Entrevues

Entrevue avec Dj Battle

Le DJ No 1 en France est de passage à Montréal dans le cadre de première tournée club ! Celui qu’on a découvert lors de la visite de La Fouine en mars dernier est de retour pour les inconditionnels et les curieux!

Hip Hop Franco questionne DJ Battle !

2e passage pour toi à Montréal en 2010, qu’est-ce qui t’as marqué au

Québec pour que tu y reviennes si vite ?

L’accueil à été tel que je n’ai pensé qu’à revenir depuis mon départ! Mon

premier passage en mars était dans le cadre de la tournée de La Fouine, pour qui je fais la mise en scène, la réalisation du show, et suis Dj et « backeur ».

Lors de cette tournée, je n’ai pu faire que deux soirées, mais j’ai senti que le public était sensible à ma façon d’approcher le mix en club! J’ai donc été vraiment heureux lorsque Carla Beauvais et Stéphane Peju de Miami Vibes m’ont appelé pour me proposer cette tournée de 6 dates! Il y a une atmosphère positive ici que je ne retrouve pas à Paris! Je suis plus créatif quand je suis au Québec et ça me plait!

DJ Battle, pas un nom très original pour un DJ, surtout quand on fait une

recherche Google :) Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Je ne te cache pas que j’avais 13 ans quand je l’ai choisi…lol. Ce

nom résume bien ma mentalité, mon esprit de compétition, etc. Et pour

Google, mon site, mon myspace et mon facebook sont les premiers résultats à s’afficher dans tous les cas (.com, .fr, .Ca, .ru…etc.). Tu imagines la performance que ça peut être d’en arriver la avec un nom si peu original ? (rires)

Pendant longtemps, on a parlé de la mort du hip-hop français. Qu’en est-il réellement ?

Il ressuscite tranquillement depuis qu’on s’y met sérieusement mon équipe et moi ;-) La Fouine et Banlieue Sale font beaucoup pour amener du sang frais sur le marché (Canardo, Green…), moi j’ai fait découvrir au public Black Kent, et d’autres arrivent comme Kemtaan ou Fainel. Et au delà de ça, Sexion d’Assaut arrive avec une sacrée nouvelle touche ! Booba et son nouvel album vont révolutionner la scène aussi je pense… Donc le rap français n’a jamais été aussi bon que maintenant, et bien moins bon que demain !

Et au Québec, comment juges-tu notre scène urbaine ?

Je trouve dommage qu’il n’y ait pas vraiment de « Hip-Hop Game » au Québec après 20 ans! Pourtant énormément de talent s’y développent… Bad News Brown, Heenok, Baxter Dexter, Dramatik par exemple au niveau Rap. J’aime bien aussi Marco Volcy ou Naadei pour le chant. Et il ne faut pas oublier des DJs comme Kamistry, Mohtorious et ShortCut! Je

suis en train de penser sérieusement à monter un label ici avec de gros

producteurs locaux et tenter de faire avancer les choses à ma façon, en

collaboration avec tout ce talent qui réside sur le sol canadien!

Il y a-t-il des artistes avec lesquels tu aimerais collaborer ici !

Tous les artistes que j’ai cité plus haut sont des artistes que j’écoute, et

que j’apprécie! Donc tous ceux cités plus haut est ma réponse! J’ai déjà un peu commencé pour être franc! A l’heure actuelle, je te parle et je suis en studio en train de faire un GROS GROS remix ;-) À suivre…

Revenons un peu à la France, en faisant des recherches sur différents

forums, on peut réaliser que tu es autant admiré que détesté ! Comment

expliques-tu cette fascination pour DJ Battle ?

Les gens qui me détestent sont souvent des gens qui auraient aimé faire ce que je suis en train de faire, ou être aussi décomplexé que je le suis! Sans parler de réussite, j’ai l’habitude de faire beaucoup de choses de qualité, rapidement et dans des styles divers et variés. Ça demande beaucoup d’ouverture artistique et d’ouverture d’esprit…Ce n’est pas le cas de tout le monde. Et mon côté arrogant énerve souvent. Je n’ai que 25 ans, je suis arrivé dans le game, il y a 5 ans seulement et déjà pris pas mal de tours d’avance sur 99% des DJs ;-) J’avoue volontiers que si je n’étais pas moi je me détesterais à mort!

J’ai pu remarquer que tu entretiens énormément ton image publique que ce soit sur facebook, twitter, myspace ou autres réseaux sociaux. Qu’est-ce que les médias sociaux ont changé dans ton approche avec ton public ?

