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Photos : Dramatik @ Francofolies 2011

Les Francos sont enfin commencés pis comme chaque année je vais passer ma semaine à les courir. Vendredi, c’était Linso Gabbo, avec un set surprise d’Omnikrom, et Alaclair Ensemble. C’était la première fois que je voyais Omnikrom en show pis c’était une crisse de première. Eh oui, vous pouvez commencer à me « hate » right now mais JeanBart, il flow en crisse. Linso, lui, est assez funny, très présent aussi. On le voyait courir d’un bord pis de l’autre du stage. Son DJ a même fait le tour du crowd avec un bol de poulet PFK pendant son track Billy Mitchell qui mange un Double Down. Bref, une grosse heure de fun. Je m’attendais à rien pis j’ai pas été déçu pentoute.

Alaclair c’était assez comme d’habitude : melade. Je pense qu’il faut voir le band en show pour comprendre. Les seules choses qu’on a pu remarquées de plus, c’était un cover du rap de Watatow et un sick a cappella de Ogden (d’où qu’tu sors crisse?!).

Samedi, c’était Dramatik. Il était accompagné de son band live. Guit, drum, bass et une petite section de cuivre. Disons que la transition du show ska (Planet Smashers) au show rap a très bien passée. Fidèle à lui-même, il a fait quelques freestyles (a cappella et aussi des beats improvisés par son band), ses verses des classiques de Muzion (dont La vi ti neg) pis il a fini ça avec ma préférée : L’Oubli. Encore une fois, une grosse heure de show.

C’te fois-là, j’avais la caméra alors j’ai quelques photos pour vous (clique dessus pour agrandir, yo) :

Crédit photos : Samuel Daigle-Garneau (Hiphopfranco.com)

Donner des mp3? Pas si nouveau que ça

En 2010, quand un artiste décide de rendre téléchargeable un de ses mp3, c’est comme les journées de crème glacée gratuite chez Ben & Jerry’s.

Le journaliste Philippe Papineau s’est même penché sur la question dans le quotidien Le Devoir, au début du mois de Février.

Pourtant, sur la scène hip-hop, ça fait une décennie qu’on offre des singles et mp3 gratuits à chaque semaine. En 2002, Sinis, le fondateur de ce site offrait ses propres mp3 et ceux des artistes les plus influents d’aujourd’hui comme Muzion, SP, Accrophone, Damien, Koriass et L’Assemblée. À chaque semaine, les labels les plus importants de la scène hip-hop ont offert les singles de leurs artistes en téléchargement gratuit. Si vous aimiez la tune du nouveau clip de Papaz sur les ondes de Musique Plus, on vous la donnait, gratuitement en plus. À l’ère où tout le monde semble vouloir donner parce que c’est « la nouvelle façon de faire les choses », les étiquettes hip-hop de renom décident plutôt de réduire les téléchargements à de simples écoutes gratuites. Voir, Karma Atchykah, Le Cerveau ou Izzo.

Ils foncent contre le courant, un courant qui semble pourtant si rafraîchissant, mais qui ne représente que le passé pour certains d’entre eux. Ont-ils découvert qu’ils perdaient de l’argent en donnant aux fans ce qu’ils voulaient? Même si l’industrie hip-hop est réputée pour souvent être broche à foin, j’ai l’impression que sur ce coup elle a devancé tout le monde d’au moins 3 ans. Est-ce que les autres styles émergents feront le même constat un peu plus tard? Le rap aura-t-il servi de kamikaze?

Même si j’ai une légère préférence pour la musique rock et que j’ai toujours détesté voir le hip-hop se donner le rôle de la victime, je dois admettre avoir parfois vu l’industrie de la musique fermer ses yeux sur les innovations du mouvement hip-hop et en faire sa propre innovation un peu plus tard, simple constat. Ça me fait bizarre d’entendre parler de ça comme une quasi-révolution alors que pendant plusieurs années j’étais au beau milieu d’un « réseau de distribution de musique gratuite et légale ».

Jetez un œil à la section mp3 si vous ne l’avez jamais fait, vous en aurez pour des semaines de téléchargements. Les HLM, Abuzive Muzik, 7ème Ciel, Seven Seas, Iro Productions, BBT, 13Deep, NSC et j’en passe, sont des étiquettes connues et reconnues qui ont donné leurs plus importants singles au cours des huit dernières années, même des mixtapes complets. Pour certains, on croirait que le mp3 légal est une invention de Misteur Valaire.

Pourquoi alors en parler comme quelque chose d’innovateur? Est-ce que selon vous, donner sa musique peut être bénéfique pour les artistes? Et le hip-hop a-t-il tort de diminuer ses téléchargements alors que la tendance semble penser que l’industrie gagne à s’y initier?

- David « Murphy Cooper » Schinck

On n’a qu’à penser à Misteur Valaire ou Avec pas d’casque.

Dramatik – La boîte noire

Dramatik En psychologie, les béhavioristes prétendent depuis plus d’un siècle que les états intérieurs sont des mécanismes conditionnés qui ne peuvent être étudiés ou même atteints. On peut étudier les entrées, les sorties, mais tout ce qu’il y a entre les deux, à l’intérieur de la peau, n’est pas visible, un peu comme une boîte noire.

Avec ce premier album solo, Dramatik essaie justement d’éclaircir sa boîte noire dans une véritable thérapie poétique qui reprend tout depuis le début. À l’essence même de son enfance, parsemée de courbes sinueuses, laissant ressortir avec les années plus de tristesse que de joies. Parce qu’aussi lointaines qu’elles soient, ces racines fondatrices sont incrustées au fond de chaque être pour la vie. Elles persistent et blessent jusqu’à ce qu’on apprenne à vivre avec, peu importe la portée affective qui s’y rattache.

Et il faut dire que cette thérapie n’a rien de trop facile pour Drama dont le passé n’a rien de trop enviable. Abandonné par son père, Bruno a couru les centres d’accueil, vu beaucoup de ses amis mourir subitement, jusqu’à être persuadé pendant un certain moment que la vie n’avait rien de bon à lui offrir. Mais, maintenant, il en parle. Avec recul et finesse. Sans passer par quatre chemins – parce qu’il n’en connaît qu’un peut-être –, il nous amène avec lui dans son passé, sans gêne et sans pudeur.

Loin de tomber dans le mélodrame facile pour nous mettre la larme à l’œil, il mélange à son rap des sonorités pleines de vie empruntant tantôt au soul (Au nom des pères) et au reggae (L’oubli), tantôt au jazz (Ghetto Génétik), au gospel (40 Barz) et au funk (L’amère et Ken). Comme quoi, malgré tout, l’espoir ne meurt jamais vraiment.

Si l’album est une thérapie, ce n’est pas toutes les rencontres qui s’avèrent fructueuses. Quelques faux pas brisent momentanément le rythme très organique de l’album. Des pièces comme « Au volant de la rage » et « R.I.P. » se ramassent en fin d’album comme si on avait voulu les cacher.

Mais ces petits faux-pas, en plus de quelques refrains formatés ici et là, ne viennent pas entraver la démarche thérapeutique d’un rappeur sans égal, tant au point de vue du flow que des paroles. Après quelques écoutes, on apprend à vivre avec cette boîte noire, à l’apprivoiser comme elle est, dans sa totalité. Un peu comme Drama finalement.

- Riff Tabaracci

Voici un extrait: