Article tagué Samuel Daigle-Garneau
Une suite pour les Session Microfilm
14/02/11
L’été dernier, un vidéo mal enregistré tourné dans un abribus débarquait sur les internets. C’était St-Saoul et une gang de musiciens bizarres qui performaient sa chanson J’laisserai jamais tomber. Les commentaires étaient unanimes; le vidéo était d’un rafraichissement. Assez pour que 33MAG s’intéresse au concept. La vitrine spécialisée en WebTV a donc sauté sur l’occasion pour en créer un projet d’un tout autre niveau. Le projet Session Microfilm était né : une caméra, une musique de Pif Paf Hangover, un rappeur invité et un lieu inusité. Il a mis sur pied une première saison et, maintenant, c’est le tour de la deuxième.
J’en ai profité pour rencontrer l’équipe pendant le tournage de cette nouvelle saison, qui avait lieu pendant la fin de semaine du 14 au 16 janvier dernier. Je l’ai rejoint le dimanche midi dans une patinoire extérieure. Sur place, les musiciens préparaient leurs instruments et Krooks, le rappeur invité, enfiellait ses patins pour compter des buts au filet, question d’avoir un peu de jus pour la capsule.
Il faisait froid, même avec les gants pis la tuque. Tout le monde sautillait et moi aussi, on essayait de trouver un peu de chaleur en sacrant les joies de l’hiver. «Il fait frette en crisse, rétorque Manu, le claviériste du groupe. Et c’est dur pour les doigts, ajoute Maxo, le guitariste». Au moins, quand le tournage était terminé, le groupe pouvait aller se réchauffer une bonne heure, mais après un autre rappeur les attendaient à l’extérieur.
Aujourd’hui, ce n’est pas le rappeur qui freestyle
Si dans le milieu hip-hop, le rap se donne souvent à l’improvisation, avec Session Microfilm c’est tout le contraire. L’artiste invité chante une chanson déjà écrite mais le reste est tout fait sur place. La musique n’est pas préparée : les gars du band écoutent le morceau un 30 secondes et recréent l’air en moins de 2 minutes, sinon ils y vont selon le feeling du moment. Krooks vous le confirmera : «L’expérience s’est déroulé super vite, les gars étaient professionnels. Ils ont conçu le beat en tellement peu de temps, c’est mongol». Les instruments sont aussi décidés on the spot, les musiciens en apportent beaucoup mais ne les utilisent pas tous à chaque capsule. «Là, c’est différent parce qu’on fait ça l’hiver. On a choisi des instruments qui ne se désaccordent pas à l’extérieur; des xylophones, un kalimba, un drum machine… Explique Maxo». Même les lieux de tournages sont improvisés. Évidemment, ils sont prévus à l’avance mais plusieurs contretemps font qu’ils sont souvent modifiés à la dernière minute.
Changer le rap d’environnement
Le concept de base est de sortir le rap de sa zone de confort et de le réconcilier avec la musique. «Ça fait longtemps qu’on fait ça avec nos amis hip-hopeurs, Milord ou St-Saoul. Les gars rappent et, au lieu d’avoir un beat, nous, on fait de la musique avec des instruments. Tout ce qui est entre en compte maintenant, c’est qu’on a une caméra de braqué sur nous. Et comme ça fonctionne, on le fait avec tout le monde, raconte Maxo. Les rappeurs ont l’air d’avoir du plaisir et c’est plus organique». En effet, l’exercice des Session Microfilm permet aux rappeurs de sortir de leur milieu. En plus, c’est une bonne vitrine. «Les capsules font la promotion des artistes à l’extérieur de leur univers. On les voit en dehors des Word Up! Battles ou de leurs de mixtapes, sous un autre angle, c’est plus naturel. Et, personnellement, c’est ça que je trouve intéressant, avoue OG, le réalisateur du projet». Mais le participant ne pense pas toute de suite à la promotion. L’épreuve y est pour quelque chose. «Moi, si je l’ai faite [la capsule], c’était aucunement pour pluggé mon prochain album, l’expérience tout court me fascinait, confie Krooks. Je le recommande à tout le monde qui aime la musique. J’imagine seulement faire tous les tracks de mon album dans des lieux et des ambiances différentes et je capote, termine-t-il». Reste à voir si l’éclectique liste d’invités, les Obia Le Chef, C-Drik, Terio & Fly, Milord & Feedback, Alaclair Ensemble, Jamai & P-Dox, Loe Pesci, Linso Gabbo et les Freshmakers, a autant apprécié l’expérience avec Pif Paf Hangover.
