de vrais exemples devant elle. Et puis, il avait également la (nôtre) fierté québécoise, qui fait que nous sommes pro-francophones et qui nous a amené à se questionner : S’il y en a qui le font, pourquoi nous on le ferait pas ? » poursuit-il.

Mais de ce parcours, c’est plutôt « Le Québec Assiégé », son premier album solo, sorti en 2002, qui l’a fait connaître. Qui n’a jamais entendu sa chanson Néo-Québec, qui parle justement de ce jeune homme noir si fier d’être québécois ? Ceci l’a amené aujourd’hui à refaire surface avec un nouvel album. Mais détrompez-vous, ce n’est pas un retour. Le Cerveau a tout fait pour maintenir sa présence sur scène : du ghostwriting au travail en parallèle avec d’autres artistes, des spectacles (dont une tournée avec HLM All Stars), de l’animation et, aussi, plusieurs featurings. Et il ne faut pas oublier qu’il a commencé à préparer cet album-là dès qu’il avait fini le premier. Des chansons sur le projet ont plus de 10 ans.

Le Cerveau tente donc de faire un lien entre la vieille et la nouvelle école mais faut se le dire, c’est foutu. L’influence oldschool se fait trop ressentir. Pendant notre écoute, on croit vraiment être dix, même vingt ans en arrière. À l’heure où le boombap fait rage et où est-ce que certains groupes entreprennent des retours aux sources, Le Cerveau reste naturellement à ce niveau, sans même se forcer. « Il y a des tracks où les beats sont plus actuels mais ça reste ma façon d’rapper, ça reste moi… Mes liens avec le oldschool sont très forts. Et puis, je crois également que pour faire du rap pur et dur, il faut que tu saches regarder dans les racines » explique-t-il. 

Prosetitution, le nom de l’album, porte beaucoup à réflexion (et d’autres fois à des insultes, mais ne vous inquiétez pas, Cerveau m’a promis que Maybe Watson aura son tour aux WordUP! Battles). Mais qu’est-ce que ça veut bien dire ? « La prose, c’est l’art d’arrimer les mots. De les placer un derrière les autres, ensemble. De faire en sorte que ça devienne de la poésie. Quand je parle de prosetitution, c’est l’Institution de la prose. C’est l’école de pensées où on est capable d’exprimer des idées, soit pour revendiquer des choses ou soit pour s’amuser » répond Cerveau. Selon lui, aucune des chansons ne représente pleinement l’album. C’est un tout et chaque track fait que l’album est Prosetitution.

Mais est-il bon cet album ? « Il mérite d’etre écouté au moins une fois. Par la suite, vous pourrez juger, si vous voulez le mettre de côté ou dans votre bibliothèque. Si les gens sont réceptifs tant mieux mais je ne suis pas placé pour dire si ça va marcher ou pas », confie le rappeur. J’ai affaire à un artiste très terre-à-terre qui sait tout de même ce qu’il vaut. Aura-t-on la chance d’en avoir plus ? Il s’explique : « Ma concentration présentement, c’est les shows. Je dois les préparer pour qu’ils soient tight. Préparé mentalement et physiquement. Maintenant, je peux penser qu’à faire de la musique : écrire, enregistrer et préparer mes shows. C’était différent la première fois où j’étais le premier artiste à sortir sur HLM. La compagnie n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui ». Avec un plus gros HLM, Le Cerveau pourra – on l’espère – amener son album là où il le veut.

- Samuel « krlep0ser » Daigle-Garneau

Savoir faire attendre Myspace

Myspace est une bonne plateforme pour faire connaître sa musique, mais je pense que les rappeurs québécois auraient avantage à centraliser leur contenu et leurs fans. Leur musique se retrouve sur trop de plateformes et les fans s’éparpillent. Selon moi, ça pourrait avoir un meilleur effet à long terme si tout se retrouvait au même endroit.

Plusieurs rappeurs envoient leurs fans écouter leur musique sur Myspace, alors qu’elle se retrouve déjà sur des plateformes spécialisées conçues précisément pour eux. Selon moi, c’est du gaspillage. Il faut savoir faire attendre Myspace, il ne devrait pas être la plateforme de diffusion première, pas dans un milieu où des médias de diffusion sont déjà en place depuis longtemps. Dans d’autres milieux, les artistes comptent sur la blogopshère, les web mags et les médias sociaux pour propager la musique hébergée sur myspace ou bandcamp, alors que dans le domaine du rap, des plateformes de diffusion importantes sont à leur disposition, notoriété incluse. Elles officialisent le contenu de l’artiste et confirment sa présence au sein d’une communauté active.