La proximité! Malgré mon arrogance sur scène et mon coté hautain vis-à-vis du show business, j’ai à cœur de rester le plus près possible de mon

public. Alors je ne peux pas aller manger chez tous mes fans non plus, mais j’estime que la moindre des choses est de maintenir les gens qui me suivent le plus informé possible via des vidéos, des photos, et mes « statuts ». Ça fait beaucoup à gérer mais heureusement je dispose d’une équipe solide, mon manager JM et ma directrice de Communication Barbara sont essentiels à la bonne marche de tout ce dispositif!

Allons faisons un petit Battle Québec vs France pour terminer ! Et tu nous

dit pourquoi bien évidemment !

Les Femmes

Les plus belles femmes sont françaises évidemment, car en te disant cela, je préserve tout l’exotisme des Québécoises qui leur donne tant de charme!

Faire la fête

Les meilleurs partys sont Québécois avec un Dj français ;-)

Fast Food

Le McDo est meilleur au Québec parce qu’il y en a plus à manger et à boire! Chez nous on prend 2 Trios lol!

Le Rap Game

Les rappeurs sont meilleurs en France pour le moment, mais les Québécois

sont dans notre rétroviseur, juste derrière!

Merci DJ Battle !

Merci à vous et surtout à tout le public canadien, spécialement les

Québécois pour toutes ces vibes positives qu’ils nous apportent!

Interview « Persona Non Grata »

Après l’écoute de « Persona Non Grata », le nouvel album de L’Assemblée, le fameux projet hybride présenté comme un retour aux sources pour le duo, quelques questions me sont venues en tête et j’ai été les poser aux gars. Allons voir ce qu’ils ont à dire.

KR: C’est quoi un projet hybride ?
Narkoi: À la base, un truc hybride est un mélange entre 2 entités. Dans notre cas, ça représente le juste milieu entre un EP (ou un maxi) et un album. Seulement 10 chansons sont présentées sur le CD. De plus, elles sont à cheval entre le rap que nous faisions il y a 12 ans, celui que nous écoutions même avant et le rap d’aujourd’hui! C’est un projet où seuls Ironik et Narkoi « spit » des verses, sur des beats « old school » teintés 2010, gracieuseté de DelicateBeats!

KR: Qu’est-ce qui vous a amené vers un retour aux sources ?
Ironik: Le plaisir et le « don’t give » derrière chacun de nos « moves ». Depuis nos débuts dans le « game », on n’a jamais fait les choses comme les autres. On n’allait pas se conformer en 2010! On avait fait beaucoup de collaborations dernièrement et ça nous tentait de faire un CD exclusivement Ironik et Narkoi. De plus, on a fait le genre de chansons que nous avions envie de faire, au moment où nous les faisions. Pas de réflexion sur « ce que nous devrions faire » ou « ce que nos fans voudraient entendre »…

KR: Ce retour est-il une tentative pour retrouver vos anciens fans que vous avez perdu en cours de route ?
Ironik: Pas vraiment! Si c’est le cas, tant mieux. Mais je ne crois pas que nos détracteurs vont se mettre à tripper sur L’Assemblée demain matin, peu importe ce qu’on ferait. On vieillit et on a fait tout simplement le disque que ça nous tentait de faire, point à la ligne! Vous savez, à force de faire des tournées dans tous les petits coins inimaginables du Québec… à force de visiter tous les hôtels possibles, et on ne parle pas des Hilton ici… on perd quelque peu la flamme… Quand on s’est assis, à l’été 2009, Narkoi et moi avons pris la décision de faire une chanson à la fois… comme on le sentait… et ça a donné Persona non grata!

KR: Est-ce qu’on est proche du style du Coin de l’oeil ?
Narkoi: Certains trouvent que oui. Moi je ne trouve pas. Son-G n’est pas présent. On n’a pas de collaborations avec d’autres rappeurs… ni de refrains avec des chanteurs (ce que nous avions beaucoup sur Du coin de l’œil). Les sujets sont beaucoup plus matures (avant on criait qu’on voulait faire le party, aujourd’hui on dit qu’on est tanné…)