Session Microfilm 2, dès le 21 février 2011 sur le web de 33MAG.
Une réalisation d’Olivier Guillemette (Montréalisme, 16Bars, La Rue du Hip-Hop) avec les retouches sonores de Jules Gosselin-Beaudet (le rappeur L) en collaboration avec Pif Paf Hangover.
Redécouvre mes classiques : Farfadet
16/01/11
J’ai décidé de changer le nom de la chronique… Je vais appeler ça Redécouvre mes classiques à la place de Redécouvre tes classiques. Parce que c’est tellement une question de goût. Tsé, il y a beaucoup de choses qui ont passé dans le beurre mais pour certaines personnes c’est un fuckin’must. Est-ce qu’on peut tous dire que Sans Pression – 514-50 Dans Mon Réseau est un CD à avoir dans sa collection? C’est discutable. Est-ce que tout le monde aime La vi ti neg de Muzion ? Je suis certain que non. Mais c’est quoi un classique alors ?
Le terme classique désigne également un auteur ou une œuvre considéré comme digne d’être un modèle pour les autres artistes.
Donc, c’est un modèle. Il y en a des tonnes dans le hip-hop québécois. J’ai les miens et vous avez les vôtres. En ce moment, je pense à Farfadet. Juste avant d’écrire ces lignes, j’ai été le voir sur Facebook… Je lui disais que j’étais en train d’écrire une chronique sur lui et la première chose qu’il m’a répondu c’était : «J’ai-tu un classique?». Pis il avait raison. Farfadet, c’est un no name pour pas mal de monde. Pas pour moi. C’est un artiste que je respecte et, oui, je pense qu’il mérite d’être pris comme modèle. Le gars est en train de devenir un des meilleurs beatmakers au Québec. Les SP, Cobna, Kasper, St-Saoul, Damien passent toute par lui. Après ça, c’est un des gars qui donnent les meilleurs performances en spectacle. J’exagère même pas. Je traine dans les shows depuis l’âge de 13 ans (et j’en ai 26), donc disons que je suis capable de reconnaître un bon artiste sur scène. Je pense que je l’ai jamais vu se fucker en show. Il a enregistré sa Session Microfilm en 2 takes (pis c’est parce qu’il ventait trop fort pendant la première). Pis, évidemment, c’est un bon rappeur. Récemment, il a fait le saut à Musique Plus ; il a gagné la première place pendant le concours de la compilation HHQc, ce qui lui a permis de jouer sa chanson avec Rymz et Racine. En plus, son dernier clip vient d’être accepté sur les ondes. Il a joué à Palmarès et à l’émission 3-4, où on a présenté un petit topo sur lui. Bref, ça va bien depuis quelques temps.
Mais Farfadet n’est pas né hier. En 2002, il était déjà sur la compilation Ruffneck présente : Bombeat et il a un album derrière la cravate. Sauf que ce n’est pas tout le monde qui le connait depuis longtemps. Dirty Taz le nommait comme découverte de l’année dans notre rétrospective 2010 et ce n’est pas le seul qui a passé à côté de ses rap.
Je dirais à ceux là d’aller écouter Parler au nom d’une nation, son premier album. Juste pour vous, un extrait qui joue souvent dans mes écouteurs :
Il est temps en vain d’prouver enfin ce que je vaux.
Word. Allez, vas-y man.
Mes résolutions hip-hop 2011
6/01/11
À ce moment même de l’année, on entend toujours parler de résolutions… Nos matantes nous demandent si on a décidé d’en prendre pis les autres nous parlent surtout d’à quel point c’est de la marde. Juste parce qu’on est pas capable de les tenir ces hostie d’résolutions là. C’est pour ça que moi je n’en ai jamais pris. Tsé, des mauvaises habitudes c’est difficile de s’en défaire… C’est facile à dire mais c’est encore plus facile à faire! Ben oui, moi aussi, j’aime ça la facilité mais je m’assume, au moins.
Sauf que dans la vie, il y a quand même des choses qu’on peut facilement arrêter de faire. Même si, en général, on aime faire ces choses là parce que y a toujours une p’tite affaire qui gosse quelque part. C’est ça la base des résolutions. On arrête de boire parce qu’on le fait trop ou ben parce qu’on est cave quand on est saoul, sauf que crisse qu’on aime ça la bière.