Je pense qu’en ne donnant pas le choix aux fans d’aller chercher leur dose musicale à une seule et même place, tout le monde y gagnerait et les fans pourraient en découvrir davantage sans avoir à se casser la tête. On voit déjà le résultat quand un rappeur rend un mp3 disponible en primeur sur notre plateforme, ses écoutes et téléchargements grimpent considérablement. Évidemment, c’est logique, parce qu’au lieu d’envoyer ses adeptes sur myspace, il les envoie chez nous, mais à long terme, si tous les rappeurs donnaient un délais de deux semaines à hiphopfranco, chaque artiste pourrait bénéficier des fans de l’autre. Il faut les regrouper et non les éparpiller.

Certains artistes nous donnent leur mp3 et attendent les résultats sans lever le petit doigt et pendant ce temps ils viennent sur notre forum faire la promotion du même mp3 sur leur page Myspace. Même si nous pouvons déjà leur offrir une importante quantité de consommateurs de musique, les rappeurs devraient faire plus que « wait and see » après nous avoir envoyé leur contenu. Oui, ils atteignent déjà de bons résultats, mais ils n’ont jamais testé la pleine capacité de nos médias. Ils devront comprendre l’importance d’un média ciblé comme le nôtre. Quelqu’un a déjà dit que les vrais fans n’étaient pas sur Internet, mais bien dans les shows…Ce quelqu’un aura été pris au mot par plusieurs de ses semblables, mais celui-ci n’aura jamais eu autant tort d’avoir dit ça. Qui croyez-vous qui se cachent derrière ces ordinateurs? Des robots?

Malgré tout, il ne faut pas arrêter de donner à Myspace, il faut le garder pour la fin, une fois que la musique aura atteint son impact maximal sur les portails spécialisés.

De toute façon, Myspace n’est plus le réseau social qu’il était, les artistes (et la pornographie) l’ont massacré sans pitié et le temps l’a presque achevé. Quand j’y retourne, une fois par six mois, je ne vois plus aucun commentaire de fans sur les pages des artistes, les écoutes ont diminué de beaucoup et l’interaction n’existe plus, c’est du spam, de la promotion faite sans honte. Ils ne se rendent même pas compte que les adeptes ont quitté le navire, ils font ça dans le vide comme quelqu’un qui répond à son écho en boucle. « C’est fait pour ça! » qu’on me répète depuis 2004. Les administrateurs ont pourtant tout tenté pour éviter que justement leur site devienne ce qu’il est aujourd’hui, un dépotoir.

Gardez Myspace pour le dessert, nous nous chargerons du plat principal!

Nous offrons une autre alternative: ReseauUrbain.com. Un réseau social pour les Québécois qui aiment le rap et le r&b. Les artistes peuvent créer une page personnalisée et partager leur musique avec les membres du réseau.

Tentez l’expérience en diffusant votre single uniquement sur hiphopfranco.com pendant deux semaines en le poussant au maximum, et les deux semaines suivantes faites de même avec ReseauUrbain.com. Par la suite, offrez-le sur myspace. Je suis certain qu’à long terme vous observerez un bon impact dans la hausse de vos écoutes.

Je prêche pour ma paroisse, mais elle est là pour vous supporter et je vous donne quelques hints pour mieux utiliser les outils qu’on vous offre.

Manque de discipline

C’est connu, le rap brille par sa quasi-absence de structures, et pourtant elles sont bien en place. Nous avons comme bons clients des labels et studios professionnels qui font très bien les choses. Et de notre coté, nous offrons la diffusion, la visibilité et la notoriété. Par contre, trop d’artistes manquent de discipline et fonctionnent en dehors des structures. Voici quelques exemples de manque de discipline à éviter, mais qui arrivent malheureusement souvent:

  • Les rappeurs lancent jusqu’à dix mp3 au courant du même mois
  • Les rappeurs nous envoient des fichiers ou communiqués avec plusieurs fautes d’orthographe
  • Les rappeurs font énormément de pollution sur les médias sociaux, même si leur label se charge déjà de leur promotion web
  • Les rappeurs nous envoient des fichiers dans un format autre que celui accepté
  • Les rappeurs nous envoient des fichiers sans mentionner le titre ni même leur propre nom d’artiste (Unkown Artist – Track 01 MASTER.mp3)
  • Plusieurs personnes de l’entourage de l’artiste, dont le beatmaker, le label, l’artiste lui-même et le studio, nous envoient le même mp3 sans s’être consultés entre eux
  • Les rappeurs nous exigent une entrée automatique dans notre palmarès musical
  • Les rappeurs ne centralisent pas leur contenu sur les portails spécialisés

Dave « Murphy Cooper » Schinck

Donner des mp3? Pas si nouveau que ça

En 2010, quand un artiste décide de rendre téléchargeable un de ses mp3, c’est comme les journées de crème glacée gratuite chez Ben & Jerry’s.

Le journaliste Philippe Papineau s’est même penché sur la question dans le quotidien Le Devoir, au début du mois de Février.

Pourtant, sur la scène hip-hop, ça fait une décennie qu’on offre des singles et mp3 gratuits à chaque semaine. En 2002, Sinis, le fondateur de ce site offrait ses propres mp3 et ceux des artistes les plus influents d’aujourd’hui comme Muzion, SP, Accrophone, Damien, Koriass et L’Assemblée. À chaque semaine, les labels les plus importants de la scène hip-hop ont offert les singles de leurs artistes en téléchargement gratuit. Si vous aimiez la tune du nouveau clip de Papaz sur les ondes de Musique Plus, on vous la donnait, gratuitement en plus. À l’ère où tout le monde semble vouloir donner parce que c’est « la nouvelle façon de faire les choses », les étiquettes hip-hop de renom décident plutôt de réduire les téléchargements à de simples écoutes gratuites. Voir, Karma Atchykah, Le Cerveau ou Izzo.

Ils foncent contre le courant, un courant qui semble pourtant si rafraîchissant, mais qui ne représente que le passé pour certains d’entre eux. Ont-ils découvert qu’ils perdaient de l’argent en donnant aux fans ce qu’ils voulaient? Même si l’industrie hip-hop est réputée pour souvent être broche à foin, j’ai l’impression que sur ce coup elle a devancé tout le monde d’au moins 3 ans. Est-ce que les autres styles émergents feront le même constat un peu plus tard? Le rap aura-t-il servi de kamikaze?

Même si j’ai une légère préférence pour la musique rock et que j’ai toujours détesté voir le hip-hop se donner le rôle de la victime, je dois admettre avoir parfois vu l’industrie de la musique fermer ses yeux sur les innovations du mouvement hip-hop et en faire sa propre innovation un peu plus tard, simple constat. Ça me fait bizarre d’entendre parler de ça comme une quasi-révolution alors que pendant plusieurs années j’étais au beau milieu d’un « réseau de distribution de musique gratuite et légale ».

Jetez un œil à la section mp3 si vous ne l’avez jamais fait, vous en aurez pour des semaines de téléchargements. Les HLM, Abuzive Muzik, 7ème Ciel, Seven Seas, Iro Productions, BBT, 13Deep, NSC et j’en passe, sont des étiquettes connues et reconnues qui ont donné leurs plus importants singles au cours des huit dernières années, même des mixtapes complets. Pour certains, on croirait que le mp3 légal est une invention de Misteur Valaire.

Pourquoi alors en parler comme quelque chose d’innovateur? Est-ce que selon vous, donner sa musique peut être bénéfique pour les artistes? Et le hip-hop a-t-il tort de diminuer ses téléchargements alors que la tendance semble penser que l’industrie gagne à s’y initier?

- David « Murphy Cooper » Schinck

On n’a qu’à penser à Misteur Valaire ou Avec pas d’casque.