Ironik: Du coin de l’œil a été un succès de par l’époque et le contexte où il est sorti. On était l’un des premiers groupes de rap d’ici à faire des spectacles ailleurs que dans sa ville… constamment! On apportait un vent de fraîcheur avec un hip-hop davantage musical… et disons-le, davantage « blanc » à une époque où seul le 83 ou presque le faisait. Certains nous ont suivis, d’autres, non. Tant pis, on a accroché plusieurs gens au passage… qui sont embarqués par la suite dans notre délire! Faire de la musique visant à priori la jeunesse, c’est un travail à recommencer à chaque album! Et si vous voulez la vérité, ce n’est plus L’Assemblée que les jeunes « pop » dans la cour d’école secondaire… on est devenu trop « vieux » dans nos sujets et nos façons de faire. Par contre, on a su garder plusieurs fans au fil des ans et c’est ce qui fait que nous sommes encore là aujourd’hui, et que notre rap fonctionne toujours.

KR: Sur l’album, on a droit à de bons sacres, un franc-parler, des chansons qui semblent plutôt toucher vos fans qui vous suivent depuis l’an 2000 mais est-ce que « Persona Non Grata » est aussi adressé à vos plus jeunes fans?
Narkoi: Je crois que Ironik vient de répondre exactement à cette question! On a toujours une longueur d’avance chez Iro Prod! ;)

KR: Pourquoi vous ne vouliez pas de collaboration sur l’album ?
Ironik: Au début, tu fais des featurings parce que 1- tu n’as pas assez confiance en tes moyens et/ou 2- parce que tu capotes sur tel ou tel MC… En 2010, on a confiance et on a feat avec pratiquement tous les gens avec qui on voulait le faire… On a donc fait à notre tête de cochon. Advienne que pourra…

KR: Les fans de « Encore » ou « Les Gars du Peuple » vont-ils plaire ce « nouveau » style ?
Narkoi: Il faudrait leur demander! Sincèrement, on n’a reçu que de bons commentaires sur notre site, notre forum, notre Facebook et notre MySpace. Nos fans ont le sentiment que nous vieillissons réellement avec eux! On est conscient qu’on est un groupe « spécial » pour ainsi dire, mais c’est ce qui fait qu’on se démarque des autres. Il y a pas plus « underground » que nous quand tu regardes comment on fait nos trucs depuis des années! À moins bien sûr que « underground » signifie « mal-fait »…

KR: La pièce Junkie du rap présente un groupe très vantard mais il est difficile d’imaginer L’Assemblée avec une attitude du genre. Ressentiez-vous le besoin de faire quelque chose comme ça?
Narkoi: On s’est déjà vanté auparavant… Mais ce n’est pas ce qu’on aime le plus faire. On aime créer des ambiances et des sujets profonds dans nos chansons. Ceci étant dit, cette chanson-là est en quelque sorte un morceau plus « normal », au niveau du beat et des flows… question de ne pas trop désorienter l’auditeur! Pour le sujet, eh bien, c’est une métaphore entre l’ « addiction » de nos fans à notre musique et la drogue ou l’alcool. Simple, mais efficace!

KR: Tout au long de notre écoute, on s’aperçoit que, finalement, vous êtes très différents des rappeurs mais aussi de la masse, en tant qu’artiste. Est-ce que « les Gars du Peuple » est un terme qui vous représente toujours ?
Ironik: À 100 %. Et plus on vieillit, plus on voit que l’on n’a rien de tous ces gens qui essaient de « shiner » avec leur gros char ou leur maison sur hypothéqué. On a toujours prôné la simplicité et on la prône toujours. D’ailleurs, nos clips l’ont toujours été… à part peut-être « On est back », où notre concept d’exposer une réalité grise, plate et laconique qui devient « pimpée » (d’où la chicks, les bikes en or et la couleur contrastée) dans le but de montrer à quel point tout est artificiel n’a peut-être pas été reproduite à 100 %. Les gens n’ont pas compris que nous faisions un parallèle… qu’on n’était pas rendu des « cash boy » ou des artificiels à gros seins!

