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Maybe Watson veut pelleter ton entrée

Ce matin, 33MAG a annoncé un concours assez weirdo sur sa page Facebook… Celui dont le gagnant se méritera un congé de pelle à la prochaine bordée de neige. En effet, à l’occasion des 5 ans du Snow Love de Maybe Watson, ce dernier proposera d’aller pelleter l’entrée à un de ceux qui répondra, via une lettre ou un vidéo, à la question suivante : « Pourquoi penses-tu que Watson devrait aller pelleter ton entrée? ». À soumettre le plus tôt possible à presse@abuzivemusik.ca parce que le gagnant sera dévoilé le 20 mars prochain.

Karim Ouellet – Plume

Si Movèzerbe avait illustré avec brillance qu’un tout uni est toujours plus imposant que la somme de ses influences, Karim Ouellet tente l’exercice contraire sur son premier album solo, Plume : mélanger ses différentes facettes dans une œuvre éclectique – co-signée Claude et Mash – où les styles musicaux se côtoient, se coupent et se recroisent.

Ça commence tout en douceur avec «Triangle». On distingue les couches sonores qui abondent, les harmonies gracieuses qui se posent naturellement. On apprécie le ton subtil, la poésie juste assez romancée. «Catastrophe» et «Demain la veille» suivent ;le travail est encore parfait. La voix de Karim est juste, le son, clair, la mélodie, envoûtante.

«Après tout» sonne le début d’une nouvelle ère, à mi-chemin entre l’ambiance intimiste de son précédent maxi et celle plus festive de Movèzerbe et CEA. Karim délaisse parfois même le chant pour renouer avec le rap sur «Le monstre» et ‹La La La» – qu’on croirait directement tirées de la session d’enregistrement de Dendrophile.

Au passage, Karim nage entre la soul («Fâché noir»), le reggae («En couleurs») et même le country («Une vieille amie»). L’exercice de style demeure pertinent, concluant, quoi que pas toujours à la hauteur du vent de fraîcheur instauré en début d’album.

Puis, la fin de Plume nous ramène tranquillement à nos premiers amours. «Météore» a des airs de «Catastrophe», et les trois dernières chansons épatent par leur finesse, leur sensibilité. Au final, «Surnaturel» rejoint «Triangle» dans un élan de sonorités quasi-celtiques et d’harmonies planantes.

Une fois terminé, on se repasse l’album en tête. Le souvenir est marquant, viscéral. La prochaine écoute sera d’autant plus mémorable.

- Riff Tabaracci

Donner des mp3? Pas si nouveau que ça

En 2010, quand un artiste décide de rendre téléchargeable un de ses mp3, c’est comme les journées de crème glacée gratuite chez Ben & Jerry’s.

Le journaliste Philippe Papineau s’est même penché sur la question dans le quotidien Le Devoir, au début du mois de Février.

Pourtant, sur la scène hip-hop, ça fait une décennie qu’on offre des singles et mp3 gratuits à chaque semaine. En 2002, Sinis, le fondateur de ce site offrait ses propres mp3 et ceux des artistes les plus influents d’aujourd’hui comme Muzion, SP, Accrophone, Damien, Koriass et L’Assemblée. À chaque semaine, les labels les plus importants de la scène hip-hop ont offert les singles de leurs artistes en téléchargement gratuit. Si vous aimiez la tune du nouveau clip de Papaz sur les ondes de Musique Plus, on vous la donnait, gratuitement en plus. À l’ère où tout le monde semble vouloir donner parce que c’est « la nouvelle façon de faire les choses », les étiquettes hip-hop de renom décident plutôt de réduire les téléchargements à de simples écoutes gratuites. Voir, Karma Atchykah, Le Cerveau ou Izzo.

Ils foncent contre le courant, un courant qui semble pourtant si rafraîchissant, mais qui ne représente que le passé pour certains d’entre eux. Ont-ils découvert qu’ils perdaient de l’argent en donnant aux fans ce qu’ils voulaient? Même si l’industrie hip-hop est réputée pour souvent être broche à foin, j’ai l’impression que sur ce coup elle a devancé tout le monde d’au moins 3 ans. Est-ce que les autres styles émergents feront le même constat un peu plus tard? Le rap aura-t-il servi de kamikaze?

Même si j’ai une légère préférence pour la musique rock et que j’ai toujours détesté voir le hip-hop se donner le rôle de la victime, je dois admettre avoir parfois vu l’industrie de la musique fermer ses yeux sur les innovations du mouvement hip-hop et en faire sa propre innovation un peu plus tard, simple constat. Ça me fait bizarre d’entendre parler de ça comme une quasi-révolution alors que pendant plusieurs années j’étais au beau milieu d’un « réseau de distribution de musique gratuite et légale ».

Jetez un œil à la section mp3 si vous ne l’avez jamais fait, vous en aurez pour des semaines de téléchargements. Les HLM, Abuzive Muzik, 7ème Ciel, Seven Seas, Iro Productions, BBT, 13Deep, NSC et j’en passe, sont des étiquettes connues et reconnues qui ont donné leurs plus importants singles au cours des huit dernières années, même des mixtapes complets. Pour certains, on croirait que le mp3 légal est une invention de Misteur Valaire.

Pourquoi alors en parler comme quelque chose d’innovateur? Est-ce que selon vous, donner sa musique peut être bénéfique pour les artistes? Et le hip-hop a-t-il tort de diminuer ses téléchargements alors que la tendance semble penser que l’industrie gagne à s’y initier?

- David « Murphy Cooper » Schinck

On n’a qu’à penser à Misteur Valaire ou Avec pas d’casque.