Jay Louis contre Radio-Canada

Devinez qui a eu droit à un reportage dépassé sur les ondes de Radio-Canada? Yes! Notre ami Jay Louis de What-up-Gangstars.com! Je dis dépassé parce que le reporter ne semble pas bien saisir notre génération. Il reproche à Saputo, les créateurs du blogue, de laisser sa marionnette poster une version censurée du vidéo Fireman de Lil Wayne affirmant qu’il y a des scènes avec des femmes en petites tenues. Come on! Il y en a tellement des vidéos comme ça sur les ondes de Musique Plus! En parlant de ça, ça me rappelle celui du groupe soft-pop produit par Guy Cloutier qui s’appelait SoWatt (vous vous rappelez de la reprise de Qui a le droit?) avec sa chanson Mon coeur qui nous laissait voir une fille qui chevauchait un gars dans une scène d’adultère de dos les seins à l’air! Les paroles qui l’accompagnaient ressemblaient à ça:

Elle pousse un cri quand elle jouit, c’est le petit nom de mon meilleur ami…

Dans son article écrit, le journaliste a visiblement l’air de trouver que le vidéo de Lil Wayne n’est pas tellement incriminant pour Saputo alors qu’il met l’emphase sur l’arrestation du rappeur pour possession d’arme!

Mais la meilleure est celle d’un travailleur communautaire qui dit qu’il est clair que les images véhiculées sur le site s’inspirent des gangs de rue! Est-ce qu’il fait référence à la couleur de la marionnette? Sinon, parle-t-il de ses vêtements? Depuis quand l’habit fait le moine? S’il parle du contenu du blogue je lui ris dans la face. La plupart des billets de Jay parlent de vêtements, livres, sports, graffiti et musique urbaine. Du gangsta rap? Où ça? Il a même La Coalition nationale contre les publicités sexistes au cul!! Man, c’est trop drôle ça.

Je trouve que Saputo a plutôt réussi son virage au web 2.0 et c’est rare de voir ça des grandes entreprises. Le projet est rafraichissant et ça met en valeur les talents underground de Montréal. En plus ça manquait de marionnette dans le paysage culturel québécois et pour une fois qu’on n’a pas l’impression que ce sont des babyboomers qui veulent plaire aux jeunes, la preuve, le « ventriloque » de Jay a passé le test de connaissances hiphopfranco à merveille quand je l’ai interviewé!

Les meilleurs marcheront jusqu’à la mort

MALMHiphopfranco a vu le jour il y a sept ans, à une époque où le battlerap branlait toujours dans le manche, du moins au Québec. SiniS, le fondateur du site, s’est inspiré du modèle rapbattles.com pour offrir une plateforme sur laquelle les gens pourraient trouver de la musique, s’informer sur le Hiphop québécois et faire du battlerap en français.

«À la base, j’étais MC et j’faisais des battles en anglais. Il n’y avait pas de site francophone. […] J’ai voulu refaire l’équivalent pour les gens d’ici», affirme SiniS. C’est après avoir remarqué un intérêt de la part des membres du forum qu’il a lancé la première édition du tournoi «Marche à la mort(MALM)», soit un an plus tard. «Je connaissais la formule anglaise [...] et dès que j’ai vu que ça s’organisait (en français) ici, je suis embarqué», confie Koriass. Hiphopfranco.com est ainsi devenu le pionnier du battlerap au Québec.

La première édition du tournoi n’avait attirée qu’une dizaine de rappeurs. «Dans les débuts, [...] je participais carrément aux tournois. [..] J’ai toujours assuré une certaine controverse, une dose de divertissement», raconte SiniS. C’est donc devenu un événement intéressant à suivre. Grâce à sa controverse et, surtout, aux rivalités entre les rappeurs participants. De fil en aiguilles, le tournoi a abouti à un spectacle très promoteur, avec des prix intéressants et, surtout, des MCs de qualité tel que Booyah (Faute de frappe), DoGg (Doug St-Louis), FiligraNn, Koriass, Krooks, Loudmouth, Slutw0n, Suspek-T, etc. La dernière édition de MALM a réussi à récupérer exactement 143 participants, les membres-voteurs, tant qu’à eux, étaient parfois une centaine à se manifester. Sans contredit, MALM est devenu le plus gros tournoi de battle en ligne au Québec. Ce fut assez pour que Rockstar Vodka s’intéresse au projet, au point d’offrir une somme de 1500$ aux prochains gagnants de Marche à la mort Élite.

Participer à ce tournoi est définitivement une expérience intéressante pour un rappeur. D’abord, «c’est un bon exercice pour l’orgueil parce que les gens qui votent sont extrêmement critiques et ils analysent de A à Z les battles», avance FiligraNn, le gagnant de la dernière édition. Donc, le participant apprendra à accepter la critique. Ensuite, c’est un excellent exercice d’écriture puisque les participants n’ont que sept jours pour préparer leurs battles. «Ça développe la rapidité d’exécution en ce qui concerne l’écriture», confie Koriass. C’est également la façon la plus efficace qui soit pour un rappeur de se faire voir.