KR: Votre single « On ne vous écoutait pas » est-il un message direct à vos détracteurs ? Qui et/ou qu’est-ce que vous n’écoutiez pas ?
Narkoi: Un peu… mais surtout aux médias, qui ne supportent pas le rap d’ici! Les détracteurs, ils sont nécessaires. Kool Shen et IAM sont « hatés » en France et je les respecte énormément. Si y’en a 10 qui te détestent, y’en a 100 qui t’aiment… c’est simple comme ça. Et les détracteurs sont quelques fois utiles pour se repositionner, se questionner ou se surpasser…

KR: La pièce « Ton père » vous présente comme des pères absents pour qui la musique prend une place importante. Êtes-vous  des parents réellement absent ? Comment faites-vous la cohésion entre votre vie d’artiste et votre vie de père ?
Narkoi: Je vais laisser Ironik jaser (rire)

Ironik: Narkoi n’est pas père encore. Pour ma part, j’ai 2 enfants et oui, je me sens coupable parfois d’être absent. J’ai lancé le CD « Encore » le lendemain de la naissance de ma fille. J’ai quitté l’hôpital, laissant ma blonde et ma fille de quelques heures à peine, pour aller chanter au Café Campus, du rap… je suis ensuite retourné m’étendre sur une chaise, à l’hôpital, pour la nuit. Et ça, ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres… J’ai passé des 3 ou 4 nuits loin de ma famille alors qu’elle avait besoin de moi, mais c’est la vie d’un père, ça! Bien sûr, dans mon cas, ça devient exagéré parfois. Ça m’a pris quelques mois pour m’ajuster, mais aujourd’hui, on fait mieux « fitter » les entrevues, les spectacles, les sessions de studio et le reste… C’est fou comme le hip-hop est parti prenante de toute mon existence, quand on y pense…

KR: « Les soirs où je suis rentré tard » parle de votre période passée dans les bars qui semble maintenant révolue. Est-ce difficile pour des artistes de faire de tels choix ? Qu’avez-vous réellement appris les soirs où vous êtes rentrés tard ?
Narkoi: Que c’est le fun un bout de temps… mais qu’avec le temps, justement, c’est moins l’fun… « Too much of anything will make you unaddicted », comme dirait Xzibit. On aime encore prendre un verre, même plusieurs verres, mais on le fait plus souvent qu’autrement dans des soupers, dans des pubs ou dans des bars moins « club ». La vie de tournée, par contre, ça se passe encore dans les bars souvent… mais on est plus sage! On évite aussi les conneries…

KR: Parlez-nous un peu de la pièce « Post-mortem ».
Ironik: C’est l’artiste qui parle au gars derrière… et vice verse. Plus tu vieillis, plus la vie d’artiste et la vie personnelle est difficile à concilier. Je comprends comment des gars comme Eminem, Michael Jackson ou même Martin Matte peuvent pèter les plombs… et je ne vis que le 1 centième… millième… de ce qu’ils vivent. La pression, les horaires de fou… c’est difficile à gérer et tu t’y perds. Au départ, tu fais ça pour être libre… c’est TON choix, mais avec le temps, tu te retrouves contraint et prisonnier de ton horaire de fou, de tes nouvelles obligations qui n’en étaient pas au départ. Aujourd’hui, on a réussi à concilier les 2, à se questionner et à avoir une carrière qui nous plait totalement! Bien sûr, on aimerait que les médias supportent davantage mais ça, ce n’est pas pour demain… alors aussi bien s’y faire!

KR: Sinon, qu’est-ce que nous réserve L’Assemblée pour les prochains mois ?
Narkoi:
Des shows! Des clips. En fait, on en a 4 de tournés et on les sortira sous peu. D’ailleurs, on vous promet que les 2 prochains vous feront jaser… ;)

KR: À quoi peut-on s’attendre de votre prochain album? Un son similaire ou bien un retour à L’Assemblée qu’on s’est maintenant habitué?
Ironik: Probablement un son similaire, avec quelques collabos par contre. Une suite logique. Ce qu’on croyait être un projet complètement « à part »… on s’est rendu compte que c’est un plus « un pas de plus » vers autre chose…

KR: Quelque chose à ajouter ?
Ironik:
Je tiens à féliciter Filigrann et ses word-ups battles. C’est bon pour une catégorie de MC et surtout, ça divertit les gens! Par contre, nul besoin de vous dire que nous n’irons pas là, non pas parce que nous sommes « trop big » comme certains le pensent… mais bien car ce n’est pas notre leimotiv… parce qu’on a pris la décision de ne faire que ce qui nous tente et que ça, ça ne nous tente pas. On n’y voit aucun plaisir potentiel. Envoyez promener quelqu’un pour ensuite se faire envoyer promener, ça ne nous fait pas tripper. Les gars derrière Ironik et Narkoi, ça ne leur tente pas. Par contre, on ne crache pas du tout sur ceux qui le font, on encourage d’ailleurs tous les MC de ce style plus « brag » à le faire, pour le plaisir si ça leur en procure et pour leur carrière, si elle est importante pour eux! Et à ceux qui disent : « ça vous donnerait de la crédibilité ou ça ferait vendre des disques »… vous êtes les mêmes qui dites qu’il ne faut pas faire tel ou tel « move » pour faire justement, vendre des disques… Un peu de constance!