En 2010, y a des choses qui m’ont poussé à boute, des choses que j’ai plus le goût de faire. Et ces choses là ont toutes rapport avec le rap. C’est normal, c’est quelque chose d’important dans ma vie. Ça prend beaucoup de place… En plus de travailler pour un site hip-hop, j’organise des shows, alors c’est sûr que le rap, je baigne dedans. Mais des fois je me dis que je devrais slacker. Ce qui m’amène à parler de mes résolutions :
Cette année, je n’ajoute plus personne que je connais pas sur Facebook
Durant les derniers mois, j’ai rencontré beaucoup monde. Ça tombe bien parce que j’suis quelqu’un de très sociable. J’aime faire des nouvelles rencontres pis on s’entend, à c’t'heure, ça se passe surtout sur le net. Sur Facebook. Comme je travaille pour Hiphopfranco, je rencontre surtout des gens du milieu hip-hop. Des rappeurs.
Et, c’est là que ça se complique. Et je vais généraliser un peu alors capotez pas.
Récemment, j’ai décidé d’arrêter tout contact avec ceux que je connaissais pas, parce qu’ils m’ont gossé. Mais d’à plomb. J’ai dû supprimer genre 15 personnes de mon Facebook… Tout ça à cause de la publicité (lire ici harcèlement ou spam) qu’ils font. Quand un rappeur se met à faire de la promo pour un de ses projets, c’est l’enfer. Y a juste pas de mot pour décrire ça. Mettons que le gars sort un nouveau clip… En premier, il va publier le lien Youtube sur le mur de presque tous ses contacts : quand t’es amis avec la moitié d’entre-eux, pas besoin de te dire que ton Facebook est bumrushé pas à peu près. Après ça, il le partage genre 6 ou 7 fois par jours. Pour être bien sûr qu’on l’a toute vu. Il le post deux fois le matin, trois fois l’après midi pis quatre fois le soir (et ses amis font toute pareille). Tsé, je sais pas c’est quoi vos habitudes vous-autres sur Facebook mais moi quand je l’ouvre, je regarde mon Fil d’actualité jusqu’en bas de la page pis rendu en bas, je clique sur Publications plus anciennes. Pour voir ce qu’il y a eu durant toute la journée. Quand le 3/4 de ta page c’est presque le même lien, on s’entend que t’as le goût de faire du ménage. Je pense que j’ai jamais vu de quoi d’aussi gossant sur le net.
Tout ça fait que je n’ai plus le goût de rencontrer du nouveau monde. En tout cas, pas de nouveaux rappeurs spammeurs. Ça me fait chier mais c’est comme ça. Alors, cette année, les nouveaux amis sur Facebook, j’oublie ça. J’ajoute mes connaissances, c’est toute.
Cette année, j’organiserais pas de show rap
Comme je disais plus haut, j’organise aussi des shows. Par contre, je donne pas seulement dans le rap, j’aime beaucoup d’autres styles. J’ai grandis en parallèle avec le punk et je fais souvent la comparaison entre cette scène là et le hip-hop. Parce que c’est relativement la même chose : deux sous-cultures et/ou mouvements qui sortent rarement de l‘underground. Donc oui, malgré les différences, il y a aussi beaucoup de points en commun. Sauf qu’organiser un show hip-hop et organiser un show punk, c’est tellement pas la même chose. Et encore une fois, c’est durant les derniers mois que je me suis tanné à booker du rap.
Quand j’organise quelque chose, je m’implique à fond. Et j’aime bien quand les gens font la même chose. On va me dire : «Oui mais c’est toi le booker, c’est à toi de faire ci et ça». Non, c’est ça l’affaire. C’est pas la même chose quand tu viens de l’underground. On est une communauté pis les gens qui en font partie doivent s’impliquer s’ils veulent en sortir plus grand. J’ai l’impression que dans le hip-hop, j’ai pas ce support là. Les gars, même s’ils abusent de la pub sur leur facebook, vont pas parler nécessairement du show que je suis en train de monter. C’est pas normal. Après ça, ça demande de se faire payer. Même si y a pas un calisse de chat qui est venu les voir. Tsé, me semble que quand tu n’as pas de public PIS que tu t’impliques pas, ben tu prends ton trou. Tu fais ta p’tite chanson pis après tu viens dire merci à celui qui a pensé à toi. Tu arrives pas en retard. Tu respectes le temps qu’on te donne. Tu tètes pas 4 chansons de plus sur ton set. Tu invites pas toute tes chums à entrer gratuit. Surtout pas si tu as ignoré le email où on te demandait les noms pour ta guestlist. Si t’es pas connu, tu acceptes de jouer en premier pis si tu l’es un peu plus, il faut que tu le finisses le show. Y a des règles de même à respecter. C’est la vie. Tout ça fait que non, en 2011, j’en organiserais pas des shows rap.
Deux choses dont je suis certain. Deux choses que j’aime mais que je dois arrêter.
SB – Marche avec moi
14/11/10
Un peu plus d’un an après son dernier effort, Tant qu’à être là vol.2, SB est de retour sur disque avec le maxi Marche avec moi. Un titre très significatif pour le principal intéressé…
Marche avec moi?
S’il veut qu’on marche avec lui, c’est pour s’assurer qu’on suit encore ce qu’il fait, qu’on aime sa musique. Du genre qui m’aime me suive. Peut-être qu’après avoir vécu un des plus gros hype de l’été et pas toujours à son avantage, SB veut être sûr de toujours avoir des fans derrière lui. Mais quand on écoute le projet, on se rend compte qu’on a affaire à un artiste qui ne se pose pas trop de questions. Sûr de lui-même. « Vous pensiez quoi? Que vos critiques allaient me ralentir. » SB est clair, ce n’est pas une p’tite marionnette et il fait ce qu’il veut.
Il suit quand même une lignée en se proclamant le porte-parole du hood. Mais je lui donne. Parce que je me reconnais dans son rap. Qu’il parle de rue, de manque de cash (Marche avec moi, Vie d’adulte), de politique ou des enjeux de la vie (D’après toi, 6-6-Système), de l’univers des centre d’accueil (Jeunesse qui s’enfonce part.2) ou des responsabilités qui viennent quand on grandit (Vie d’adulte), SB finira à un moment ou l’autre par nous toucher. Moi, je m’arrête seulement quand il parle des femmes (J’aime ça).
Mais je m’arrête aussi pendant les refrains chantés et catchy (Marche avec moi, Jeunesse qui s’enfonce part.2) mais surtout à écouter les beats. Produits en totalité par Joël Grondin, sans doute un nouveau beatmaker ou débutant du Fruity Loops qui ne semble pas trop s’y connaitre en sampling. On dirait par moment de la musique en fichier midi, des faux sons de drums, genre électronique. Bref, un ensemble assez pauvre… Par chance, SB est un habitué qui sait comment bien poser sa voix sur un beat, à le faire sonner. Et les sctratchs de Dj Kronik aident aussi. Mais pour les prochaines fois, il gagnera à changer de producteur parce que même si on écoute seulement cette musique pour les paroles ou le flow, l’instrumental est une partie intégrale d’une chanson rap. Et personne peut me contredire là-dessus.
Mauvais Acte – Bien et mal volume 1
1/10/10
Mauvais Acte, c’est Rymz et O-Lit. Deux jeunes rappeurs originaires de St-Hyacinthe. Si on se souvient bien, j’ai déjà critiqué Rymz dans le passé en le comparant à Online et Manu Militari… Je dois maintenant retirer mes paroles… Parce que plus je l’écoute et plus je trouve qu’il a un ton de voix et un style propre à lui-même. En plus, O-Lit le complète parfaitement. Mauvais Acte, c’est aussi le groupe qui a sorti l’album « Pour les jeunes comme nous ». Une expression parfaite pour caractériser l’ensemble de son rap. Elle colle aussi avec la profondeur de son nouveau projet, « bien et mal volume 1 ».
« Si j’parle si sincèrement, c’est pour les miens et moi-même, nécessairement ». C’est ce que l’on peut entendre en écoutant les premières minutes du mixtape. Une phrase qui donne le ton et la direction du projet. Chaque pièce (ou presque), peu importe sa sonorité ou son sujet, nous ramène à la même place : la réalité des jeunes. Mais on est sans crainte, Mauvais Acte ne fait jamais le tour de la question et il sait très bien comment aborder ses thèmes pour ne pas devenir redondant. On ne peut se lasser d’en entendre parce que c’est un tout : « C’est la rage, la détermination, l’espoir, le courage, la passion… […] C’est la motivation… »
« Bien et mal volume 1 » est un ensemble très rugged, street mais avec un côté plus soft, presque commercial. Vingt et une pistes qui s’écoutent très facilement, sur repeat, sans rien skip. Et là, je dois poser une question : À quoi a-t-on pensé en faisant de ce projet un mixtape ? Avec du contenu comme ça, on doit sortir un album ! Et si c’est parce que Mauvais Acte manque de budget, je lui conseille tout de suite d’aller cogner aux portes parce que c’est évident qu’on va lui répondre.
BMC – C’que t’as dans le ventre
28/04/10
Pour moi, BMC n’était pas ces trois lettres qui en disent long. C’était plutôt le groupe qui me faisait quitter les salles de concerts lorsqu’il embarquait sur scène. Alors, lorsqu’on m’a approché pour une critique de son nouveau projet, j’étais sceptique. Je n’ai pas accepté tout de suite. Parce que, quoi qu’on en pense, ce n’est pas toujours plaisant de critiquer (et surtout d’écouter) quelque chose que l’on n’aime pas. On préfère passer son tour.
Mais à l’écoute du projet, j’ai eu la même surprise que quand j’ai écouté le premier single de l’album. J’ai trouvé que le groupe était bon. Enfin, BMC semble avoir trouvé son style. Et oui, je crois que même après autant d’années, un groupe peut encore développer des habiletés, évoluer et s’améliorer.
Un rap différent
Le groupe est différent de ce qu’il était mais surtout différent de tout ce qui se fait dans le hip-hop à l’heure actuelle. Les feats avec Oscar (Anonymus) et The Saintes-Catherines n’y sont pas pour rien. BMC est un groupe très rentre-dedans et l’album démontre très bien ce qu’ils ont dans le ventre. Il a de la geule. En fait, les gars ont de la gueule. Ils rappent presque toujours en gueulant et gardent cette agressivité tout le long de l’album, même lorsqu’ils parlent avec le coeur.
Et à ce niveau, je peux encore reprocher à BMC d’avoir des textes trop simples, des rimes avec très peu de techniques mais maintenant, ça ne me dérange plus. Parce que peu importe comment on m’parle, si on le fait avec le coeur, ça fonctionne. Les gars réussissent donc à me faire réagir, et même presque à me faire pleurer (seulement pendant un track), avec des mots d’encouragement, de persévérance, d’authenticité, d’amour et de rage. Ils réussissent surtout à me faire aimer un groupe que je n’appréciais pas au départ. C’est ça le plus impressionnant.
Maintenant, je ne dis pas que tous ceux qui n’embarquaient pas avec BMC vont devenir des fans inconditionnels. Cependant, je peux vous assurer qu’il est meilleur qu’il était. À conseiller à tous ceux qui veulent entendre autre chose que du rap traditionnel, à tous bons amateurs de rapcore, peu importe leur état d’esprit.
- Samuel « krlep0ser » Daigle-Garneau
Un (léger) retour aux sources pour L’Assemblée
7/03/10

L’Assemblée n’a plus besoin de présentation. C’est un groupe qui a vite fait ses preuves à ses débuts, avec les divers concours (Une vie sans fausse note, Stop à la violence, Hip-Hop 4 ever, etc.) et qui, plus tard, a conquis les radios commerciales avec le succès « Turn your head around ». Ce nouveau disque, Persona Non Grata, est, pour les gars de L’Assemblée, un retour aux sources. Pour moi, c’est peut-être une occasion de revoir le groupe que j’ai connu, il y a 10 ans…
Ce titre signifie « Personne Indésirable ». Un terme évidemment dédié à leurs détracteurs, les haters ou peut-être simplement d’anciens fans déçus du nouveau son commercial du groupe. L’album est d’une part un message (ou une réponse) à ces personnes : ils ne vous écoutaient pas. Ils s’en sont câlissé. Ils ont continué de faire ce qu’ils aiment, peu importe ce que vous en pensiez….
Mais aujourd’hui, ils reviennent avec un projet hybride, un retour aux sources. Quelque chose de plus hip-hop avec des scratchs à la tonne. Il y a certainement des questions qui me viennent en tête à l’écoute de cet album. Est-ce le nouveau son de L’Assemblée ou simplement le style du groupe le temps d’un projet ?
Sérieusement, j’aime bien l’album et le vibe dans lequel il nous transporte. C’est quelque chose de plus intime, de plus personnel qui me permet de découvrir les personnes derrière Ironik et Narkoi. J’apprends à connaître ce qu’ils pensent réellement de leur musique ou bien les concessions qu’ils ont fait pour connaître le succès. Leur passé plus ou moins précaire dans Hochelag jusqu’à leurs histoires d’amours, de pères de famille ou de nouveaux adultes qui ont quitté les bars avec de bons souvenirs…
Donc, tout va pour les sujets de l’album. À part ceux de « Junkies du rap » où ils comparent de manière assez louche leur musique à la drogue et qui s’éloigne beaucoup du thème général de l’album. Sinon, j’me suis fait à l’idée : ce n’est pas réellement un retour aux sources. À cause des flows, de certaines syllabes étirées, des refrains (trop) accrocheurs et au style très semblable de leurs derniers albums. Mais ce projet-là est tout de même très différent de ce qu’on est habitué d’entendre avec L’Assemblée et il plaira aux amateurs qui, comme moi, n’ont pas comme coutume d’apprécier ce groupe. Après quelques écoutes, évidemment.
