Voici un projet qui a autant rapport avec le hip hop québécois qu’un profil de chat sur Facebook, ce qui veut dire pas du tout ou à peu près pas. J-Robin, c’est d’un côté Maître J, mc à temps partiel entre deux cours de philosophie au CEGEP dont le flow rappelle plus Richard Desjardins que Jay-Z, et de l’autre, Maxime Robin, pantenteux de sons étranges qui a certainement beaucoup écouté Endtroducing de Dj Shadow à l’adolescence.
Le résultat qui en découle ne peut donc être que « spécial », voire marginal ou complètement malade (dans le bon sens du terme). À écouter les six courtes chansons en boucle, il est justement possible de devenir fou, à la condition, bien entendue, d’y mettre un peu du sien et, surtout, de mettre le son très fort.
Parce que l’ambiance créée sur le mini-album est un phénomène en soi. On passe du punk-électro acerbe de Double Dip aux violons dramatiques de Sophie pour terminer dans le délire spirituel de Prière. Mais le clou du spectacle est certainement More Meat, hommage saisissant aux animaux morts qu’on mange, livré dans un Anglais assez déconcertant.
J-Robin est donc un projet à qui le EP va à merveille. Pas trop court ou trop long, mais juste assez pour qu’on se pose de sérieuses questions sur sa pertinence, ses conditions de possibilité et sa classification… Et juste le fait qu’on se pose autant de questions est déjà une expérience en soi qui vaut plus que 80 % de tout ce qui se fait musicalement au Québec.
Les fans de l’autoroute 20, d’amour, de prières et de viande seront heureux de connaitre J-Robin. En effet, le rappeur Maître J, fier représentant de NSD (L’apprentissage de Maître J), et le fabriquant de rythmes ainsi que moitié de Pax Kingz, Maxime Robin (Towntempo kind of guy, 30bpm) forment cette rencontre au sommet de la montagne du rap expérimental qu’est J-Robin. Bien que l’alpinisme soit le thème central du EP éponyme, le français, l’anglais, la culture québecoise, les rythmes hachurés, la senteur des disques vinyls s’y mélangent allègrement!
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