Narkoi: On invite tout l’monde à se procurer notre album « Persona non grata », pour supporter le hip-hop d’ici et pour écouter du bon rap car oui, cet album est un très bon album! Peace!

- Samuel «krlep0ser» Daigle-Garneau

DéZèD Chaud saison 3 – Deuxième capsule (avec Cobna)

Un autre DéZéD Chaud très intéressant. Bestyle et Lintrus interview Cobna. On parle également battle et Bestyle lance (encore) quelques flèches à FiligraNn au passage.

St-Saoul interviewé par Filigrann

Dans le cadre de son battle à la 4è édition des Word Up Battles du mois d’Avril prochain, St-Saoul en dit beaucoup sur son adversaire Koriass et en profite pour call out un autre participant au passage.

Word up!

Le tueur masqué, interview avec Killa Ef

Nous parlons maintenant à Ef one alias Killa Ef. Graffiteur puriste de la scène montréalaise. Ef nous offre une combinaison de styles qui « tuent ». Muni à la fois du wild style américain plutôt agressif et d’énormes block letters, Killa Ef se démarque dans notre scène autant par son aspect vandale que par ses fresques. Mais assez parlé, voyons ce que Ef a à nous dire…

Comment te présenterais-tu ?
What up! Big Killa-Ef aka Efeckt-One! What’s poppin ?

Selon moi, Killa Ef est un nom particulier du blaze à 3-5 lettres qu’on voit si communément dans le graff. Et pour toi, qu’est-ce que ce nom représente ?
Mon nom c’est EF, Ef pour Efeckts mais le monde dans le hood m’appelle EF… So, c’est resté avec les années, quoi que j’ai toujours trouvé ça court et pas assez officiel. J`ai ajouté KILLA pour donner un peu de flavour car, selon moi, un nom d`artiste c’est tellement important que ça soit officiel. J’ai choisi KILLA parce que mon style y kill en « crisse »! Y’a trop de peeps dans le graff game avec des noms pourris, des vieux noms à 4 lettres sans aucun meaning. Tu dois rock ton nom tout le long de ta carrière, donc tu dois t’assurer que ton blaze est chaud.

Tu crois que c’est essentiel d’avoir un blaze qui te représente mais il faut que ça soit quelque chose de plus que 5 lettres ?
La sélection d’un nom d’artiste est une forme d’art en soi. Que ça soit pour un nom de writer, de DJ, de rappeur ou même de pornstar, ça revient tout au même. Le blaze doit te représenter en tant que consommateur averti. Je ne crois pas que le nombre de lettres a une importance, quoi que j’ai toujours feel les longs noms composés.

En tant que graffiteur, tu te dis d’abord vandale ou artiste?
Oublie que je graff pour quelques secondes… Je suis un artiste juste par la façon que je vis ma vie. Le vandalisme est une forme d’art pis je rock des wildstyles en même temps, so je suis artiste à temps plein.

Comment vit un graffiteur à Montréal ?
Je suis un artiste dès que j’me lève le matin, que je consomme, que je pop des trois et demi de mush en camping, que je traverse les jungles tropicales tout seul. Quand je cours tout nu dans le McDonalds, que je fais de l’art, que je suis un chef d`orchestre, que je suis un bijoutier…

Selon toi, y a-t-il des limites au vandalisme, est-ce possible pour un vandale de « pousser trop loin » ?
Ça l’existe des limites ? Je ne savais pas…

Tes amis sur Facebook savent que tu es un grand adepte de graffiti et de bière. Si Hiphopfranco t’offrait une Montana noire et une quille de Colt 45, que prendrais-tu en premier ?
Colt 45, all day !

Dans le graffiti, quels couleurs, outils et lettres préfères-tu ?

Je feel le purple (NDLR : mauve) ces temps-ci’tte. Mon outil favori c’est les mops, pas les stencils! Mes lettres préférées sont le K et le E.

Pourtant, on voit de plus en plus d’artistes graffiteurs utiliser les stencils, tout comme les posters et les stickers. Ont-ils leur place dans le graffiti ou c’est vraiment deux mondes à part ?
Pas de place pour les « Art-Fags » icitte! Le graffiti et le street-art, c’est pas la même chose. Pas pentoute!