«MALM, c’est la chance de se faire connaitre» avance SiniS. «Ça m’a aidé à me faire connaître, c’est sûr… [...] Je dirais que c’est le coup d’envoi de ma carrière, la première fois où des gens m’ont remarqué», confirme Koriass. Finalement, remporter un MALM représente décidément un bon potentiel de profit. Grâce à sa victoire, FiligraNn a produit 500 exemplaires de son CD, sans compter la visibilité qu’il a reçu par le site. En plus de remporter mille dollars, le gagnant de la prochaine édition aura la chance de compétitionner contre Kasper dans un battle hors-concours. C’est-à-dire, un battle sans vote qui ne fera que confirmer la présence de l’artiste dans le rap québécois. «On s’est dit que ça serait une option de plus que le gagnant puisse se prouver contre un rappeur déjà établi. Kasper semblait le meilleur choix, étant donné sa popularité grandissante et sa réputation pour les beefs internet.» conclut Murphy Cooper, un propriétaire du site.

Les auditions de Marche à la Mort Élite sont accessibles jusqu’au 11 octobre prochain. Les 32 rappeurs qui se seront le plus démarqués seront les participants de la huitième édition du tournoi. Les intéressés sont donc invités à visiter le www.hiphopfranco.com/malm/inscription pour de plus amples informations. Que le meilleur gagne !

- krlep0ser

Word UP!, une relancée pour le battlerap québecois

Word UP! Les amateurs qui suivent de près ou de loin la scène hiphop au Québec pourront remarquer que le battlerap est en pleine expansion. Autrefois, cette discipline se limitait à des freestyles à la radio mais cette époque est maintenant révolue. En effet, après avoir connu son heure de gloire sur internet, le battlerap québécois s’est propagé à la télévision et sur scène. Aujourd’hui, c’est FiligraNn qui tente de créer une vague autour de cette pratique et pour se faire, il a mit sur pied le Word Up!. Pour la première édition, une équipe – un jury et seize rappeurs –, regroupant des vétérans mais aussi des membres de la relève, saura sans aucun doute nous offrir une tonne de battles (et des jugements) hauts en couleur.

Chaque rappeur a eu droit à trente jours pour préparer trois rounds d’une minute chaque qui seront tous livrer en accappella. Pour FiligraNn, ce format est celui qui laisse le plus de place aux rappeurs de faire valoir leur style et leur originalité. Il y a aussi une logistique derrière ce format ; sans l’instrumental, on oublie également le micro, le speaker, le deejay et puis, la sono. On se retrouve en face «de deux mc’s, un crowd, puis du straight battle rap. La pureté quoi!» exclame l’organisateur du Word Up!. Ensuite, l’idée de donner un mois d’avance aux rappeurs pour se préparer permet simplement à tout le monde de livrer une marchandise qui représente vraiment leur plein potentiel. «Ca fesse plus quand c’est préparé, en impro. ya souvent des trous. […] Et puis même un vétéran peut se faire ramasser en freestyle s’il a passé une mauvaise journée» avance FiligraNn.

C’est donc Obia le Chef, Maybe Watson, Slutw0n, Loudmouth, Koriass, P-Dox, C-Drik, Dirtdiggler, Jeune Chilly Chill, Jean-Jouall, Holymel, PrezOne, Skilz, Suspek-T, FiligraNn et Vulguerre qui nous offriront ce spectacle. De plus, un jury formé de Dramatik, Cerveau, D-Shades, Loe Pesci et Dirty Taz a été mit sur pied pour juger des vainqueurs. On se retrouve devant une impressionnante liste d’artistes qui ont, pour la plupart, tous déjà fait leurs preuves en battle.