- Samuel « krlep0ser » Daigle-Garneau
Frank y brag to the basic
12/02/10

J’avais un peu de difficulté à introduire ce projet-là… Simplement parce que Franky Bragg est un nom assez nouveau pour moi. Donc, je l’ai carrément appelé pour en savoir plus à son sujet. « Je rap depuis les débuts des années 2000 et je dois avoir fait une cinquantaine de shows mais Bragg to Basics est mon premier projet alors j’aimerais être introduit comme un newcomer », avance Franky Bragg en toute modestie. En effet, c’est avec ce EP qu’il fait sa vraie entrée dans le game. Entouré depuis le début de Dirt Diggler, partenaire de son groupe 2 Dime, Chukk James, ainsi que de Loud and Lary, le rappeur est également proche du Casse-Croute, l’étiquette indépendante qui nous offre Bragg to Basics, son premier album.
Et comme les gars du Casse, il mise sur la technique ; les rimes et le flow. Des textes qui se rapprochent des clichés hip-hop ; du hustle, de la drogue, des sorties dans les clubs et surtout de la grosse vantardise sale. Mais Franky est un personnage et on le remarque tout au long de notre écoute. Et puis, des tracks comme « Illusions » arrivent à nous faire réfléchir : c’est deux gars qui sont pris dans la galère, dans l’illusion qu’apporte la drogue, deux gars qui se questionnent même si leur « dépendance » ne leur causent pas de problème pour l’instant…
On s’attend souvent à entendre un gros son commercial quand on parle de brag, mais avec Chukk James, qui assure la production complète du projet, c’est totalement le contraire. On nous amène dans un vibe légèrement old school. Loin de la tendance de l’heure. Comme on l’entend dans le projet, Franky est le « backpacker du brag ». En ce sens, « Bragg to basics » est certainement le terme parfait pour décrire l’album. 30 minutes de headbangers qui plairont à n’importe quel amateur de Hip-hop.
Voici un extrait:
-krlep0ser
Mailhot – Mon mixtape
6/12/09
C’est en 2005 que Mailhot fait son apparition dans le milieu du rap québécois avec son groupe Les Gars D’Bouch. Il participe au mixtape « Un peu trop homemade » et rejoint le collectif Casse-Croute l’année suivante. Rappeur avec une multitude de talents : infographiste, graffiteur et skateboarder, Mailhot reste tout de même un artiste discret en marge des groupes auxquels il participe. Il reste caché derrière toutes les pochettes du Casse-Croute et son nom apparait à peine sur son propre projet.
Mailhot est simple, vrai et intègre, c’est ce qu’on apprend avec « Mon Mixtape ». On remarque donc enfin son vrai visage avec ce projet, fruit de trois ans de travail, non intensif bien sûr. Mailhot manque parfois de temps; il occupe à certains moments trois emplois et malgré tout ça, le manque d’argent l’empêche d’opérer.
Le temps et l’argent sont justement deux thèmes qui reviennent du début à la fin. Ces éléments sont évidemment des embuches pour l’artiste lorsqu’ils brillent par leurs absences. La piste « Le temps » décrit très bien la situation. Mailhot nous parle aussi beaucoup de sa plume, de son rap, de son acharnement et de ses rêves au travers la musique. Ce qu’on retient surtout chez le MC, c’est l’intégrité. L’amitié et la fidélité sont des valeurs très importantes pour lui : il parle d’abord pour les siens, passant de ses fans à ses amis. Mailhot a certainement le potentiel de nous toucher et c’est justement ce qu’il veut faire.
« Mon Mixtape » nous accroche avec un ton de voix relaxe, un flow posé qui s’accorde à n’importe quel beat ou artiste. Il passe radicalement des sons plus tranquilles aux headbangers sans toutefois nous déboussoler. Il réussit à nous calmer, mais aussi à nous faire bouger : un must pour tout adepte de rap.
Voici un extrait :


























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