Étant donné que tu ne mélanges pas le street-art et le graffiti. Crois-tu qu’un jour le graffiti devrait avoir sa place dans les musées à côté d’une œuvre de Shepard Fairey?
Non. Le graffiti ça se passe dans les streets et sur les trains.

Si tu avais à décrire ton style, quels mots emploierais-tu ?
Mon style est straight murder. Je fuck avec du lettrage épicé et raffiné. Wildstyle mais en même temps simple et efficace. Y’a rien de soft avec mes shits. 100% pure graffiti.

Pourrais-tu raconter à nos lecteurs ta meilleure histoire ou anecdote de graff?
Il n’y a pas d`histoire ou d’anecdote particulière. J’ai tellement vécu de moments inoubliables. Le lifestyle au complet est malade! Le monde fucked up que tu recontres, les streets, la drogue, les chases stories, les freestyle cyphers, etc.

Si tu avais un message à passer aux futures générations de graffiteurs, ça serait quoi?
De keep it real. Sketchez vos trucs avec un crayon à mine, pas avec un stylo. Structurez et raffinez vos lettrages à fond, maitrisez votre style et soyez à l`aise avec avant de hit le strip, Nam saying? No doubt! Know your history!

Mots de la fin? Shout outs?
Shout outs à toute la galerie, Gsm Crew for life! StompDown Killaz, Montréal, tout le Québec et le Canada. Mes criminels à travers le monde. You know who you are! What Up!


Voici quelques de ses graffitis :


- eackone


Freak à « Fais tourner mon Hip-hop »

Hier soir, Freak, de 15Two3 Ent., était de passage à l’émission de Radio « Fais tourner mon Hip-hop » pour nous parler de son nouveau mixtape « Sativa » disponible gratuitement sur notre site.

Voici l’interview :

Freak et Farfadet à Ghetto Érudit

Hier, Freak (15Two3 Ent.) et Farfadet était de passage à l’émission Ghetto Érudit pour parler de la compilation Sativa disponible gratuitement sur notre portail.

Voici l’interview

DéZèD Chaud saison 3 – Première capsule (avec Le Chum)

Une nouvelle saison pour le DéZèD Chaud. Chilling avec Le Chum qui nous parle des projets à venir pour son team et écouter quelques de ses beats. Qu’on l’aime ou pas, c’est vrai qu’il est attachant…

Lancement de la 14è Édition des Francouvertes

J’ai trouvé ce vidéo de lancement des Francouvertes avec les artistes qui participent à la 14è édition, dont notre artiste en vedette du mois de février, un gars frais, libre et québécois…Karma Atchykah.

Je comprends toujours pas pourquoi tant de rappeurs boudent ce genre de concours, Karma est la preuve vivante que très peu d’artistes sont assez big pour se permettre de lever le nez sur ça, c’est une opportunité en or pour se faire connaître et pourtant Atchykah ne manque vraiment pas d’exposure ces temps-ci! Une méchante leçon d’humilité pour tous!

Surveillez-le!

Si vous n’avez pas encore entendu son single F.L.Q, le voici en écoute:

http://www.hiphopfranco.com/mp3/4788-karma_atchykah__f.l.q.

Source: Baladeur Musique

Antifa-Montréal, l’antiracisme avant le graffiti

On fait maintenant passer notre questionnaire au groupe Antifa-Montréal, aussi connu sous le nom d’NTFA Crew, un groupe de rue basé dans le quartier Hochelaga Maisonneuve qui s’implique depuis 2006 dans la lutte contre le racisme organisé. Ayant comme but premier la transmission d’idées politiques, ce groupe est également un crew de graffiti connu de la scène, des médias et bien sur de leurs ennemis; les militants néonazis. Entretient avec WAR, membre en règle d’NTFA.

Comment vous présenteriez-vous?
Antifa, c’est un groupe antiraciste, qui a vu le jour il y a 4 ans dans le quartier Hochelaga Maisonneuve, où il y a beaucoup de boneheads[1], de racisme, un quartier très québécois. C’est l’endroit qui accueille le moins d’immigrants à Montréal. Seulement des Québécois avec des Québécois, ça crée un sentiment d’intolérance face aux autres cultures, parce que les gens ne sont pas exposés à autres choses.

Comme je le disais, dans le quartier, il y a une tradition d’organisation raciste et nous avions beaucoup de problèmes avec eux. Ils donnaient du fils à retordre à la scène punk, aux marginaux, et aussi aux homosexuels, aux immigrants, etc. Donc, on a décidé de s’organiser contre ça.

