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Où est-ce que s’arrête l’underground ?
10/03/11
Récemment, j’ai reçu un communiqué de presse qui confirmait la présence de NOFX au prochain Rockfest de Montebello. Pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe-là (je prends aucune chance étant donné que j’écris d’un blogue hip-hop), c’est une formation punk (punk rock/skate punk pour être plus précis) active depuis environ 25 ans. Elle a sorti près d’une vingtaine de projets donnant des chiffres de ventes dans les 6 chiffres. Même une télé-réalité porte son nom. Bref, un groupe avec un gros curriculum vitae qui n’a oh plus besoin de présentation. Et le communiqué dont je vous parlais présentait le groupe comme étant underground. On s’entend-tu pour dire que même si ta matante n’a jamais entendu parler de ce band-là, c’est impossible d’utiliser le terme underground pour décrire NOFX.
Aujourd’hui, j’ai vu la compagnie de disque Indica (Vulgaires Machins, Xavier Caféine, Les Trois Accords pour ne nommer que les plus connus) parler de sa présence au Salon du disque et d’art underground qui aura lieu en fin de semaine. Je me suis tout de suite posé la question suivante : Est-ce que Indica se considère réellement underground ou bien elle profite simplement de la tenue d’un événement pour aller vendre des records?
Ce qui m’amène à poser la question suivante : Qu’est-ce que l’underground et où s’arrête-t-il?
Toé, Wikipedia, qu’est-ce que tu en penses?
Underground est un mot anglais signifiant littéralement « sous-terre ». Il peut en particulier désigner :
Culture underground, culture alternative, en marge de la société, tenue à l’écart des médias de masse
Donc, Indica Records n’est pas underground pis NOFX non plus. Désolé les boys. À moins que vous vous opposez à cette définition.
Je baigne dans cette culture-là et entendre des trucs du genre : Indica sera au Salon du disque et d’art underground me fait encore plus chier qu’un puriste hip-hop qui entend parler de Omnikrom comme étant un groupe qui fait dans le rap (gros inside, les concernés vont comprendre). À ce moment là, j’aimerais qu’on se pose les vraies questions, qu’on se réapproprie le terme ou du moins qu’on lui donne un sens.
Personnellement, quand j’utilise le terme, je pense à des artistes comme Casse-Croute qui descendent dans la rue pour vendre leurs propres disques ou comme Monk-e qui refuse d’être vendu chez Archambault. Même chose avec Jeunesse Apatride qui eux poussent même jusqu’à refuser leur participation à des concerts où les billets se vendent plus de 10 dollars, qui ne veulent pas non plus de vidéo-clip en rotation. Mais qui ont un crowd fidèle à chaque concert, des tournées derrière la cravate et des albums distribués un peu partout sur la planète. Je pense à des artistes qui concilient difficilement travail et musique, qui voient cela comme un passe-temps plutôt qu’une carrière, qui ne sont ni membres de l’Union des artistes, ni reliés à SOCAN d’aucune façon, qui ne préparent ni communiqué de presse, ni single officiel lorsqu’ils lancent un album. Des artistes qui ne vont pas voir Musicaction lorsqu’ils manquent de fonds, qui comptent que sur leurs concerts pour remplir leur bas de laine et qui ne refusent en aucun cas un booking même s’ils ne sont payés qu’avec de la bière. Parce que jouer les tient en vie. Certains rêvent d’en vivre mais la plupart rêve simplement d’elle [la musique]. Et là je parle seulement des plus radicaux, de ceux qui sont bien dans cette culture-là, qui y sont par choix, de ceux qui jamais ne vivront de leur musique.
Maintenant, si je vous pose la question : où est-ce que s’arrête l’underground? Qu’allez-vous répondre?
Mes résolutions hip-hop 2011
6/01/11
À ce moment même de l’année, on entend toujours parler de résolutions… Nos matantes nous demandent si on a décidé d’en prendre pis les autres nous parlent surtout d’à quel point c’est de la marde. Juste parce qu’on est pas capable de les tenir ces hostie d’résolutions là. C’est pour ça que moi je n’en ai jamais pris. Tsé, des mauvaises habitudes c’est difficile de s’en défaire… C’est facile à dire mais c’est encore plus facile à faire! Ben oui, moi aussi, j’aime ça la facilité mais je m’assume, au moins.
Sauf que dans la vie, il y a quand même des choses qu’on peut facilement arrêter de faire. Même si, en général, on aime faire ces choses là parce que y a toujours une p’tite affaire qui gosse quelque part. C’est ça la base des résolutions. On arrête de boire parce qu’on le fait trop ou ben parce qu’on est cave quand on est saoul, sauf que crisse qu’on aime ça la bière.
