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Donner des mp3? Pas si nouveau que ça
25/02/10
En 2010, quand un artiste décide de rendre téléchargeable un de ses mp3, c’est comme les journées de crème glacée gratuite chez Ben & Jerry’s.
Le journaliste Philippe Papineau s’est même penché sur la question dans le quotidien Le Devoir, au début du mois de Février.
Pourtant, sur la scène hip-hop, ça fait une décennie qu’on offre des singles et mp3 gratuits à chaque semaine. En 2002, Sinis, le fondateur de ce site offrait ses propres mp3 et ceux des artistes les plus influents d’aujourd’hui comme Muzion, SP, Accrophone, Damien, Koriass et L’Assemblée. À chaque semaine, les labels les plus importants de la scène hip-hop ont offert les singles de leurs artistes en téléchargement gratuit. Si vous aimiez la tune du nouveau clip de Papaz sur les ondes de Musique Plus, on vous la donnait, gratuitement en plus. À l’ère où tout le monde semble vouloir donner parce que c’est « la nouvelle façon de faire les choses », les étiquettes hip-hop de renom décident plutôt de réduire les téléchargements à de simples écoutes gratuites. Voir, Karma Atchykah, Le Cerveau ou Izzo.
Ils foncent contre le courant, un courant qui semble pourtant si rafraîchissant, mais qui ne représente que le passé pour certains d’entre eux. Ont-ils découvert qu’ils perdaient de l’argent en donnant aux fans ce qu’ils voulaient? Même si l’industrie hip-hop est réputée pour souvent être broche à foin, j’ai l’impression que sur ce coup elle a devancé tout le monde d’au moins 3 ans. Est-ce que les autres styles émergents feront le même constat un peu plus tard? Le rap aura-t-il servi de kamikaze?
Même si j’ai une légère préférence pour la musique rock et que j’ai toujours détesté voir le hip-hop se donner le rôle de la victime, je dois admettre avoir parfois vu l’industrie de la musique fermer ses yeux sur les innovations du mouvement hip-hop et en faire sa propre innovation un peu plus tard, simple constat. Ça me fait bizarre d’entendre parler de ça comme une quasi-révolution alors que pendant plusieurs années j’étais au beau milieu d’un « réseau de distribution de musique gratuite et légale ».
Jetez un œil à la section mp3 si vous ne l’avez jamais fait, vous en aurez pour des semaines de téléchargements. Les HLM, Abuzive Muzik, 7ème Ciel, Seven Seas, Iro Productions, BBT, 13Deep, NSC et j’en passe, sont des étiquettes connues et reconnues qui ont donné leurs plus importants singles au cours des huit dernières années, même des mixtapes complets. Pour certains, on croirait que le mp3 légal est une invention de Misteur Valaire.
Pourquoi alors en parler comme quelque chose d’innovateur? Est-ce que selon vous, donner sa musique peut être bénéfique pour les artistes? Et le hip-hop a-t-il tort de diminuer ses téléchargements alors que la tendance semble penser que l’industrie gagne à s’y initier?
- David « Murphy Cooper » Schinck
Movèzerbe – Dendrophile
17/02/09
Les Tristes et belles histoires ont élargi leur cercle de raconteurs… Le Duo du balcon est devenu un Octuor… Ils avaient La tête dans la lune, ils ont maintenant Les pieds dans la mauvaise herbe… Les amateurs de rap québécois connaissent déjà la majorité des artistes qui compose le collectif de Movèzerbe et possèdent probablement quelques uns des projets solos d’Accrophone, Boogat, Les 2 Tom, Karim Ouellet, Abidbox ou Kenlo.
Ces derniers ont réussi à rassembler The Roots, Beau Dommage, Bob Marley & The Wailers, Boule Noire et James Brown dans un chalet des Cantons-de-l’est ! C’est un mariage de cultures musicales qui donne la place à une grande diversité de sons provenant notamment du Rhythm & Blues, du Reggae, du Soul, du Funk, du Folk et de la musique latine pour ne nommer que ceux là.
Les 8 mélomanes se sont lancer à la redécouverte des racines du hiphop et de leurs propres influences personnelles. Ils ont composé chaque beat de l’album ensemble en jouant d’une multitude d’instruments – de la guitare jusqu’à un coquillage dans lequel on souffle – lors de sessions d’exercices de styles (jam sessions). Les mélodies sont riches et mélangés, les voix passent harmonieusement du rap au chant et l’écriture est habile et délicate. Dans les textes, de manière générale, on note quelques revendications sociales et beaucoup de dédicaces faites à la musique elle-même.
Du choix des instruments organiques jusqu’au nom du groupe, de l’album et des titres de chansons, ce projet est un produit tout droit sorti de la nature. Le climat qui se dégage de cette trame sonore envoie dans l’air des vibrations Zen auxquelles même une plante ou une roche ne pourrait pas rester de glace.
Movèzerbe de A à Z. Les 8 membres du groupe ont mis beaucoup d’importance au fait de participer à toutes les étapes de la création. Les rappeurs ont étés leurs propres musiciens, techniciens et infographistes.
Pour hiphoppers matures, dendrophiles et mélomanes.






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