Donc, vous êtes plus un groupe qui est basé  sur l’antiracisme que sur le graffiti ?
Oui, vraiment.

Qu’est-ce qui vous a amené au graffiti?
Le graffiti est un des moyens de diffusion du groupe. Moi, je faisais déjà du graff quand j’ai joint Antifa. À la base Antifa n’était pas un groupe qui produisait du graffiti, c’est venu après. C’est moi qui a amené cet élément-là. Il y avait aussi Class, un des membres fondateurs du crew, qui était intéressé par le graffiti sans pour autant s’y adonner plus sérieusement. C’est comme ça qu’on a commencé, on a pris le graffiti militant et on l’a amené à un autre niveau.

Qu’est-ce que ça signifie Class ?
Au début, je writais Class War mais plus souvent WAR parce que c’était moins long. Quand Class est arrivé, il a pris ce nom et ensemble, on bombait Class War, cheezy mais efficace.

Est-ce que vous croyez que votre moyen de diffusion fonctionne bien pour faire passer votre message, considérant que le graffiti est quelque chose de mal vu aux yeux de la masse ?
Il y a des crews qui sont vraiment plus vandales, on ne comprend carrément pas ce qui est écris sur le mur. Nous, c’était vraiment important que ce qui est écrit sur le mur soit lisible et compréhensible pour le public. Les spots qu’on est allé chercher, c’était en fonction de la visibilité publique, contrairement à la scène graffiti qui se restreint souvent aux endroits fréquentés par les graffiteurs. Par exemple, il y a une grosse partie de la scène à Montréal qui est basée sur le métro, sur le vandalisme. Je ne suis pas totalement contre mais c’est une scène qui est un peu plus underground, moins visible pour monsieur-madame tout le monde. Souvent, c’est des noms de crews, des acronymes, qu’ils ne comprennent pas. Nous, on est influencé par l’Europe avec des lettrages plus clairs. Avec quelque chose de plus compréhensible, c’était facile de faire passer notre message, même si ça peut paraître underground. Au moins, on a un exposure que les groupes antifascistes n’ont pas nécessairement sans le moyen du  graffiti. On parle au monde du graff mais on arrive aussi à attirer l’attention du public.

Alors, vous êtes un peu moins axés sur l’esthétique de la chose.
On fait jamais un 15 couleurs. Je ne fais pas de piece. On fait que du gros lettrage, lisible à la française.

Parlez-moi un peu du graffiti en France.
L’histoire de l’art veut que le graffiti ait commencé à New York. Bien qu’en France, si on pense à Mai 68, il y a eu beaucoup de graffiti à la bombe dans le mouvement étudiant. Mais la scène graffiti « artistique » a commencé à New York. La ville de New York et puis l’ensemble de toutes celles d’Amérique est réputée pour ses graffitis illisibles, style qu’on appelle le wild style. Les graffiteurs ont commencé avec les tags et ensuite, ont été vers des fresques plus colorées… Ils ont fait avec les lettres des logos, ils ont essayé de faire des lettres en bloc qui avaient beaucoup d’effet  mais qui étaient lisibles seulement par la communauté graffiti. L’Europe était moins influencée par le wild style mais a plutôt produit des lettres lisibles, justement. Nous, on a été influencé par ce style.

Et puis, croyez-vous  que le terme «  Antifa » est compris par monsieur et madame tout le monde
Ce n’est pas un terme nouveau, quelqu’un de minimalement politisé peut saisir s’il prend le temps de s’y arrêter. Il y a aussi que les writers devraient vraiment commencer à écrire plutôt que de se limiter à un mot.

Considérant que vous n’êtes pas qu’un simple crew de graffiti, parlez nous de ce que vous faites en parallèle.
On organise des événements, produit du matériel (vêtements, affiches, pamphlets, tractes) et on fait de l’action communautaire. On produit des affiches informatives qu’on expose dans le quartier. Par exemple, on publie des photos de néo-nazis du quartier et leurs symboles avec des explications pour en faciliter l’identification. On assure aussi la sécurité pour des manifestations et/ou événements à caractère politique. Et, on organise des concerts et des fêtes de quartier avec de la musique, de la bouffe, du graff live, skateboarding, etc.