En 2010, y a des choses qui m’ont poussé à boute, des choses que j’ai plus le goût de faire. Et ces choses là ont toutes rapport avec le rap. C’est normal, c’est quelque chose d’important dans ma vie. Ça prend beaucoup de place… En plus de travailler pour un site hip-hop, j’organise des shows, alors c’est sûr que le rap, je baigne dedans. Mais des fois je me dis que je devrais slacker. Ce qui m’amène à parler de mes résolutions :
Cette année, je n’ajoute plus personne que je connais pas sur Facebook
Durant les derniers mois, j’ai rencontré beaucoup monde. Ça tombe bien parce que j’suis quelqu’un de très sociable. J’aime faire des nouvelles rencontres pis on s’entend, à c’t'heure, ça se passe surtout sur le net. Sur Facebook. Comme je travaille pour Hiphopfranco, je rencontre surtout des gens du milieu hip-hop. Des rappeurs.
Et, c’est là que ça se complique. Et je vais généraliser un peu alors capotez pas.
Récemment, j’ai décidé d’arrêter tout contact avec ceux que je connaissais pas, parce qu’ils m’ont gossé. Mais d’à plomb. J’ai dû supprimer genre 15 personnes de mon Facebook… Tout ça à cause de la publicité (lire ici harcèlement ou spam) qu’ils font. Quand un rappeur se met à faire de la promo pour un de ses projets, c’est l’enfer. Y a juste pas de mot pour décrire ça. Mettons que le gars sort un nouveau clip… En premier, il va publier le lien Youtube sur le mur de presque tous ses contacts : quand t’es amis avec la moitié d’entre-eux, pas besoin de te dire que ton Facebook est bumrushé pas à peu près. Après ça, il le partage genre 6 ou 7 fois par jours. Pour être bien sûr qu’on l’a toute vu. Il le post deux fois le matin, trois fois l’après midi pis quatre fois le soir (et ses amis font toute pareille). Tsé, je sais pas c’est quoi vos habitudes vous-autres sur Facebook mais moi quand je l’ouvre, je regarde mon Fil d’actualité jusqu’en bas de la page pis rendu en bas, je clique sur Publications plus anciennes. Pour voir ce qu’il y a eu durant toute la journée. Quand le 3/4 de ta page c’est presque le même lien, on s’entend que t’as le goût de faire du ménage. Je pense que j’ai jamais vu de quoi d’aussi gossant sur le net.
Tout ça fait que je n’ai plus le goût de rencontrer du nouveau monde. En tout cas, pas de nouveaux rappeurs spammeurs. Ça me fait chier mais c’est comme ça. Alors, cette année, les nouveaux amis sur Facebook, j’oublie ça. J’ajoute mes connaissances, c’est toute.
Cette année, j’organiserais pas de show rap
Comme je disais plus haut, j’organise aussi des shows. Par contre, je donne pas seulement dans le rap, j’aime beaucoup d’autres styles. J’ai grandis en parallèle avec le punk et je fais souvent la comparaison entre cette scène là et le hip-hop. Parce que c’est relativement la même chose : deux sous-cultures et/ou mouvements qui sortent rarement de l‘underground. Donc oui, malgré les différences, il y a aussi beaucoup de points en commun. Sauf qu’organiser un show hip-hop et organiser un show punk, c’est tellement pas la même chose. Et encore une fois, c’est durant les derniers mois que je me suis tanné à booker du rap.
Quand j’organise quelque chose, je m’implique à fond. Et j’aime bien quand les gens font la même chose. On va me dire : «Oui mais c’est toi le booker, c’est à toi de faire ci et ça». Non, c’est ça l’affaire. C’est pas la même chose quand tu viens de l’underground. On est une communauté pis les gens qui en font partie doivent s’impliquer s’ils veulent en sortir plus grand. J’ai l’impression que dans le hip-hop, j’ai pas ce support là. Les gars, même s’ils abusent de la pub sur leur facebook, vont pas parler nécessairement du show que je suis en train de monter. C’est pas normal. Après ça, ça demande de se faire payer. Même si y a pas un calisse de chat qui est venu les voir. Tsé, me semble que quand tu n’as pas de public PIS que tu t’impliques pas, ben tu prends ton trou. Tu fais ta p’tite chanson pis après tu viens dire merci à celui qui a pensé à toi. Tu arrives pas en retard. Tu respectes le temps qu’on te donne. Tu tètes pas 4 chansons de plus sur ton set. Tu invites pas toute tes chums à entrer gratuit. Surtout pas si tu as ignoré le email où on te demandait les noms pour ta guestlist. Si t’es pas connu, tu acceptes de jouer en premier pis si tu l’es un peu plus, il faut que tu le finisses le show. Y a des règles de même à respecter. C’est la vie. Tout ça fait que non, en 2011, j’en organiserais pas des shows rap.
Deux choses dont je suis certain. Deux choses que j’aime mais que je dois arrêter.





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