Samedi, le 18 juillet nous avons eu droit à la première vidéo dans laquelle s’opposait Maybe Watson et Obia le Chef. À chaque semaine, une nouvelle vidéo sera mise en ligne sur le wordupbattles.blogspot.com. Pendant ce temps, l’organisation de la deuxième édition est en branle. Il faut sans aucun doute accroitre la richesse du battlerap au Québec, puisqu’à l’extérieur elle n’est pas du tout comparable. C’est ce que FiligraNn veut apporter ici. «Nous sommes en train de passer de la période «scribble jam» (battle sur scène avec beat et micro, très souvent improvisé) à la période «street battle» (battle organisé n’importe où, sans micro, accapella, et préparé d’avance)» croit l’organisateur. «Si on compare la culture battle aux USA et au Québec, je crois que personne n’a encore organisé de battle format «street battle» (préparé, acapella, filmé) donc on a une scène qui associe beaucoup le battle au freestyle et ce n’est pas nécessairement le cas» poursuit-il. Évidement, le line-up de la première édition risque d’élargir le cercle d’intérêt en piquant la curiosité des gens qui ne s’intéressent pas vraiment à cette pratique. Avec les tournois en ligne qui gagnent de plus en plus en popularité, les mensuels 11 Chek et, maintenant, le Word Up!, nous sommes décidément en train de vivre une nouvelle ère pour le battle au Québec.

- krlep0ser

La fin de l’heure Hip-Hop à Musique Plus

Image: www.musiqueplus.com

Annoncé hier soir, en exclusivité sur RueFrontenac.com, Musique Plus se vide. En effet, quatre émissions ne reviendront pas cet automne selon Philippe Meilleur. On parle ici de 1,2,3 Punk, L’heure Hip-Hop, InfoPlus et État Critique.

Dans les prochains jours, ce sera clairement un des sujets chauds dans la blogosphère. Les décisions de Musique Plus semblent très confuses ces derniers-temps et ça ne fait pas mon affaire de voir disparaître L’Heure Hip-Hop qui d’ailleurs nous a accordé une entrevue concernant le lancement de la nouvelle version de notre portail au mois d’avril dernier.

À l’automne 2008, avec MP6, je me suis senti interpellé, j’étais leur public cible. J’aimais le contenu plus underground et l’animation à saveur humoristique. En fait, ils avaient clairement fait savoir leurs intentions. Leur nouvelle mission était d’aller chercher les universitaires, les auditeurs de CISM/CIBL. C’est en plein moi ça (pas universitaire, mais bon). C’est comme si on m’avait crié: « Hey!! Toi!! Viens ici! », et une fois arrivé sur place, on m’ignore et on ne s’occupe plus de moi. C’est un peu ce qui s’est produit, on vient me chercher avec du contenu à mon goût et une fois habitué on me garoche du 13-17 ans.

Quoi qu’il en soit, je voyais quand même le potentiel que Musique Plus pouvait aller chercher et je trouve décevant qu’autant de bonnes émissions aient été retirées. Peu importe les raisons, c’est autant dommage pour nous que pour eux, car je crois tout de même qu’ils auraient apprécié devenir la station de qualité qu’ils ont tenté d’être l’automne dernier.

Pour finir, je vous dirai de garder un oeil sur Clovys TV!

Conversation avec le Doc Déziel: les médias et la médiation

Alors voilà qu'apparaît un nouveau type de chronique, qu'on pourrait appeler chronique audio, discussion libre rapide mais intéressante. L'idée est de contacter quelqu'un par téléphone, sans trop de préparation, avec quelques points à discuter (ou même un sujet presque improvisé) dans le but de dire des choses intéressantes sur le Hip-hop.

Aujourd'hui, je vous présente donc la première chronique audio d'Hiphopfranco. J'appelle donc le Doc Déziel et on pose la question: Les médias du Hip-hop sont-ils vraiment médiateurs?

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Imposs avec K-Pone Inc. // Online avec Iro Prod : qu’en diront les jaloux?

Vous savez probablement déjà tous qu'Imposs a récemment signé avec K-Pone Inc., la compagnie dirigée par le rappeur K-Maro, qui sortira donc l'album Mon poing d'vue. Et, quelques semaines plus tard, on apprenait qu'Online s'embarquait avec Iro Prod pour la distribution de son album en septembre. Il sera intéressant de faire le rapprochement entre ces deux nouvelles ententes, qui feront clairement des "jaloux". J'explique.