Est-ce que vous pouvez nous parler de la culture du graffiti à Montréal.
Montréal, c’est une scène vraiment intéressante parce que c’est reconnu internationalement comme étant une scène agressive. Il y a des villes qui sont reconnues pour les pieces, pour les murales, pour l’aspect artistique du graff, Montréal est reconnue pour ça, c’est vrai, mais aussi pour l’aspect vandale du graffiti. Et si on regarde dans les médias internationaux, Montréal est une scène qui est sous-représentée parce qu’il n’y a pas d’artistes dans la scène qui font sérieusement la promotion de la scène illégale. Si on regarde la scène illégale à New York, il y a des gros noms, ils sont connus internationalement. Si on regarde Paris, c’est la même chose. Je pense à Horfée, Oclock, ce sont des gens qui ont une exposure internationale. À Montréal, il y a des artistes qui bomb autant mais qui n’ont pas cette exposure-là. C’est ce qui est particulier ici. Quand des artistes de l’extérieur visitent Montréal, ils remarquent que les writers sont « all city », avec des throw up partout, des fillers et des burners, mais on en entend peu parler à l’extérieur.

On peut différencier deux écoles de pensée dans l’illégal à Montréal. Premièrement, les conservateurs plus traditionalistes qui sont restés dans les lettres plus classiques, des bombers qui suivent l’idéologie du graffiti à la lettre et qui ne s’adressent qu’au mouvement. Et il y a une scène plus provocatrice, plus politique, qui a été représentée par NRK crew, au début des années 2000. Ils amenaient vraiment un contenu politique et c’est de cette école-là que descend NTFA Crew.

Et quelle est la place que vous occupez dans la scène à Montréal.
On est des utilisateurs (rire). Le graff est un outil pour nous, rien de plus.

Nous avons habituellement une question sur le vandalisme. Est-ce que vous voyez le graffiti comme de l’art ou bien du simple vandalisme ?
Nous sommes pour le vandalisme. L’aspect artistique est vraiment secondaire dans la pratique du graffiti dans notre cas. Cette pratique contestataire est l’une des plus vieilles formes de protestation sociale et on poursuit dans cette veine.

Est-ce que vous pensez que le graffiti à sa place dans les musées d’art ?
Je crois que les gens qui ont accepté d’afficher dans les musées ont bien fait. Si on me proposait d’afficher 50 toiles au Musée d’art contemporain de Montréal avec une bourse de 25 000$,  je dirais oui. Par contre, est-ce que ça doit être une règle, ce que l’on vise en tant que graffers, je ne pense vraiment pas. Le graffiti, c’est autre chose. Justement, on se demandait, forme d’art ou vandalisme, je pense que le vrai graffiti devrait être plus du vandalisme que des beaux arts.

Quels sont vos couleurs, outils et/ou lettres favoris ?
On est souvent dans les deux tons. Noir et blanc. Chrome et noir, chrome et rouge. Ça c’est ce qui revient souvent. On ne met jamais beaucoup de couleurs dans nos graffs. Une couleur pâle pour faire un fond, une couleur foncée pour faire un outline.

Pourriez-vous raconter à nos lecteurs votre meilleure histoire ou anecdote de graff?
On est trop bien organisé pour avoir des anecdotes.

Quel message voudriez-vous passer aux générations futures de graffiteurs ?
Ne faites pas du graff pour rien. Soyez critique du mouvement et allez chercher ce qui est bon là-dedans. Établissez un dialogue avec votre public. Gardez votre crew tight, le graffiti c’est une scène bitch, on ne peut pas réellement se fier sur les autres, alors faites vos affaires et soyez discrets.

Est-ce qu’il y a une question que vous aimeriez qu’on vous pose en entrevue ?
Respectez-vous la police?

Avez-vous quelques choses à ajouter ? Des Shouts outs ?
Gros big up au NRK crew, qui ont été les vrais prédécesseurs à Montréal. En particulier, un big up aux boys du UC crew, Won crew, Od crew qui ont été mes racines dans le domaine. Les bombers d’Hochelag Penar, Keas, Casper, Spark, Kilmer… tous ceux qui tuent. Big up aux vieux Dark, Lison1 NTFA, Fief parmi les poids lourds au niveau de la rue présentement. More qui est devenu propre, bravo! Fight , Class, Ckilla. Les gars du K6A crew, ELP crew. Sino pour le support dans les évènements pis le bon travail avec les jeunes dans l’Est.

[1] Néonazi à la tête rasée appelé à tort skinhead.

Regardez la galerie d’Antifa-Montréal sur le site web.

- krlep0ser