La plupart des groupes qui ont percé (lire: qui ont réussit à jouer une fois à CKOI) disent qu'ils subissent maintenant les effets de leur succès et que c'est la jalousie qui fait parler d'eux en mal. À mon sens, ça ne fonctionne pas vraiment comme ça. Les débuts du rap québécois ont montré que, même dans leurs hits, certains restaient respectés (Sans Pression, Muzion, Rainmen) alors que d'autres ont eu plus de difficulté (Dubmatique, LMDS, La Constellation). Est-ce réellement la jalousie qui pousse des gens du forum – même parfois des artistes sous d'autres pseudonymes – à lancer un diss à Iro Prod?

Aujourd'hui, ceux qui en parlent en mal n'en parlaient pas du tout avant. Probablement parce que ça n'en valait pas la peine, puisqu'ils n'avaient aucun impact sur le public. Comme on dit, on ne fesse pas sur un gars à terre. D'ailleurs, dans certains cas, même les groupes qui n'ont pas toute cette visibilité reçoivent quand même les attaques du public/des autres rappeurs dès qu'ils tentent de monter un peu. Bien évidemment, une fois plus haut, avec un discours qui atteint plus de gens, ceux qui n'en veulent pas se font entendre plus fort.

Admettons qu'on laisse quand même à ces artistes le bénéfice du doute… On aura sans doute d'autres contre-exemples. Maintenant qu'Imposs signe avec un gros label, il restera à voir qui parlera de l'artiste en mal. Imposs n'est pas l'Assemblée, ni Damien. Les gens qui ne l'aiment pas sont rares. La situation sera peut-être différente pour Online, qui n'aura sans doute jamais eu autant de visibilité. Le parallèle entre les deux sera sans doute intéressant et permettra peut-être de mieux comprendre le phénomène de la "jalousie" qui – selon les artistes – semble proliférer dans le rap québécois.

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Retour sur le Gala MU 2007

Rendu à sa troisième édition, le gala MU (anciennement Montréal-Underground, maintenant Musique urbaine), qui se déroulait le 28 avril dernier, a récompensé les artistes du Hip hop au Québec.  On peut dire bien évidemment que Manu Militari est sorti grand gagnant de la soirée, reparti avec sans doute les deux prix les plus prestigieux, Meilleur album francophone et Artiste de l'année, ainsi qu'avec Meilleur vidéo pour son vidéoclip L'empreinte.  HLM, son label, a par ailleurs gagné le prix du meilleur label.

Ce genre d'événement pourrait nous démontrer que la scène hip-hop québécoise va bien.  Ce n'est pourtant pas du tout l'avis que nous a exprimé Peezee, nominé pour Meilleur album anglophone.  Je vous invite donc à voir cette petite entrevue :

 

Peezee - Entrevue - Gala MU 2007

 

En général, je crois qu'il a relativement manqué de dynamisme; les déplacements tentaient d'être trop formels.  On dirait que la remise des prix a tenté d'être trop rapide, chaque chose essayant de ne pas trop prendre de temps.  Je ne crois pas par contre qu'il faille revoir la formule, mais peut-être allonger la durée avec plus de performances, question que le public ne perde pas le fil des remises de prix, et pour enlever l'impression de rapidité.  L'organisation par contre n'a pas montré de failles.  Le gala était diffusé sur Ondes urbaines, tout comme les deux précédents (en fait, le premier était diffusé via Broadbeat, son prédécesseur).  Nous avons pu aussi de notre côté, avec la caméra de Murphy Cooper et la mienne, prendre quelques images de ce gala.  Nous vous en laissons donc un résumé :

 

Gala MU 2007 - Extraits (Anodajay sur la photo)

 

Côté nominations, il n'y a pas eu trop de controverse, contrairement à l'an dernier, où l'Assemblée et Papaz avaient affirmé briller par leur absence.  On note tout de même qu'il est étrange que Kulcha Connection n'ait pas été nominés comme Meilleur artiste/groupe reggae, alors qu'ils ont gagné en 2006 sans avoir sorti un album.  Bien sûr, toutes les nominations sont disponibles sur le site du gala MU.

Je dirais que l'important du gala n'est pas tant qu'il soit réussit ou non.  Le fait qu'il existe est en soi un acte de présence de la scène locale.  Il n'a pas l'ampleur du gala SOBA ni la prétention du défunt gala Unistar, mais il a le mérite d'être le seul qui soit organisé par et pour la scène hip-hop locale.  Préserver ce gala comme tradition permettra nécessairement de le perfectionner.